La situation qui a prévalu en Afrique avant les indépendances est caractérisée par des soulèvements de populations qui ont réussi à faire plier le colonisateur, a expliqué d’entrée, le professeur Léon Wantchékon, de l’Université de New York. 50 ans après le départ du colonisateur, il estime que les Africains doivent être fiers. Cependant a-t-il nuancé, « il reste du chemin à faire ». Selon lui, la plupart des pays africains, excepté le Sénégal, n’étaient pas prêts à prendre leur destin en mains. Toutefois, poursuit-il, il y avait à l’époque des cadres ou des élites qui ont été formés par le colonisateur et qui avaient des connaissances dans la gestion de la chose publique. L’invité estime que la situation a surtout évolué sur le plan institutionnel et constitutionnel malgré quelques ratés. S’agissant du cas typique du Bénin, le Professeur Wantchékon, après avoir fait un tour d’horizon de l’histoire béninoise, a souligné les soulèvements de certains peuples de l’ex- Dahomey, et a fait ressortir le grand rôle joué par les syndicalistes. « Au prix de luttes acharnées, ils ont fait fléchir l’administration de la métropole », dira-t-il. Quant à l’avocat Hervé Gbaguidi, il trouve que les 50 ans d’indépendance n’ont rien apporté aux populations africaines. « C’est un véritable parcours de combattant déçu », déplore-t-il. Selon lui, l’Afrique a fait un pas en avant et deux pas en arrière. Toutefois, il reconnait lui aussi qu’il y a eu quelques avancées. L’Afrique a-t-elle eu, pendant ces 50 ans d’indépendance les bases solides qui auraient pu faire avancer les choses ? Il affirme d’emblée que les Africains n’étaient pas du tout préparés pour l’indépendance parce que le colonisateur ne le voulait pas. Il s’indigne et présente le continent africain comme un réservoir dans lequel vient puiser le colonisateur sans chercher à lui accorder une vraie autonomie. « 50 ans après l’indépendance, on assiste à un balbutiement économique et politique ». C’est l’amer constat de l’avocat qui cite en exemple les difficultés auxquelles sont confrontés les pays africains. « Il est grand temps que les Africains arrêtent d’être hypocrites », a-t-il fait savoir. 50 ans après les indépendances, le Bénin reste confronté à des problèmes. C’est pourquoi Me Gbaguidi exhorte les autorités à prendre les mesures qui s’imposent pour que notre pays devienne un vrai Etat indépendant.
Idelphonse Akpaki