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Occupation des carrefours et terre-pleins centraux de Cotonou : Toboula annonce des descentes musclées

Du souci pour les occupants des carrefours et terre-pleins centraux ! Après sa descente sur le terrain le 09 août 2017, pour sensibiliser les populations de Cotonou, le préfet Modeste Toboula annonce une répression permanente. Lire son interview.
Groupe de presse : Vous avez démarré une opération de sensibilisation à l’endroit des occupants des carrefours et terre-pleins centraux. Est-ce qu’il y a un chronogramme pour la répression ?

Pas du tout ! Il n’y aura pas de chronogramme. C’est une répression permanente. En fait, à Cotonou, je crois que la mendicité constitue une filière. Les gens normaux utilisent les personnes atteintes d’un handicap pour faire des recettes. C’est la conclusion que nous tirons de cette pratique. Par exemple, nous avons identifié une handicapée moteur (elle n’a pas les jambes) dont le mari assure le transport tous les matins au niveau de nos carrefours, notamment celui de l’Unafrica avec son fils. Et le soir, elle prend un taxi pour rentrer chez elle. Donc, pendant la journée, elle et son fils polluent l’environnement et perturbent les passagers en mettant leurs vies en danger. Et c’est pareil au niveau des autres carrefours. Encore qu’ils ne dorment pas sur les lieux. Si nous rentrons dans les aspects de « quelles sont les mesures sociales ? », nous allons rater le coche. Imaginez un peu si tous les mendiants doivent se mettre au milieu des trottoirs sans être inquiétés. Il y aura rupture de l’égalité des citoyens devant les charges de l’Etat. Par conséquent, il est question d’empêcher systématiquement toute installation des mendiants au niveau de nos carrefours.

Mais il y a certains qui sont réellement dans le besoin, par exemple les gens qui n’ont pas la capacité de faire autre chose. Quel sera leur sort ?

La mendicité n’est pas un métier et il y a des handicapés qui se démerdent. Encore qu’il y a des services sociaux auxquels ils doivent se référer si le besoin se fait sentir. Nous avons un Ministère en charge de la solidarité nationale à qui les parents des mendiants doivent écrire pour solliciter l’aide de l’Etat. La mendicité n’a rien de positif pour le développement d’une ville, d’un département, d’une Nation. C’est juste un fléau qu’il faut bannir. La preuve, même dans les pays à forte population musulmane (comme il est souvent constaté l’attroupement de ces mendiants devant les mosquées), les autorités ont pris des décisions fermes et vous n’allez pas retrouver les mendiants qui circulent autant. Prenez l’exemple du Sénégal, du Niger, du Mali, vous n’allez pas les voir prendre d’assaut les espaces publics comme ils le font chez nous. Si nous voulons que Cotonou ait les caractères d’une ville métropole, il faut forcement que nous prenions des décisions fortes. Que les mendiants restent chez eux. Nos rues, nos trottoirs, nos carrefours ne sont pas des lieux de mendicité.

Propos recueillis par Angèle Toboula

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