Sortie médiatique du président Adrien Houngbédji
Après plusieurs mois de mutisme, le président du parti du Renouveau démocratique (Prd) s’est prononcé le vendredi 22 juillet 2005 sur les faits saillants de l’actualité politique nationale. C’était au cours de l’émission « Débat du jour » sur la chaîne nationale. Le leader des Tchoco-tchoco a d’emblée donné son point de vue sur les déclarations faites par le président Kérékou le 11 juillet 2005. Il s’est dit n’être pas surpris par la décision du Général quant à sa volonté de ne pas réviser la constitution. « Je ne suis pas surpris pour une raison essentielle. C’est la personnalité du Général Kérékou et ce qu’il incarne. C’est l’homme qui a fait la conférence nationale. C’est l’homme qui en a garanti l’issue », a-t-il argumenté. Pour lui, Mathieu Kérékou reste aussi l’homme qui a accepté le verdict des urnes en 1991 et qui après son retour en 1996, s’est comporté en vrai démocrate. « Je vous avoue très sincèrement que je ne suis pas peu fier d’avoir contribué à ce retour qui a remis la démocratie béninoise sur les rails », a-t-il fait savoir. Adrien Houngbédji a poursuivi ses analyses en montrant que le Général Kérékou avait les moyens politiques de procéder à la révision de la constitution béninoise et qu’il l’aurait fait s’il nourrissait la volonté. « Il lui fallait 66 ou 67 voix pour faire la révision de la constitution sans référendum… A l’Assemblée nationale, je dis que ce chiffre était pratiquement atteint surtout depuis l’arrivée du Prd dans la mouvance, le Général Kérékou pouvait compter sur la majorité substantielle lui permettant de tenter le coup », a-t-il soutenu.
Etait-ce des déclarations du dauphin auto proclamé ? Président, dites nous : avez-vous toujours la même estime pour le Général président ? Ou vous sentez vous trahi ? Qu’attend donc le candidat de l’Union fait la Nation pour s’afficher avec le plus populaire et le plus aimé de nos présidents !?
Au sujet de la loi sur les conditions particulières pour l’élection du président de la République votée par le Parlement, l’invité souhaite ne pas faire de commentaire pour, a-t-il dit ne pas en ajouter à la crispation qui s’observait. Cependant, il a tenu à faire comprendre qu’il est absolument contre l’exclusion et qu’en votant la loi querellée, il n’a pas le sentiment d’avoir soutenu une loi d’exclusion. Pour lui, loin d’exclure des candidats potentiels, le texte permet à ceux d’entre eux ne résidant pas au Bénin d’y revenir et d’y résider 6 mois avant les élections. « Et ils ont la possibilité de le faire, par conséquent, il n’y pas d’exclusion, la loi demande simplement de choisir », a-t-il assuré.
Cette loi était-elle vraiment opportune ?
Le président du Prd a aussi éclairé l’opinion publique nationale sur son absence lors du conseil national qu’a tenu son parti le 28 mai 2005. A l’en croire, il a été absent parce que le Prd est en marche. « Avec ou sans son président, les choses se font, les décisions sont prises », a-t-il confié. Adrien Houngbédji a montré que les pères fondateurs veulent progressivement affranchir le parti par rapport à son président. Moi, j’ai 63 ans, cela fait que dans au moins 6 ans, 6 ans et demi, j’aurais quitté la scène politique. 6 ans, ce n’est pas trop pour promouvoir dans un parti un présidentiable afin que le parti puisse continuer à avoir la notoriété, la réputation et le dynamisme qu’il a », justifie le leader des Tchoco-tchoco. Adrien Houngbédji a par ailleurs précisé les réformes du parti se feront aussi par une ouverture à toutes les sensibilités politiques béninoises. Ceci en tenant compte des enjeux que comportent les élections de 2006.
Président, cinq ans après qui le parti a-t-il hissé pour vous remplacer ? Le Prd a-t-il un numéro deux aujourd’hui ?
Selon lui, cette ouverture est en effet nécessaire parce que le gagnant la présidentielle de 2006 ne sera pas porté par le formidable courant populaire de la conférence nationale qui a favorisé l’ascension du président Soglo au pouvoir en 1991. Il n’aura n’ont plus, à ses dire, l’exceptionnelle expérience d’homme d’Etat du président Kérékou. « Voilà dans quel sens, entendre notre volonté de dialogue sans plus tenir compte de la composition actuelle de la mouvance ou celle de l’opposition. Ça peut plaire, ça peut ne pas plaire mais c’est la réalité politique. Et j’ai l’habitude d’être un homme pragmatique », a-t-il confié.
Le président Yayi est venu au pouvoir par un formidable courant populaire, votre avis !!
