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Utilisation des sacs en plastique dans le Mono-Couffo:Bientôt la sensibilisation, plus tard, l’interdiction

Les sacs en plastique ne seront plus commercialisés ni utilisés dans les départements du Mono et du Couffo. C’est ce qui ressort des initiatives prises le mercredi 15 Février dernier lors de la Conférence administrative départementale présidée par les préfets du Mono et du Couffo. En attendant une décision officielle, ils se sont unanimement engagés à sensibiliser les restaurateurs, les vendeuses de bouillie, d’akassa et de beignets se trouvant sur leurs territoires respectifs.

Les sacs en plastique nuit gravement à l’environnement et à la santé des hommes et des animaux. Une fois jetés dans la nature, ils obstruent les canalisations et provoquent des inondations. Leurs effets sur la dégradation du sol a de lourdes conséquences sur l’agriculture, car ils empêchent les graines de pousser. En dehors de ces conséquences sur l’écosystème, l’utilisation des sacs en plastique a de nombreux impacts négatifs sur la santé humaine et animale. Pour l’ancien maire de Lokossa et responsable de la clinique Saint Padre Pio de la commune, Raoul Houessou, l’usage des sacs en plastique entrave gravement le bien-être de l’homme. Il provoque selon lui de nombreuses pathologies sur l’organisme humain. « Etant donné que les sacs en plastique sont fabriqués à base des dérivés du pétrole, leur contact avec des aliments chauds déclenche des réactions chimiques qui ne peuvent que provoquer des pathologies. Au nombre des affections, il y a les cancers de la foi, les maladies respiratoires et chroniques. Si ce que nous mangeons contient des dérivés du goudron, cela peut entraîner des problèmes au niveau des vaisseaux sanguins, du cœur et des reins. Ceux qui utilisent ces sacs en plastique peuvent souffrir des maux de cœur et d’insuffisance rénale », explique le médecin. Dans cette vague de conséquences négatives que l’utilisation des sacs en plastique a sur l’organisme humain, les animaux ne sont pas épargnés. Car la consommation de ces matières par ces êtres vivants entraîne leur étouffement et leur mort. Malgré cela, les populations et les autorités ne s’en émeuvent guère. En Afrique du Sud, au Rwanda au Gabon, au Niger et au Sénégal, l’importation, la commercialisation et la fabrication de ces matières sont déjà réglementées. En effet, éprouvé par les impacts négatifs que l’utilisation des sacs en plastique a sur l’environnement et la santé humaine, le Directeur départemental du développement du Mono-Couffo, Raymond Dossou a, au cours de la conférence administrative départementale du Mono-Couffo, attiré l’attention des deux préfets sur l’urgence de l’interdiction de ces déchets non bio dégradables. « La situation est catastrophique. Le comble, c’est qu’on prépare tout dans les sacs en plastique. L’akassa est désormais emballé dans les sacs en plastique, des repas africains communément appelés ‘’Ablo’’ également. Même celles qui vendent de la bouillie les utilisent pour leurs clients », s’écrit-il. Frustrés par ces démonstrations, les deux préfets du Mono, Komlan Sedzjro Sena Zinsou et du Couffo, Christophe Mègbédji ont alors pris l’initiative d’interdire la commercialisation et l’utilisation de ces matières dans leurs départements respectifs. Dans ses propos, le préfet du Mono, Komlan Sedjzo Senan Zinsou s’est indigné de ce que les bonnes dames utilisent des sacs en plastique pour faire la cuisson et y emballer des repas. « C’est anormal que nous laissions perdurer ces comportements. Nous devrons prendre des dispositions idoines », déclare-t-il.

Sensibilisation et interdiction

Au regard des conséquences négatives que l’utilisation de ces sacs en plastique engendre sur l’organisme humain, les deux premiers responsables des départements du Mono et du Couffo se sont engagés à l’interdire. Même s’il n’y a aucune loi qui proscrit son usage, ils ont décidé de sensibiliser les cibles qui l’utilisent fréquemment dans la cuisson et la vente de leurs repas. Pour ce faire, ils ont donné des instructions fermes aux directeurs ou responsables d’établissement dans lesquels les vendeuses utilisent ou commercialisent ces sacs en plastique. Pour le directeur, Raymond Dossou, ces femmes n’auront aucune excuse dans l’exécution de cette décision. « Si on les sensibilise une ou deux fois et qu’elles n’obtempèrent pas, les directeurs ou chefs d’établissements qui les ont engagées seront obligés de les renvoyer » indique-t-il. Quant aux deux préfets, la répression de ces commerçantes sera la dernière option. « Nous allons continuer de sensibiliser. Nous allons prendre tout le temps pour sensibiliser ces vendeuses de nourriture et leur montrer les impacts négatifs de l’utilisation de ces matières sur la santé humaine afin qu’elles abandonnent ces comportements », déclare le préfet du Mono, Komlan Sedzjro Sena zinsou. Pour l’ancien maire de Lokossa et médecin chirurgien, Raoul Houéssou, il y a de nombreuses solutions alternatives que les vendeuses peuvent utiliser en remplacement des "sachets".

Il propose qu’elles utilisent par exemple, le raphia en remplacement des "sachets" dans leur commerce. Les restauratrices et vendeurs de bouillie et autres aliments chauds peuvent également volontairement selon lui, abandonner ces habitudes en utilisant des petites bouteilles ou flacons pour conserver les produits liquides. « Avant l’avènement des sacs en plastique, les femmes utilisaient les raphias et autres objets pour conserver ou emballer leurs aliments. Nos bonnes dames doivent retourner à ces anciennes pratiques pour le bien-être des populations », confie-t-il. Dans cette lutte, il confie que les autorités communales ne doivent pas être du reste. Elles doivent selon lui prendre des mesures pour interdire l’usage de ces matières. « En mon temps en 2006, j’avais élaboré un programme pour interdire l’utilisation de ces matières dans les marchés. Les maires des communes des deux départements peuvent également le faire. Ils peuvent acheter des tissus à la Compagnie béninoise textile de Lokossa et les confectionner auprès des tailleurs pour les mettre à la disposition des bonnes dames qui vont les utiliser dans les marchés. Il faut qu’ils prennent des dispositions pour l’interdire. On n’est pas maire pour rien. Peu importe si la décision plait ou non. Cela y va de la bonne santé des populations », rassure-t-il.

Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)

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