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Ousmane Alédji : « On aurait dû intégrer plutôt le tourisme à la culture »

"Alors, il faut dire que globalement le Pag, comme je l’envisageais est très ambitieux. Je pense même que la mise en spectacle de ce Pag est unique dans l’histoire du Bénin. Quant à ce qui concerne le secteur culturel, j’ai eu le sentiment que la modulation ou l’articulation me semble un peu sujet à réflexion.

Je crois qu’on aurait dû intégrer plutôt le tourisme à la culture comme un produit culturel et dire que c’est pour la première fois dans l’histoire qu’un Etat africain décide de mettre près de 10% de son budget dans le développement culturel. Ceci, tout en sachant que bien sûr la priorité c’est le tourisme parce que comme je le dis quand vous construisez une maison vous pouvez décider de mettre deux fois le budget de l’architecture dans la décoration intérieure. Ce n’est pas pour autant que la décoration intérieure ne fait pas partie de la maison. Vous comprenez, la maison est culture et dans cette maison nous avons l’artisanat, l’art, le patrimoine, le tourisme, les langues. J’aurais aimé que le chef de l’Etat dise jusqu’à la fin de son quinquennat il va mettre près de 1 000 milliards dans le secteur culturel. Tel que c’est fait, on ne parle que du tourisme, et moi, ça m’embête un peu. On ne peut pas isoler le tourisme et dire que pour le tourisme on veut mettre tel montant et ne communiquer que sur le tourisme. C’est appauvrissant, et ça desserre l’effort d’ensemble. J’ai le sentiment que, vu la quantité de milliards qui va venir dans le secteur culturel, ce n’est plus opportun de débattre de coupure ici ou là. Mais, la question se pose, parce qu’on est dans un pays qui n’a pas de tissu industriel suffisamment fort pour propulser le secteur culturel par le sponsoring, le mécénat et la publicité. Donc, le seul guichet qui reste pour financer la création artistique au Bénin, c’est le guichet public qui se trouve être le Fonds d’aide à la culture. Alors, quand vous bloquez le fonctionnement de ce Fonds d’aide à la culture depuis 8 mois, il y a des interrogations. Quand les acteurs apprennent après que ce fonds est abattu, coupé de plus de la moitié des ressources, ils s’interrogent aussi. Tout cela, c’est normal parce qu’une fois encore la méthode, me semble-t-il, n’y est pas, et cela est dommage".

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