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Modernisation des villes du Bénin:Parakou entame sa toilette

L’opération d’assainissement de la ville de Parakou entamée par l’équipe du maire Charles Toko connaît des avancées notables. Après la délocalisation des auto-gares, le marché de friperie a pris corps, au début de cette nouvelle année, sur le site approprié de la « Rose Croix » ainsi que dans le marché du quartier Zongo de Parakou. La libération des domaines publics avance également à grands pas dans cette ville.

Le nettoyage des artères principales et autres domaines publics constaté donne un nouveau visage à la cité des Koubourou. Dans la quasi-totalité des quartiers de cette localité, les occupants illégaux libèrent définitivement ces places appartenant à l’Etat. Pour ce qui concerne les anciennes auto-gares et les bases de compagnies de bus installées pêle-mêle, l’on conjugue déjà au passé les mauvaises pratiques. Ni les taximen encore moins les promoteurs de compagnies de bus ne font plus les embarquements et débarquements des passagers hors du parc unique du Conseil national des chargeurs du Bénin à Parakou. Cette étape franchie, l’administration municipale de Parakou a mis le cap sur le marché de friperie et d’organes d’animaux.

Délocalisation effective du marché "Kobo-Kobo"

Maintes fois reportée, la délocalisation de ce marché connu sous l’appellation "Kobo-Kobo" a été effective lundi 2 janvier 2017. Très tôt le matin, la mairie de Parakou a déployé de gros engins sur cet désormais ancien emplacement de vente de friperie. C’était la débandade avec les occupants retardataires qui ne se sont pas encore conformés à la décision du pouvoir public. Au fur et mesure que les ouvriers retiraient les matériaux facilement récupérables, le bulldozer passait sur tout ce qui semblait difficile à la tâche des ouvriers recrutés par la mairie. En un laps de temps, le nettoyage est bouclé. Sans incident, plus rien ne reste sur cet ancien marché de friperie situé entre la clôture sud du camp militaire et l’école urbaine centre de Parakou.

Rentrée des classes paisibles

La reprise des classes après les congés serait pour les écoliers de l’école urbaine centre paisible et sans le grand bruit que faisaient les usagers de ce marché. Les agents en service à la Direction départementale du travail, de la fonction publique et des affaires sociales travailleront désormais dans un cadre plus ou moins calme. Idem pour les locataires de la prison civile de la ville. Le chef du 2ème arrondissement de Parakou, Idrissou Sylla, chargé de la supervision de cette opération de délocalisation dudit marché, s’est dit fier d’avoir accompli sa mission. Il a confié que le temps nécessaire a été accordé aux usagers de ce marché pour rejoindre le nouveau site avant de faire savoir qu’il n’y a pas eu de surprise pour les commerçants. Le chef de cette opération a précisé que cette délocalisation était prévue pour le 15 décembre 2016. Reportée au 31 décembre, elle n’a pu avoir lieu que le 2 janvier 2017. Selon lui, aucun commerçant n’est surpris car tous sont bien avertis. Il a invité tous les commerçantes et commerçants de friperie à aller s’octroyer une place et à animer le nouveau site sis à « Rose Croix ». Pour le Président du nouveau site du marché de friperie et chef du quartier Rose Croix, il y a de la place pour tous les commerçants désireux de s’installer. Akim Dorogui a indiqué qu’il suffit seulement de se faire recenser et de s’acquitter du droit de place pour bénéficier d’un emplacement sur le nouveau site. Tout en souhaitant de bonnes affaires aux commerçants déjà installés, il a lancé un avertissement aux vendeurs d’organes d’animaux qui tardent à s’installer. Selon lui, cette catégorie de commerçants qui refusent de rejoindre le site aménagé court le risque d’être renvoyés des lieux manu-militari.

