Invité hier dimanche 25 juillet 2010 sur l’émission débat télévisée Zone franche, l’ancien ministre d’Etat Pierre Osho a porté un regard critique sur la situation politique et socioéconomique du Bénin ces cinquante dernières années.
Sans ambages, l’invité à travers une analyse des événements marquants de l’histoire nationale, montre que l’état actuel du pays, loin de contraindre à l’optimisme traduit une crise perceptible qui à l’en croire le détourne de l’itinéraire tracé par les régimes précédents. « Aujourd’hui, nous sommes loin du consensus et du climat de démocratie participative et apaisée instauré sous Kérékou.
Le pays est malade de sa gouvernance, » a-t-il déploré. Pour lui les crises successives que connait le régime actuel en témoignent long sur cette posture qu’il adopte dans l’analyse de la situation actuelle du pays. Cet état de chose trouve également à l’en croire, ses raisons dans le manque d’engouement qui caractérise la commémoration du cinquantenaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale. Pour lui, la célébration de cet événement devrait être pour le peuple béninois un rendez-vous de débats nationaux et de profondes réflexions sur les grandes leçons de ce parcours historique. « En tant qu’observateur, je porte un regard très sceptique et de profonde déception. Le premier août 2010 est un grand événement de communion nationale. Jusque là, on en sait très peu sur ce que signifie le cinquantenaire dans la conscience collective des Béninois, dans le chemin historique parcouru depuis l’accession du pays à la souveraineté internationale. Cet événement historique impose de la part du politique, une préparation intellectuelle et devrait permettre de mettre à contribution acteurs politiques, chercheurs, membres de la société civile et citoyens autour de l’événement. Cela contribuera à créer une ambiance nationale de ferveur populaire. C’est tout un programme que le gouvernement actuel devrait mettre en œuvre depuis son arrivée en 2006 », a-t-il ajouté. L’ancien ministre dénote une absence de vision prospective aussi bien dans la préparation intellectuelle que dans la réalisation à bonne date des infrastructures devant abriter l’événement. L’aspect très peu attrayant que présente depuis des années la ville de Porto-Novo traduit selon lui, l’absence de continuité dans la mise en œuvre du programme de réhabilitation de la ville entamé en 1996 par le régime du président Kérékou. « Il n’y a pas d’actions fondées sur la durée qui s’inscrivent sur les paramètres prospectifs et qui imposent une vue globale de la problématique de développement dans notre pays » a-t-il déclaré. Abordant l’historique du Bénin depuis la période des indépendances, l’invité a effectué une analyse chronologique en trois étapes à savoir la période post- indépendance, la période révolutionnaire et le Renouveau démocratique. Outre la première période caractérisée par une instabilité politique, celle révolutionnaire à en croire l’invité, en dehors de ces contours négatifs, traduit une volonté populaire de rupture avec l’ancien système et a permis d’enregistrer des avancées considérables dans le cadre de la réforme de l’administration du territoire et du mode de gestion de l’Etat. Vouée aux gémonies par les conclusions de la conférence nationale, la Révolution a laissé place au Renouveau démocratique qui aux dires de l’invité, a permis d’asseoir les bases d’un système de gouvernance participative admise depuis le 11 décembre 1990.
Hospice Alladayè (Stag)