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Après sa démission du Gouvernement : Les options qui s’imposent au président de "Restaurer l’espoir"

Loin de créer un émoi ou un cataclysme politique majeur, la sortie du ministre Azannaï de l’équipe gouvernementale restera comme un fait politique mineur. Le chef de l’Etat dispose encore d’une large marge de manœuvre, et d’une avance politique pour modifier la donne en sa faveur.

La politique restera longtemps une science inexacte. C’est certainement pour cela qu’ils n’ont pas tort ceux qui pensent que le monde politique est comme du sable mouvant, une réalité à plusieurs facettes, aux contours difficiles à déchiffrer et prévoir. Car, en partie, la sortie du ministre Candide Azannaï du gouvernement a choqué et demeura pour beaucoup une véritable énigme. Le déjà ex-ministre de la Défense représentait, en effet, l’une des figures politiques majeures de l’équipe gouvernementale. Il a été du combat, comme il aime à le dire, « presque au corps à corps, rue par rue », contre le système Yayi. Quoi qu’en soient les divergences et les frictions, on aurait espéré qu’il fasse dos rond et assiste le chef qu’il a fait jusqu’à la fin de son mandat. Ceci est d’autant plus vrai que Candide Azannaï n’est pas un premier venu en politique. Il en a vu d’autres. Certes, l’homme est connu pour avoir des principes chevillés au corps. Il a un franc-parler qui ne laisse personne indifférent. Mais, cet artisan de la première heure de la victoire de Patrice Talon à l’élection présidentielle de 2016 devrait privilégier rester auprès du chef de l’Etat, malgré les difficultés de l’heure, et user de toute son influence pour changer la donne ou faire changer le cours des choses. Mais, il en va ainsi de la politique, où les rivalités ont la vie dure. Très souvent, la vérité d’hier n’est plus valable aujourd’hui, car les réalités du terrain sont une autre paire de manche. Mais, même s’il prend une trajectoire différente, Candide Azannaï sera toujours aux côtés de Patrice Talon. Au-delà des suspicions politiques et autres calculs souvent mesquins, l’amitié restera. Et ce, pour plusieurs raisons. D’une part, étant un homme politique avisé, l’ex-ministre de la Défense sait que pendant les quatre prochaines années, tout au moins, Patrice Talon restera maître du jeu politique. Il sera donc contraint, à défaut d’adhérer totalement à sa vision, de la subir ou de l’accompagner. Par ailleurs, pour avoir mené par un passé récent, une guerre fratricide contre l’ennemi d’alors, Candide Azannaï ne peut plus se dédier, ni renier ses déclarations, jusqu’à rejoindre le camp ennemi. Pour ce faire, il n’est pas à négliger que les actuels ennemis de Patrice Talon en veulent également à Candide Azannaï. Très souvent donc, Candide Azannaï sera dans les couloirs de la Marina, pour faire bénéficier de son expérience au chef. Il ne pourra pas s’y éloigner de toute évidence, de peur de se faire « griller » par les ennemis communs. Cette simple loi universelle de la politique s’imposera à lui comme une évidence. Tôt ou tard.

W.N

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