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Confusion sur les corps de métiers dans les hôpitaux:La part des choses de l’aide-soignant au médecin

Les usagers des formations sanitaires souvent sous informés du rôle de chaque agent dans un centre de santé confondent Aide-soignant, infirmier et médecin même si ces derniers sont dans des uniformes distincts. Pour les patients ou les garde-malades, tous ceux qui travaillent dans un hôpital sont appelés en fon "Doto" qui veut dire médecin. Dans cette ignorance, ils se confient aux Aides-soignants qui leur administrent des soins faisant ainsi de nombreuses victimes.

Dans les formations sanitaires du département du Zou, les Aides-soignants sont des usurpateurs. Profitant de l’ignorance des usagers des centres de santé, ils se font passer pour des médecins communément appelés ‘’Doto’’ dans le patois Fon. Ils administrent des soins aux malades alors que leur formation de base ne leur permet pas de jouer ce rôle. Le hic, la plupart d’entre eux ont un cabinet de soin où ils accueillent des malades à domicile ou dans un coin de rue. Pour Rufine do Régo, Gynécologue obstétricienne au Centre hospitalier départemental de Goho, c’est une aberration. A en croire ses explications, un Aide-soignant ou une Aide-soignante est un auxiliaire qui aide la sage-femme ou l’infirmier dans ses tâches. « Le métier d’Aide-soignant fait partie des professions paramédicales. A ce titre, son activité est centrée principalement sur l’aide aux personnes soignées dans l’incapacité d’assumer seules leurs besoins primaires. Sous la responsabilité de l’infirmier, il veille à l’hygiène hospitalière et peut également aider quant à certains soins élémentaires », renchérit Pascal Essou, infirmier dans une clinique de la place. « Dans la mesure où il est en contact permanent avec les patients, la pratique du métier d’Aide-soignant requiert des qualités d’écoute et d’observation autant qu’une bonne forme physique. Selon le service auquel il est affecté, l’Aide-soignant est amené à travailler auprès d’enfants, d’adultes et de personnes âgées. Il doit à cet effet s’adapter à chaque patient, le mettre à l’aise, calmer ses angoisses et repérer les signes avant-coureurs d’un changement de son état clinique de santé afin d’alerter l’équipe médicale », ajoute Dr Romain Hountin, responsable d’une clinique à Za-Kpota. Si sa fonction n’est pas purement médicale, l’Aide-soignant est tout de même amené à effectuer des tâches comme la prise de température, la pesée du malade ou encore le remplacement de certains pansements. Travaillant le plus souvent dans une équipe pluri professionnelle, en milieu hospitalier ou en extra hospitalier, l’aide-soignant participe, dans la mesure de ses compétences et dans le cadre de sa formation, aux soins infirmiers préventifs, curatifs ou palliatifs. Ces soins ont pour objet de promouvoir, protéger, maintenir et restaurer la santé de la personne, dans le respect de ses droits et de sa dignité. Selon Pascal Essou, la collaboration infirmier-Aide-soignant s’inscrit dans le cadre des protocoles de soins infirmiers.

De la responsabilité de l’Aide-soignant

A force de côtoyer quotidiennement les praticiens hospitaliers, les Aides-soignants réussissent à avoir une certaine connaissance qu’ils mettent en application à l’insu de l’infirmier. Rufine do-Régo pense que cette manière de faire viole les principes de leur métier. « En aucun cas l’Aide-soignant ne peut et ne doit se substituer à la sage-femme ou à l’infirmier parce que sa formation de base ne lui permet pas de le faire. Cela est une grosse erreur qu’ils commettent », martèle-t-elle tout en précisant que l’Aide, comme son nom l’indique, est là pour accompagner et aider la sage-femme dans tout ce qu’elle fait. Malheureusement, ces personnes à la quête de l’argent, prennent en charge les malades à domicile dont ils sacrifient les vies sur l’autel du silence complice des autorités. Une situation que déplore Romain Honutin tout en situant la responsabilité de l’Aide-soignant dans la collaboration en cas d’erreur médicale. « L’Aide-soignant exerce son activité sous la responsabilité de l’infirmière qui doit veiller à ce qu’il ait la compétence nécessaire du fait de sa formation pour effectuer l’acte demandé. En cas de mauvaise réalisation par l’Aide-soignant, c’est bien sûr sa responsabilité propre qui pourra être engagée s’il a commis une faute. Mais la responsabilité conjointe de l’infirmière n’est pas à exclure dès lors qu’il lui appartient de s’assurer de la compétence de l’Aide-soignant », précise-t-il. Il poursuit en soulignant qu’il n’est pas question dans ce cas de délégation mais de collaboration. Aussi, l’infirmier ne peut se désintéresser de la façon dont l’acte est réalisé au seul prétexte qu’il est réalisé par un aide-soignant. En cas de poursuites pénales, complète Pascal Essou, la responsabilité est purement personnelle. En l’occurrence, la responsabilité de l’infirmier comme de l’Aide-soignant pourrait être envisagée pour blessures ou homicide involontaires, ou encore, pour ce qui concerne l’infirmier, en tant qu’auteur indirect, pour ne pas avoir pris les mesures permettant d’éviter le dommage. Une condamnation en qualité d’auteur indirect suppose toutefois qu’a été commise, soit une faute caractérisée, soit une violation manifestement délibérée d’une obligation particulière de prudence ou de sécurité prévue par la réglementation. Il est donc clair que l’Aide-soignant n’a pas la formation requise pour prendre en charge un patient sans faire recours à l’expertise d’un praticien hospitalier. Il ne remplit non plus les conditions pour créer un cabinet de soins. Ainsi, le Dr Romain Hountin invite les citoyens à la vigilance. « En cas de nécessité, il faudrait que les patients se rendent directement dans les centres de santé publics ou dans les cliniques agréées par l’Etat et non se confier aux Aides-soignants qui se distinguent le plus souvent dans les hôpitaux par leur blouse bleue ou verte en vue d’éviter les pertes de temps, d’argent et de vies humaines », recommande le médecin.

Zéphirin Toasségnitché

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