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Eglise catholique:Le nouveau "Notre père" en usage dès le 27 novembre

La nouvelle version de la prière des chrétiens catholiques "Notre père" est désormais disponible. Après la validation du Saint siège, elle entre en vigueur le 1er dimanche de l’Avent, c’est-à-dire le 27 novembre 2016. Lire le communiqué de la Conférence épiscopale y afférent.

Communiqué de la Ceb

Suite à un travail de biblistes et d’écrivains, la Bible a été retraduite pour un visage liturgique. Cette nouvelle traduction de la Bible, destinée à être utilisée pendant la messe a été validée par le Saint siège avec une nouvelle version de la prière du "Notre père".
La nouvelle formule du "Pater", déjà en vigueur dans certaines Eglises locales, met l’accent sur la communion avec le Christ qui a connu la tentation, alors que l’ancienne laissait supposer une certaine responsabilité de Dieu dans la tentation qui mène au péché, comme s’il pouvait être l’auteur du mal.
Afin de nous conformer aux nouvelles dispositions liturgiques et de sauvegarder la communion avec l’Eglise universelle,
Nous, Evêques du Bénin, avons décidé l’entrée en vigueur, sur tout le territoire national de la nouvelle formule du "Pater" dont voici le texte :
Notre père qui est aux cieux,
Que ton Nom soit sanctifié,
Que ton règne vienne,
Que ta volonté soit faite, sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour
Pardonne-nous no offenses, comme nous pardonnons aussi,
A ceux qui nous ont offensés,
Et ne nous laisse pas entrer en tentation,
Mais délivre-nous du mal
Amen
Cette décision prend effet à partir du 1er dimanche de l’Avent, c’est-à-dire le 27 novembre 2016.

Fait à Lokossa,
le 26 octobre 2016
La conférence
épiscopale

L’éclairage du Directeur de la communication de la Ceb

Le Directeur de la Cellule de communication de la Conférence épiscopale du Bénin (Ceb) apporte des clarifications sur la mise en œuvre du nouveau "Notre père" dans l’Eglise catholique. Selon le père Eric Oloudé Okpéitcha, la nouvelle formule corrige la déperdition de sens contenue dans l’ancienne en raison du processus de traduction ou passage d’une langue à une autre. C’était au micro de Océan Fm.

Océan Fm : Il y a une nouvelle formule du "Notre père" qui entre en vigueur le premier dimanche de l’Avent. D’où est partie l’idée de la reformulation du "Notre père" ?

Père Eric Oloudé Okpéitcha : Il ne s’agit pas d’une reformulation de tout le "Notre père". Des biblistes et des théologiens ont repris la traduction de la Bible pour la liturgie. Cette traduction a été validée par le Saint-Siège. Comme vous le savez, le pater est une prière biblique. Il y a eu quelque changement au niveau de l’avant dernière ligne. Autrefois, on disait « ne nous soumets pas à la tentation, mais délivre du mal ». La nouvelle formule prévoit « ne nous laisse pas entrer en tentation ». Dans, « ne nous soumets pas à la tentation », c’est comme si on imputait à Dieu la responsabilité de nos tentations qui conduisent souvent à des chutes. Dieu ne saurait prendre plaisir à nous soumettre à la tentation pour que nous tombions. En disant, « ne nous laisse pas entrer en tentation », on voit l’action de Dieu, le Père bon et miséricordieux qui nous aide à ne pas entrer dans le processus de la tentation qui aboutit souvent, malheureusement, au péché. Quand on traduit d’une langue à une autre, il y a toujours une petite déperdition de sens. La nouvelle formule vient corriger cette déperdition qu’on pourrait remarquer à voir de près l’ancienne formule. Sur décision des Evêques du Bénin, à partir du premier dimanche de l’Avent, le 27 novembre prochain, on dira dans toutes les Eglises du Bénin, comme c’est le cas déjà dans d’autres églises locales, « et ne nous laisse pas entrer en tentation. » Cette formule met bien en relief le rôle de Dieu bon et miséricordieux qui chercher à prémunir ses enfants contre le mal.

C’est alors une demande à Dieu de ne pas nous laisser entrer en tentation
Exactement, c’est une demande que l’on fait à Dieu à la suite des autres demandes du Notre Père.
Il est impossible de vivre à l’abri des problèmes ou des épreuves. La vie humaine est faite de joies mais aussi de douleurs, d’épreuves. Les épreuves de la vie peuvent nous conduire à la tentation de renier Dieu, de verser dans l’idolâtrie. Et si nous ne sommes pas enracinés dans la prière, si nous ne sommes pas arrimés à Jésus qui a vaincu toutes ses tentations, nous pouvons tomber dans le péché. Le Christ, en traversant la tentation sans succomber, nous montre que si nous fondons notre foi en lui, dans la prière, dans le jeûne, dans l’eucharistie, nous pouvons nous aussi résister à la tentation et triompher du mal. Et si l’Eglise a adopté cette traduction, c’est qu’elle répond mieux que la précédente.

Propos recueillis par Angèle Toboula

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