L’avocat de la structure également convoqué n’a pas comparu.
Après avoir placé sous mandat de dépôt, l’ex-Procureur de la République Constant Amoussou, la Chambre d’accusation de la Cour suprême fait défiler devant sa juridiction plusieurs témoins afin de reconstituer les faits qui sont reprochés au prévenu. Le haut fonctionnaire de l’appareil judiciaire est soupçonné d’association de malfaiteurs dans le scandale Icc-Services. Pour le moment, sa mise en accusation n’est pas encore prouvée, mais la Cour suprême pourrait en arriver là, si aux termes des instructions menées par la Chambre d’accusation, les faits dont il est soupçonné sont constitués. Dans l’enquête ouverte à cet effet, des témoins sont appelés à comparaître pour contribuer à révéler les secrets de l’affaire et ses liens avec le milieu judiciaire. Déjà l’ex-Procureur de la République, Constant Amoussou est mis en cause pour ses présumés liens avec les responsables de Icc-Services, principalement le Président directeur général, Guy Akplogan, le responsable de l’Ouémé et du Plateau, Emile Tègbénou. Ils ont en effet comparu hier en tant que témoins devant la Chambre d’accusation. Depuis l’éclatement du scandale, ces deux noms sont les plus cités non seulement à cause de leur position en vue dans la structure, mais aussi à cause des soutiens dont ils disposent dans des instances de décisions du pays. Si l’ex-ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique, Armand Zinzindohoué, s’est retrouvé dans le collimateur des structures commises par le gouvernement pour élucider le dossier, c’est parce qu’il aurait contracté des accords secrets avec les ténors de Icc-Services. Si, Constant Amoussou s’est également retrouvé sur le banc des accusés, c’est parce qu’il est soupçonné de filer le parfait amour avec les principaux mis en cause dont Guy Akplogan et Emile Tègbénou. Ces deux ténors ne sont pas les seuls témoins de Icc-Services à être entendus. On parle de plus en plus de deux autres grands noms qui sont jusque-là restés dans l’ombre. Au total, ils sont quatre témoins à comparaître hier. A cette étape de l’instruction, on ne peut rien révéler. Cependant, selon les indiscrétions, le scandale réserve de nouvelles révélations qui risquent de déboucher sur d’autres cas de soupçons non encore évoqués. Ça pourrait impliquer des personnalités proches du pouvoir ou encore d’autres, tapies dans le milieu judiciaire. Pendant qu’on évoque la possibilité de tomber sur d’autres implications dans le milieu de la Justice, il faut rappeler que la Cour suprême veut se pencher sur ce qu’il en est de la responsabilité de l’Avocat-Conseil de Icc-Services, Me Hervé Gbaguidi. Il a comparu pour la première fois, le vendredi 23 juillet 2010 devant la Chambre d’accusation qui l’a convoqué à nouveau pour hier lundi. Mais, il n’a pas été entendu. Il n’est pas exclu qu’il se retrouve dans le viseur de la Cour suprême. C’est ce que craint le barreau béninois à tel point qu’il l’a fait assister de deux de ses collègues, en l’occurrence Me Joseph Djogbénou et un jeune avocat.
FN