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Litige frontalier entre Porto-Novo et Akpro-Missérété:Le préfet de l’Ouemé rompt le silence et rassure

Longtemps attendu sur le dossier relatif au litige frontalier opposant la commune de Porto-Novo à celle d’Akpro-Missérété, le préfet du département de l’Ouémé, Joachim Apithy, est enfin sorti de son silence. Hier, jeudi 16 février 2017, il a accordé une interview au groupe de presse « le Matinal ».

Le Matinal : Nous avons appris qu’un conflit frontalier oppose Porto-Novo et Misséreté. Qu’en est-il ?

Joachim Apithy : En réalité, j’ai été informé, le mercredi dans l’après-midi, d’une incompréhension entre le Maire de Porto-Novo et celui d’Akpro-Missérété. Incompréhension dans la mesure où les litiges frontaliers existent partout dans les 77 communes. Même entre 02 arrondissements, il y a problème de frontière. Cce jour-là, les agents recenseurs de la mairie de Porto-Novo étaient en train de faire un travail dans le cadre de leur registre foncier urbain. Ils auraient dépassé les limites de leur mission. De son côté, le Maire de Missérété aurait appris que des agents recenseurs auraient effectivement dépassé, et, selon leurs dires, se serait porté sur le terrain pour leur dire de se retirer. Mais entre-temps, les 02 maires se seraient appelés, mais le portable de l’un ou de l’autre serait hors zone. Donc, cette situation est survenue faute de compréhension. Si les deux autorités avaient pu communiquer, on n’assistera pas à des écarts de langage.

Quelle est la situation actuelle ?

Non, le calme est complètement revenu depuis le jeudi. Depuis le 09, le calme est revenu. Vous savez, les populations exagèrent un peu. Nous avons pris le problème en mains. Compte tenu de notre agenda, nous avons pu rencontrer les 02 maires le mardi passé. Je crois que c’était le 14 et nous les avons écoutés. C’est un problème d’incompréhensions. C’est un problème de pont. Nous les avons reçus en présence des cadres de l’Ign et du cadre de vie. Nous leur avons demandés d’aller sur le terrain calmer leurs populations. Les 02 maires se sont séparés d’ici dans une ambiance de convivialité, dans une ambiance de compréhension. Mais, ça ne suffit pas. Il faut qu’ils calment la population sur le terrain, le temps de permettre aux techniciens de venir rencontrer les 02 conseils et leur dire le cadre d’intervention de chaque maire. Pour les problèmes de limites, il y a une commission nationale chargée de la délimitation des frontières. C’est cette commission qui règle ce problème.

Jusqu’aujourd’hui on ne sait pas encore si toute la localité querellée appartient à Porto-Novo ou à Missérété ?

Moi, je ne peux pas le dire. Ce sont les cadres de ce domaine qui sont habilités à le faire. Il y a le village "Danto", il y a le quartier "Akonanabouê extension ".

Donc, ce sont les 02 localités querellées ?
Oui, ce sont les 02 localités querellées. Pour le maire de Missérété, le maire de Porto-Novo serait dans Danto. Pour le maire de Porto-Novo, il serait dans Akonanbouê, parce qu’il y a un lotissement qui s’appelle Akonanbouê extension. Il y a un lotissement qui s’appelle « les palmiers ». Voilà la situation, mais avec les techniciens, elle est sous contrôle.

Il faudrait attendre jusqu’à quand pour que cette commission soit fonctionnelle ?
Non, c’est une commission nationale. Nous avons tenu une concertation avec les techniciens du cadre de vie et de l’Ign. A l’issue de la séance, j’ai dit que je vais saisir officiellement le Ministre afin qu’il envoie les cadres les plus indiqués sur le terrain. Donc, il n’a aucun problème entre les 02 maires. Je précise encore que le problème frontalier, c’est dans les 77 communes.

Vous avez encore d’autres situations du genre sur votre territoire ?

Oui. Par exemple Missérété a litige frontalier avec Dangbo, avec Avrankou, avec Porto-Novo. Quant à Porto-Novo, il a litige frontalier avec Sèmè-Podji, avec Missérété, avec Adjarra, Avrankoun, etc. C’est partout. C’est dans toutes les communes. Et je crois que c’est une préoccupation même du gouvernement. C’est prévu dans le Pag. Nous aurons des cadres qui vont se porter sur le terrain pour gérer cette situation.

Propos recueillis par Rachida Houssou
Transcription : Mohamed Amoussa (Stag)

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