Demande de report des législatives:Yayi et Soglo dans le décor

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L’opposition béninoise est aux abois. Elle manque cruellement d’argument pour affronter dignement le régime actuel qui s’est nettement acquitté de son devoir électoral. Yayi et Soglo ont peur des élections. La  mise en scène du lundi 18 février 2019 est irréaliste et non avenue.

L’ancien Président de la République, Yayi Boni, n’est pas bien placé pour donner des leçons de démocratie surtout en période électorale.  Il pense que les Béninois souffrent tous d’Alzheimer. Même si la crise d’amnésie est prononcée chez certains, elle ne l’est pas chez tout le monde. Car on se souvient comme si c’était hier, des arguments fallacieux avancés par l’ancien Chef de l’Etat pour empêcher à plusieurs reprises l’organisation des élections législatives de 2015 et la Présidentielle de 2016. Combien de fois ces élections n’ont-elles pas été reportées? Combien de fois n’avions-nous pas franchi le deadline fixé par la Cedeao ? Combien de fois ses ministres de l’économie et des finances n’ont pas dit qu’ils n’ont pas de ressources pour organiser les élections? Que cet ancien Président se mêle au débat relatif alors qu’il n’y a aucun péril, c’est ridicule. Yayi n’a aucune leçon de démocratie à donner à qui que ce soit. Plusieurs mois avant l’organisation des élections, l’actuel régime a validé le budget des élections et la Céna se déploie déjà dans l’organisation. A l’heure actuelle, aucune institution de la République en charge de l’organisation des élections ne se plaintde ressources. Le gouvernement, sur tous les plans, a rempli sa part du contrat et on se demande ce qui motive vraiment cette demande de Yayi Boni et de sa clique souhaitant le report des élections. Pourquoi veulent-ils jouer à la diversion en plein processus électoral? Pourquoi un ancien Président se lève pour parler désormais de démocratie alors qu’il n’est pas un exemple ? L’opinion se souvient encore de ses menaces de mettre le pays à feu et à sang, d’opposer les Béninois les uns contre les autres. En son temps, il était sourd aux appels au dialogue. Aujourd’hui, alors même que les choses s’améliorent sensiblement, et que le pouvoir actuel comble les gaps qu’il a hérités de lui, il professe une concertation nationale.

 

Soglo-Yayi, même destin

 

On avait quelques difficultés à comprendre cette amitié soudaine entre les anciens présidents Nicéphore Soglo et Yayi Boni, mais on réalise finalement que les histoires des deux hommes se rejoignent sur certains plans. Il est vrai qu’ils n’ont pas du tout la même approche de gestion de la cité, mais ils se rejoignent parfaitement sur le plan de l’irrespect des principes démocratiques. S’il est encore possible de rafraîchir la mémoire à l’ancien Président Nicéphore Soglo,  on lui dira qu’il n’est pas un démocrate. Après la création de son parti la Renaissance du Bénin alors qu’il était au pouvoir, Nicéphore Soglo a déclaré sans retenue ni pudeur que   tous ceux qui ne prendront pas le train de la rivière resteront sur le quai.  Beaucoup s’étaient interrogés sur les vraies motivations d’Hercule. Si on devrait parler de gouvernance apaisée, celle de l’ancien Président ne l’était vraiment pas. On se souvient comme si c’était hier de toutes ces luttes et contestations qui ont jalonné son pouvoir. De quoi parle vraiment l’homme ? N’est-ce pas lui qui, pendant longtemps, n’a pas voulu installer la Cour constitutionnelle, amenant ce faisant Mgr Isidore de SOUZA à pleurer et à menacer de démissionner ? Ce n’est qu’en 1993 qu’il a finalement installé cette Cour, avec sa majorité, pour la contester dès 1996 quand il a perdu le pouvoir. Le passé des hommes est vraiment en conflit avec les principes démocratiques et on ne saurait prendre comme exemple leur déclaration. Il n’y a aucun péril qui puisse justifier un quelconque report des élections à l’heure actuelle. Toute proposition dans ce sens est nulle et non avenue. Tout porte à croire que l’opposition a peur des urnes et inventent des arguties.

 

Abdourhamane Touré

 

 

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