Mais le Prd étant un parti qui a de tout temps connu une « instabilité politique », fait l’objet de nombreuses critiques sur la scène politique. Face à ces critiques qui devraient mettre en difficulté les responsables du Prd qui entendaient s’ouvrir désormais à d’autres formations politiques, Adrien Houngbédji n’est pas resté sans réagir. Il s’est en effet défendu en montrant que le Prd s’est toujours adapté aux exigences de la sphère politique nationale. « …le Prd est un parti au centre coincé entre 2 éléphants, le président Soglo et le président Kérékou. Et comme l’un et l’autre à besoin de ce parti pour gouverner, le Prd est forcément l’objet de l’attraction en sens contraire de l’un et de l’autre. Et donc, notre position n’est pas confortable. Si nous décidons de rester définitivement avec l’un ou l’autre, nous cesserons d’avoir une identité propre. Par conséquent, pendant les 15 années qui viennent de s’écouler, le Prd a été obligé de se soumettre à cet exercice pour maintenir son autonomie en fonction de ses propres valeurs », a-t-il expliqué. L’homme s’est fait un peu plus claire en ce qui concerne les véritables raisons de ces différents retournements.
Au lieu de lutter pour l’identité du Prd, nous pensons qu’en ayant fait un positionnement clair, votre tour serait arrivé et un intrus n’allait pas vous ravir les clés de la maison ! Votre avis, président.
S’il a été moins bavard sur les causes qui expliquent ces problèmes avec le président Kérékou, il s’est montré par contre plus explicite à propos des différends existant entre le président Soglo et lui. Il a cité entre autres, le refus du président Soglo de reconnaitre l’élection du Général Kérékou en 2001, une élection pourtant proclamée par la Cour constitutionnelle et le manque d’éthique républicaine dont a fait preuve la Renaissance du Bénin lors de la désignation du maire d’Abomey-Calavi suite aux élections municipales et locales de 2002. Le président Adrien Houngbédji n’a pas éludé le 22 juillet 2005, les questions liées à sa renonciation au fauteuil de la maire de Porto-Novo. A l’entendre, la gestion de Porto-Novo devrait incomber au président Moucharaf Gbadamassi. Mais après la mort de ce dernier, a fait observer le président du Prd, des adversaires politiques ont pris d’assaut le terrain croyant pouvoir arracher Porto-Novo. « Les militants étaient venir me voir : « Président attention, vous ne voulez pas être candidat, nous risquons de perdre la mairie de Porto-Novo. Moi, j’ai posé comme condition tout de suite : je vais y aller, essayer de tirer le parti vers le haut mais je vous préviens, je ne veux pas être maire de Porto-Novo. Donc, tout le monde le savait », a-t-il rappelé. Il a montré que son choix n’a créé aucun problème au sein du parti et permis au contraire de parfaire sa stratégie pour concrétiser son rêve, conquérir le pouvoir d’Etat. Me Adrien Houngbédji a enfin donné les motifs pour lesquels le groupe parlementaire a proposé la loi visant à garantir une vie décente aux anciens chefs d’Etat à l’Assemblée nationale. Il a en effet déploré la misère dans laquelle vit la famille de certains anciens présidents. Le président du Prd s’est défendu de toute arrière-pensée électoraliste et souhaité que l’initiative aboutisse pour le bonheur des anciens chefs d’Etat.
Au sein de l’Union fait la Nation ce ne sont donc pas les sujets qui fâchent qui manquent ! Etes-vous sûr d’avoir crevé tous les abcès et pansé toutes les plaies ? En tout cas nous vous souhaitons bonne chance et que la démocratie béninoise en sorte grandie.
L’autre actualité importante de la semaine concerne les règles particulières pour l’élection du président de la République
Des Recours à la Cour constitutionnelle
La loi n° 2005-26, votée le 18 juillet 2005 par l’Assemblée nationale et transmise à la Cour constitutionnelle continue de susciter des réactions. La Haute juridiction a déjà enregistré plus d’une vingtaine de recours, un record jamais battu. Parmi ces recours, figurent en bonne place ceux provenant des députés Sacca Lafia, Djibril Débourou, Theophile Nata, André Irénikatché Dassoundo, Assouma Aboudou et Karimou Chabi-Sika.
Messieurs les honorables vous pouvez être fiers de vous. Vous n’êtes pas des arrivistes ni des ouvriers de la 25è heure. Vous méritez sûrement mieux que vos places actuelles. Bon courage à vous.
La Cour constitutionnelle casse la loi d’exclusion
La Cour constitutionnelle, sur sollicitation du chef de l’Etat, a entamé le mardi 26 juillet 2005 l’examen de la loi portant règles particulières pour l’élection du président de la République. Ainsi après avoir accepté la copie du Parlement pour ce qui concerne la seconde lecture de conformité de la loi portant règles générales pour les élections du Bénin, les sept sages ont attaqué la loi portant règles particulières pour la même élections. De sources généralement bien informées, la cour n’est pas allée par quatre chemins pour casser la loi votée le lundi 18 juillet 2005 par les députés.
Fin de la récréation
Réactions de certaines personnalités
Lazare Sèhouéto (Force clé)
« On ne peut pas véritablement parler d’un texte dont on n’a pas connaissance. C’est vous qui estimez que la cour a pris une telle décision. Cependant lorsque vous parlez d’une certaine décision, par exemple, si vous touchez l’article 5 qui précise ce que la constitution a appelé moment des élections qui court de l’installation de la Cena jusqu’à la proclamation définitive des résultats tel que précisé par le législateur, si la Cour mettait en cause cette disposition, il lui appartient d’indiquer celui qui devrait préciser l’expression »
Protocolaire.