Le déguerpissement avance à Parakou

Depuis le début de cette année nouvelle 2017, l’opération de déguerpissement est entrée dans sa phase active. C’est la course contre la montre chez les occupants illégaux qui ne s’étaient pas conformés à la décision. La démolition des hangars est générale dans toute la ville de Parakou. Que ce soit dans les voies secondaires ou les artères principales, les occupants illégaux retardataires s’empressent de démolir leurs baraques et hangars avant l’arrivée des forces publiques annoncées par le Préfet du Borgou, Djibril Mama Cissé. Pour Médébaho Symphorien, Tapissier à Parakou qui s’attèle à ramasser ses équipements de travail ce lundi 02 janvier, la décision de libérer les espaces publics est bien une noble initiative du gouvernement. Il a, par ailleurs, souhaité vivement que ces places publiques soient aménagées pour le bien-être des populations et non qu’elles soient abandonnées à la broussaille. Mariam Bio Sarè, restauratrice, n’est pas du même avis. Pour elle, cette décision n’était pas opportune puisque, argumente-elle, en tant qu’actrice de développement à la base, elle ne peut pas rester sous le soleil et autres intempéries pour mener son activité. « Nos activités génératrices de revenus seront désormais au ralenti, puisque les clients ne vont plus venir en grand nombre, du nouveau cadre dans lequel nous sommes contraints de rester pour préparer ces mets très délicieux », a-t-elle déclaré avant de solliciter une fois encore l’indulgence de l’Etat central à leur accorder un moratoire de quelques semaines en vue de se trouver un lieu de vente. « Aménager une ville, c’est une bonne chose. Mais la manière dont ils veulent procéder, ce n’est pas bon. C’est trop tôt. Les autorités allaient nous avertir en nous donnant six mois. Mais un mois pour quitter, ce n’est pas bon », proteste Virginie Abiti, vendeuse de divers dans la ville de Parakou. Elle ajouté : « les autorités devraient aménager un endroit pour nous installer avant de nous faire déguerpir ».

L’acte civique de Bio Boro

Certains citoyens de la ville de Parakou soutiennent cette décision du gouvernement. C’est le cas de Bio Boro, le président des revendeurs et transporteurs des produits pétroliers frelatés de Parakou. Il a engagé, sur le terrain, la phase répressive contre les membres de son association. Accompagné de quelques membres de son bureau exécutif, il a sillonné plusieurs grandes artères de la ville pour exiger des détaillants de ce liquide inflammable la libération des espaces publics. Lors de cette opération de choc, des bidons et des bouteilles contenant de l’essence frelatée ont été saisis. A en croire ce dernier, ces revendeurs d’essence qui se sont installés sur les terre-pleins centraux ont été déjà sensibilisés par ses soins depuis plusieurs semaines. Néanmoins, d’autres ne se font pas fait prier pour démolir leurs infrastructures. Sur le terrain, quelques-uns, marteau en mains, burin, pelle, échelle, brouette, et bien d’autres matériels, ont dégagé leurs édifices avant la date butoir. Dame Edwige, revendeuse en face de l’université de Parakou, a déjà engagé les maçons pour la reconstruction de sa nouvelle boutique. Pendant que certains occupants pleurent de l’opération de déguerpissement, d’autres tels que les maçons, les menuisiers, soudeurs, se réjouissent. Mais, ne pouvant pas être heureux du malheur des autres, ces derniers nourrissent l’espoir de voir la mairie octroyer aux sinistrés un nouveau site suffisant pour leurs activités génératrices de revenus.

Des actions pour le nettoyage systématique

La plupart des étalages, cabines téléphoniques, garages, panneaux publicitaires, escaliers, dalles, boutiques, restaurants et bien d’autres installations entre-temps marquées sont en train d’être démolies. Du rond-point de la Direction régionale des douanes à la pharmacie la Grâce en passant par le carrefour des 3 banques jusqu’à l’artère principale de la résidence du préfet du Borgou, les actions engagées pour la démolition augurent d’un nettoyage systématique des espaces publics. Idem au niveau de l’artère principale menant à l’Université de Parakou et sur d’autres routes de la ville. Dieudonné Agossounon, revendeur de tenues vestimentaires, reconnaît le bien-fondé de la décision de libérer les espaces publics anarchiquement occupés par les riverains. Pour lui, c’est une bonne chose d’assainir la ville. Car, il a reconnu, que cela permettra d’avoir une bonne attractivité de l’espace et de sécuriser le bien public. Il a confié avoir déjà quitté le domaine public. Tout comme Agossounon Dieudonné, Inès Quenum, tenancière d’un maquis Z+Z situé au quartier Kpébié et bien d’autres occupants de la ville qui prenaient encore du temps sont à la phase de la démolition de leurs infrastructures érigées en matériaux définitifs sur l’espace public.

Le dernier avertissement du préfet Mama Cissé

Le Préfet du Borgou, dans son message de présentation de vœux à ses administrés sur les antennes des radios de la place, a remercié et encouragé tous ceux qui ont cru à cette décision gouvernementale. Il a invité les occupants illégaux des espaces publics retardataires à se conformer à la décision gouvernementale. Sinon, a-t-il prévenu, bientôt la force publique interviendra pour le déguerpissement. Selon lui, la décision prise est irréversible et, ceux qui traînent encore les pas doivent faire preuve de civisme. Il a exhorté les populations à accompagner l’initiative du chef de l’Etat en acceptant de libérer l’espace public afin que le Bénin puisse présenter une image reluisante.

Hervé M. Yotto & WilfriedAgninnin
(Stag)

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