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Chute du camion transportant de l’uranate : Enfin ! Dassa délivrée de la psychose

Le camion transportant une cargaison de l’uranate du Niger en direction du Port de Cotonou et qui par maladresse du chauffeur s’est retrouvé dans le ravin a été enfin évacué de la ville de Dassa-Zoumè. Le maire de la Commune, Nicaise Fagnon, joint par la rédaction hier mardi 14 février 2017 l’a confirmé.

« A l’heure où je vous parle, ni le camion ni la cargaison ne se trouve plus à Dassa », a déclaré le maire Nicaise Kotchami Fagnon. Alertées, les autorités, même au plus haut niveau, ont fait diligence et preuve de professionnalisme dans la gestion de ce dossier pour éviter le pire aux citoyens Béninois. Ainsi, le ministre de l’intérieur a fait un tour sur le site avec d’autres responsables publics. Sur place, il a donné des instructions et sensibilisé les populations. C’estainsi qu’un périmètre de sécurité a été établi pour empêcher la population de s’approcher des lieux de l’accident. Ensuite, une grue de 40 tonnes a été dépêchée, mais elle s’est révélée inefficace. La Société Areva a, dès lors, pris des dispositions pour faire venir une grue plus adaptée de Lomé. La situation est donc totalement maîtrisée. Les différents contrôles ont été effectués dans un rayon d’un kilomètre et les résultats consignés sous l’œil vigilant d’un huissier de justice pour s’assurer que l’environnement n’est pas pollué. Au regard des résultats de ces contrôles, le maire affirme « qu’il n’y a pas péril en la demeure ». Donc les populations peuvent continuer à vaquer à leurs occupations quotidiennes comme d’habitude dans la quiétude.

De la récupération politique ?

Certains hommes politiques veulent récupérer cette situation à des fins politiques pour faire croire à l’opinion que le gouvernement du Nouveau départ en est responsable. Sans doute, qu’ils se trompent. Car, le transport de l’uranate ou de l’uranium est une activité légale qui ne date pas d’aujourd’hui. Il s’agit d’une activité courante. Le camion vient du Niger et a été affrété par le groupe Areva pour faire embarquer sa cargaison au Port de Cotonou. Areva étant une société française qui exploite l’uranium dans des mines au Niger. Le produit transporté n’est pas encore de l’uranium mais l’uranate. Pas de risque pour la population. Avec la chute du camion, le conteneur ne s’est pas altéré. Les barils rangés dans le conteneur et contenant l’uranate sont restés étanches. Le produit ne s’est donc pas dispersé et ne s’est pas déversé sur le sol. Des informations autres que celles-ci ne sont que de l’intoxication que dénonce le maire de Dassa. « Tout le temps les gens ont toujours évacué ces conteneurs vers le port. Je voudrais qu’on ne puisse pas dramatiser cette situation », a souligné Nicaise Kotchami Fagnon. Or, l’opinion alertée au sujet de la dangerosité du produit s’inquiète des risques potentiels de cette situation pour la population. D’autres par contre, sans chercher à avoir la bonne information, s’en prennent au gouvernement. Pourtant, celui-ci a été très actif sur le dossier à travers plusieurs délégations.

Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines

Nicaise Fagnon clarifie

« Vous avez bien précisé qu’il s’agit de l’uranate, ce n’est pas de l’uranium. Toutefois, il ne s’agit pas non plus de sacs de maïs chargés par le camion. Donc les inquiétudes étaient acceptables et justifiées. Il faut reconnaître que dès qu’il a reçu l’information à travers les deux ministres en charge de l’environnement et celui des mines, a dépêché naturellement des équipes de l’Agence nationale de l’environnement et puis à l’office des mines. Le ministre des mines a commis le professeur Dossou qui est un spécialiste. Ils étaient tous venus avec des moyens de contrôle. Nous concrètement, nous avons pris la précaution de faire constater par un huissier tous les actes allant dans le sens justement de faire partir la cargaison. La cargaison n’est plus dans la ville de Dassa-Zoumè. On a vérifié, les conteneurs n’ont pas été troués. Toutefois, c’est des émissions de radiations qui, aux dires des experts, existent même indépendamment de la cargaison qui est tombée. A l’heure où je vous parle, toutes les équipes se sont mobilisées pour faire un dernier rapport et le contrôle dans un rayon de un kilomètre du lieu pour s’assurer de la nature des élémentset des informations qu’ils ont pu collecter au plan technique. Est-ce que c’est dans les normes ? Est-ce qu’il a risque de s’inquiéter ? Voilà, dans cette condition, nous avons le cœur plus net parce que toutes les diligences ont été faites et tout le monde, y compris la société « Areva » a joué son rôle. Elle a montré sa disponibilité pour prévenir tout risque. Les conteneurs ont été repositionnés sur un autre camion de façon professionnelle. Je vous dis que les conteneurs n’ont pas été altérés. Les contrôles ont été faits constamment et même après le départ du camion et c’est même en ce moment que les derniers contrôles ont pu être faits. Les équipes sont allées sur les axes, à l’intérieur de la ville et à chaque 100 mètres, ils s’arrêtent pour prendre les relevés. Ceci a été consigné devant un huissier de justice pour nous assurer des conditions dans lesquelles la levée de la cargaison a eu lieu et puis, éventuellement qu’est ce qui pourrait avoir comme impact. Je peux vous dire vraiment qu’a priori, il n’y a pas péril en la demeure.

Propos recueillis par Rachida Houssou et transcrits par Z. T

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