Emmanuel Golou (Psd)
« Je n’ai pas de déclaration particulière à faire
Maintenant, si ce que vous dites est vrai et que la décision de la Cour casse la loi votée par le Parlement, on en prendra acte… ».
Légaliste
Sévérin Adjovi (Pdt-Rdl)
« La cour a décidé et il n’y a pas lieu de tergiverser sur sa décision. Au lieu d’en faire une exigence de la loi, il revient désormais aux uns et aux autres, voulant être candidats, de se rapprocher des populations pour que celles-ci connaissent les candidats. Ce ne sera que justice… »
Légaliste
Sacca Lafia (Pdt Uds)
« Je suis satisfait. La confiance renait en moi par rapport à nos institutions La Cour vient de montrer qu’elle est la gardienne de la loi fondamentale. Ce qui annonce certainement que nous aurons des élections libres et transparentes au Bénin en 2006. »
Démocrate
Epiphane Quenum (Rb)
« La Cour constitutionnelle à juste déclaré non conforme à la constitution l’article 5. Je pense que c’est justice. Je pense que l’Assemblée dont je suis membre a passé outre ses prérogatives en voulant légiférer là où la loi fondamentale était déjà très claire et précise. Nous avons voté contre en montrant que nous ne sommes pas pour une loi d’exclusion, objet de violence ailleurs en Afrique… »
Démocrate.
Les brèves que nous avons concocté pour la période tournent autour de :
La déclaration du président Kérékou
A l’occasion de sa rencontre historique avec les enseignants, le président Mathieu Kérékou a reprécisé ses intentions au sujet des candidats aux présidentielles de 2006. Il a affirmé n’avoir pas de dauphin et souligné la compétition électorale est ouverte à tous les candidats et que seul celui se serait fait accepter au peuple sera élu. « Etre candidat à la présidence de la République, ce n’est pas d’aller dans son fief. Même si vous avez cent pour cent, ça ne suffit pas. D’autres seront candidats parce qu’ils veulent qu’on dise qu’ils ont été candidats dans leur carte de visite », a déclaré le Général Mathieu Kérékou.
Sacré président général ! Vos déclarations pleines d’énigmes nous manquent beaucoup. A quand la prochaine ?
La déclaration de Gbadamassi
Le maire de la commune de Parakou a été l’un des invités de l’émission « Cartes sur tables » du dimanche 24 juillet 2005. Au cours de l’émission Rachidi Gbadamassi a dans ses déclarations, affirmé que le Dr Yayi Boni fera un mauvais score à l’élection présidentielle de mars 2006. « Si Yayi Boni ne se corrige pas, il n’aura pas plus de 2% à l’élection présidentielle de 2006 » a-t-il en effet fait savoir. Il a aussi dénoncé les nombreuses marches de protestation organisées sur toute l’étendue du territoire national pour amener les députés à ne pas voter la loi portant règles particulières pour l’élection présidentielle de 2006. Pour le maire, Yayi Boni ne fait que se compliquer la situation.
Chers tous, attendez les consignes du maire des maires. Guettez le nom du candidat qu’il annonce perdant et ralliez vous à ce dernier. Vous serez sûrement dans la mouvance présidentielle d’après mars 2011.
Les sept dissidents définitivement exclus de la Rb
La présidente du parti la Renaissance du Bénin (Rb) Mme Rosine Vieyra Soglo, après avoir pris acte de la décision rendue par le tribunal de 1ère instance de Cotonou, décision qui annule la prétendue lettre excluant de façon provisoire les nommés Candide Azannaï, Raphaël Ahouandogbo, Jules Gnanvo, Valentin Somassè, Cuthbert Tessy, Patrice Tossè et François Nouwakpo, considère désormais ces derniers comme définitivement exclus du parti Rb pour non respect des textes fondamentaux régissant la vie dudit parti. Elle a convoqué à cet effet le congrès extraordinaire du parti pour les 5 et 6 août 2005 à Ouidah.
Il n’y a pas deux capitaines dans un même bateau. Chapeau maman.
Le Fjub adhère au Rpr de Valentin Houdé
Le Front uni des jeunes du Bénin (Fjub) de Carel Aboua a rejoint le Rassemblement pour le progrès et le renouveau (Rpr). L’acte officiel, consacrant l’adhésion d’un des mouvements les plus populaires du septentrion au parti du ministre Houdé a eu lieu le samedi 23 juillet 2005 dans la grande salle de l’Alphabétisation de Parakou débordant de monde venu de tout le Borgou-Alibori.
Ce jeune premier sait toujours choisir le camp des vainqueurs. Il serait une des dernières recrues de l’Union fait la Nation. A-t-il déjà aperçu le camp de la victoire ? Wait and see.
Sidikou Karimou
Retrouvez et réagissez à cette chronique sur le blog skarimou.wordpress.com. Lisez-y en bonus l’intégralité de la sortie médiatique de Me Adrien Houngbédji.