Rencontre Talon-formations politiques:Les doléances des responsables des partis

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Le président Patrice Talon a échangé mercredi 03 juin 2020 avec les représentants des neuf partis politiques ayant pris part au processus électoral des Communales du 17 mai 2020. Au cours de la concertation, les responsables des formations politiques ont émis des inquiétudes auxquelles le chef de l’Etat a apporté des réponses précises. Ci-dessous, des extraits de leurs propos.

Claudine Prudencio, présidente de l’Udbn : « Les élus doivent

 privilégier le développement et non leurs intérêts personnels »

 

« C’est une initiative louable du chef de l’Etat que j’apprécie énormément. J’apprécie également cette proposition de loi initiée par les députés. Comme le chef de l’Etat l’a dit et comme nous l’avons tous observé le mardi à l’Assemblée nationale, la loi a été votée parce que ce que nous observons sur le terrain dans le cadre de la désignation du reste des maires n’agrée personne. Cette loi vient clarifier la situation. Il faut maintenant que le chef de l’Etat après le contrôle de constitutionnalité par la Cour constitutionnelle promulgue la loi pour que chacun soit situé. Ce qui nous préoccupe, c’est le développement du pays. Les élus doivent privilégier le développement et non leurs intérêts personnels ».

 

 

Théophile Yarou de la Fcbe : « La cohabitation est possible au niveau local lorsqu’il n’y a pas une majorité absolue »

 

« Je suis tenté de dire comme le bâtonnier Cyrille Djikui que même s’il y a une possibilité d’une deuxième lecture, les choses auraient été encore mieux si on avait été consulté avant puis même encore après. Mais c’est déjà bien le fait de nous consulter avant la promulgation de cette loi. Sur son contenu, nous n’avons pas de problème en tant que tel sauf qu’au chapitre 3 nouveau, il est prévu la destitution des chefs d’arrondissement. Si je conçois la destitution des adjoints aux maires comme une innovation, la destitution des chefs d’arrondissement nous pose problème. Cela parce qu’au sein du Conseil communal, les Ca sont comme les représentants de chaque arrondissement qui défendent les projets de développement de leur arrondissement. Ils sont donc à la tête du Conseil d’arrondissement. Les mettre dans une position d’instabilité serait vraiment préjudiciable à leurs capacités à défendre leur arrondissement par exemple dans le cadre de la mise en œuvre des Plans de développement communaux. Pour peu que le chef d’arrondissement devienne un peu exigent vis-à-vis du maire et de ses adjoints, cela peut poser un véritable problème qui pourrait aboutir à sa destitution. Je voudrais que si c’est encore possible, que la faculté de destituer se limite au maire et à ses adjoints.

Par rapport à l’élection ou à la désignation des maires et surtout aux coalitions contre nature, je voudrais faire la différence entre les gouvernements locaux d’avec le gouvernement central. L’idéal aurait été qu’il y ait une bonne cohérence entre les gouvernements locaux et le gouvernement central mais les réalités au niveau local sont parfois différentes de celles nationales du moins dans les aspects sociologiques et anthropologiques. Quand vous prenez les programmes d’actions gouvernementaux, on peut pour leur bonne mise en œuvre espérer avoir une bonne cohérence entre le gouvernement local et le gouvernement central. Le gouvernement central est représenté au niveau local par le maire qui est l’exécutif communal. Donc dans l’élaboration des Plans de développement et dans la mise en œuvre actions au niveau communal, on peut rimer les orientations stratégiques au niveau national avec les orientations au niveau communal qui doivent d’abord s’arrimer à ces orientations nationales.   

Dans la gouvernance et la gestion au niveau local, il peut y avoir ce que par parallélisme de forme on peut avoir au niveau du gouvernement central, la notion de la cohabitation. Elle existe au niveau central et elle peut exister aussi au niveau local. Elle pourrait contribuer véritablement à apaiser parfois les tensions sociales. Je suis d’accord par exemple lorsque le vote est franc et que la majorité absolue a été donnée à une tendance politique, qu’on laisse les coudées franches à cette dernière pour désigner les organes de gestion du Conseil communal. Mais lorsqu’il n’y a pas majorité absolue, il faut bien et je pense que c’est ce dit peut-être cette loi interprétative, il faut bien qu’il puisse avoir des coalitions de bonne nature et non de contre nature. Cela ne remet donc pas en cause, l’idéologie de chaque parti. Ce qui serait important dans le cadre de cet accord de gouvernance, que chacun puisse respecter son obédience politique de manière à ce qu’on ne puisse pas observer une harmonisation des idées politiques. Je pense donc que la cohabitation est possible au niveau local lorsqu’il n’y a pas une majorité absolue dans une Commune ».  

Soumanou Toléba, président de la Fcdb: « Ce qui a été fait comme travail est utile »

 

« Ce qui nous a été donné comme documentation, avec les interventions des uns et des autres et les explications des membres du gouvernement, des députés membres des partis politiques, nous a permis de nous rendre compte que ce qui a été fait comme travail est utile. Cela, dans la mesure où les inquiétudes que notre parti avait Fcdb, je crois que l’essentiel a été levé.  Ce que nous avons recommandé est que la vulgarisation soit vite faite à des niveaux donnés pour qu’on s’en approprie. Moi, je suis un enseignant chercheur,  la remise en cause d’un certain nombre de choses ou certaines habitudes qui sont de nature à favoriser le grand nombre, si on le fait, ce serait une bonne chose. C’est le contraire qui n’est pas bon ».

 

Jacques Ayadji, président de Moele-Bénin : « La majorité absolue au moment du remplacement d’un maire pose un problème »

 

« Lorsque les députés parlent de majorité absolue au moment du remplacement d’un maire, cela me pose un petit problème. Cela veut dire que la majorité aujourd’hui est appelée à évoluer. je suis majoritaire aujourd’hui, je désigne un maire et la maire perd confiance et on veut le remplacer, est-ce qu’il y aura encore une autre majorité et qu’est-ce qui va faire que cette majorité va changer si ce n’est la transhumance alors que la réforme du système partisan vise à mettre un terme à la transhumance politique? » 

 

 Aké Natondé délégué de l’Up : « Si on peut destituer un maire, il doit pouvoir avoir

 la possibilité de destituer un adjoint au maire, et un chef d’arrondissement » 

 

« Les anciennes lois électorales régissant les élections communales n’avaient pas prévu comment il fallait remplacer ou destituer un adjoint au maire ni un chef d’arrondissement. On avait toujours déploré cela. C’était simplement comment destituer le maire qui était prévu par la loi. Le législateur a certainement estimé à partir de cette loi, qu’il fallait corriger cela parce que si on peut destituer un maire qui est en faute, il doit pouvoir avoir la possibilité de destituer un adjoint au maire, pareil pour le chef d’arrondissement. Vous savez, il y a des chefs d’arrondissement, une fois élus, ne remettent plus pied dans leur arrondissement avant la fin de leur mandat et quand c’est comme cela, le Conseil devrait pouvoir les destituer et les remplacer. Ce qui n’était pas prévu avant ».

 

Nathanaël Koty, président du Per : « Une autre rencontre pour le toilettage de notre Code électoral »

 

« Je voudrais vous remercier pour avoir invité le Parti pour l’engagement et la relève à cette séance. Vous remercier également pour l’initiative. La pertinence du sujet en vaut la peine. Monsieur le président de la République, c’est vrai qu’il faut mettre de l’ordre dans ce qui se passe aujourd’hui, dans ce que nous observons depuis l’installation des maires. Nous sommes entièrement d’accord. Nous ne trouvons pas d’inconvénients du tout pour que le processus continue normalement dans la paix, que le développement puisse ne pas être relégué au second rang. Monsieur le président de la République, je voudrais vous demander quelque chose, ce que vous savez bien faire. Je sais que vous en êtes capable. C’est d’initier une autre rencontre où tous les partis politiques pour le toilettage de notre Code électoral. C’est important pour que cela puisse l’aspiration de toutes les sensibilités politiques de notre pays pour permettre à l’assemblée nationale une loi qui permet à tout le monde de se sentir à l’aise. Ce serait une très bonne chose monsieur le président de la République.

 

 

Sabi Korogoné, président du Mpl : « Faire un toilettage plus approfondi de notre Code électoral »

 

« C’est heureux que vous nous fassiez l’honneur en nous invitant ici avant de promulguer cette loi même si pour nous, il n’y a pas un gain politique tout de suite. C’est en interprétant ce Code que nous, nous avons été recalé à l’étape de la Céna. On aurait souhaité que cette rencontre soit faite un peu plus tôt pour que tout au moins les 9 formations politiques qui se sont présentés à la Céna se retrouvent sur la ligne de départ. Malheureusement, cela n’a pas été le cas. Ce n’est pas la fin du monde non plus. Nous sommes là aujourd’hui à nous prononcer sur cette loi que l’Assemblée nationale a votée. Pour nous, c’est une loi qui recadre certains militants récalcitrants qui défient leur hiérarchie. Pourquoi, ils le font ? Souvent, il est plus judicieux de voir là ou nous avons trébuché et non là ou nous sommes tombés. Monsieur le président, ces gens sont en train de courir en défiant leur hiérarchie pour une seule raison. Ce qui les motive, ce n’est pas le développement à la base, aider nos compatriotes à sortir de la précarité n’est pas leurs préoccupations. Ce qui les fait courir, c’est parce qu’ils veulent être parrain. Ce qui les fait courir, c’est la loi sur le parrainage. Ils ne veulent pas manquer cette occasion. C’est pour cela que nous au Mouvement populaire pour la libération, nous savons très bien que notre rôle quelque soit notre position politique, c’est de vous aider à trouver des réponses à certaines situations de blocage. Nous n’allons pas nous dérober mais notre souhait, c’est d’ailleurs le souhait de tous vos compatriotes sans mettre en doute la pertinence de la loi sur le parrainage, nous allons humblement vous demander Monsieur le président d’être le porte-parole de tous vos compatriotes en général et de sa jeunesse en particulier.

Demandez à l’institution parlementaire, d’aller au-delà de cette loi qu’elle a appelé loi interprétative en faisant un toilettage plus approfondi de notre Code électoral. Cela avait commencé avec la caution. C’est déjà bien d’avoir baissé la caution d’une manière ou d’une autre. Du coup, on aurait souhaité qu’ils aillent bien au-delà, sans mettre en doute la pertinence même de cette disposition. Qu’ils essayent de voir tout cela dans la mesure du possible, tout au moins pour l’élection qui se tiendra dans quelques mois. Il faut qu’ils aillent au-delà et peut-être sauter cette disposition pour que le citoyen béninois qui pense qu’il est capable de diriger notre pays puisse se présenter à cette élection sans avoir un député, sans avoir un maire. Voilà un peu ce que je voudrais apporter comme contribution ».

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