Accueil > Politique >

Politique des logements sociaux:Comment Yayi Boni a ruiné le Bénin

On en parle très peu, mais la gestion des logements sous Yayi Boni a été un fiasco. Les populations de Lokossa en garde toujours un mauvais souvenir. De l’argent de l’Etat a été dilapidé sous le fallacieux de ‘’logements pour tous’’ qui, incontestablement, n’est que de l’utopie. Retour sur un scandale historique.

On a toujours un pincement au cœur lorsqu’on entend certains mauvais citoyens d’hier critiquer la politique de logement proposée par le Nouveau départ. Leur raisonnement provoque colère, puisqu’il renvoie à un souvenir douloureux, une mise à sac des finances publiques orchestrée par ces ‘’voraces’’ qui arborent aujourd’hui un manteau d’agneau. C’est un secret de polichinelle de dire que la gestion des logements sous Yayi Boni a été un drame. Il serait davantage douloureux de revenir sur ce feuilleton, mais les générations futures, face à la confusion nourrie par certains parvenus, ont le droit de savoir. En effet, baptisée projet 10.000 logements, cette initiative n’a été qu’une fiction. Yayi Boni et ses amis ont essayé, au moyen d’une communication politique outrancière, de vanter le rêve. Au cours de son intervention, le Ministre du cadre de vie est revenu plus en détail sur l’infamie. Sur les 10.000 logements annoncés par le gouvernement heureusement défunt, seulement 1543 ont été mis en chantier. Le coût de ces 1543 logements donne le tournis. 14.668.135.000 Fcfa. Beaucoup tomberont à la renverse, mais ce n’est pas encore le plus intéressant du scandale. En effet, alors même qu’on a débloqué 14.668.135.000 Fcfa pour réaliser 1543 logements, on a, à l’arrivée achevé que 893. Jusqu’à ce jour, les 650 logements restant de Yayi sont toujours en cours d’achèvement. Mieux, au nombre des logements achevés, 419 seulement sont occupés à ce jour dont 203 cédés par la 1ère procédure de vente directe et 216 en location-vente. Certaines personnes n’ont pas fait du bien à ce pays. Leur passage n’a été que douleur, mais l’espoir est permis. Le tableau est sombre. L’hémorragie financière est profonde. Du fait de l’approximation qui a caractérisé ce projet, les dettes de l’Etat envers les banques s’élevaient à 19.6 milliards de Fcfa au 31 octobre 2016.

Emprunt obligataire, le faux débat des détracteurs

Lorsque faisant le point de l’emprunt obligataire lancé par le gouvernement en début d’année, il a été indiqué que la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) y a souscrit, certains esprits tordus ont crié au scandale. Pour eux, les liquidités dormantes de la Caisse ne devraient pas être placées en emprunt. Le passage du ministre Tonato devant les députés a révélé que la pratique n’est pas nouvelle. En effet, le ministre a indiqué : « Pour mobiliser les ressources financières nécessaires au programme la Direction Générale du Trésor et de la comptabilité publique a lancé un emprunt obligataire le 26 août 2008 et entièrement souscrit par les banques béninoises et la Cnss. La question est de savoir si les détracteurs avaient connaissance de cette information, puisque la Cnss n’est pas à son premier coup d’essai. Pourtant, ces donneurs de leçons étaient là hier. Comme on peut le comprendre aisément, leur préoccupation est ailleurs. Il ne s’agit pas de défendre le peuple, mais d’œuvrer pour faire échouer le gouvernement.

AT

José Tonato veut corriger le tir

Le gouvernement était très sollicité au Parlement, dans la journée du jeudi 15 juin 2017. Le ministre du Cadre de vie et du développement durable, José Tonato, représentant l’Exécutif, a présenté la situation des logements sociaux conformément au souhait de deux députés. Initiateurs de deux questions orales, les députés Dakpè Sossou et Kora Zimè ont invité le gouvernement à éclairer leur lanterne sur la situation des logements sociaux. Si, pour le premier, les logements sociaux constituent un gâchis pour l’Etat béninois, le second quant à lui parle du faux qui entoure la mise en œuvre de ce programme. Le député Kora Zimè, dans ses plaintes, a dénoncé les promoteurs immobiliers qui, en complicité avec certains cadres de l’Etat, prennent des marchés de construction de logements sociaux pour livrer des chantiers bâclés. Surfant sur l’évaluation du projet de construction des logements sociaux qui a démarré avec le gouvernement défunt, le député Dakpè Sossou a affirmé que les objectifs fixés ne sont pas atteints. Ayant négocié 150 logements pour la commune de Lokossa, l’élu du peuple avoue que sur le terrain, c’est la désolation. Mieux, il a indiqué que l’Etat a perdu 9 milliards dans ce business. Aucun des logements construits à Adjarra, Porto-Novo, Lokossa, Abomey-Calavi, ou Parakou, n’échappe à la critique de Dakpè Sossou. Au total, on note, entre autres, un faible niveau d’occupation dû à la non-viabilité des sites. Selon les auteurs des questions orales, des sites inappropriés ont servi à construire la plupart de ces logements qui sont abandonnés aux intempéries et aux vandales. Sur les 1543 sites mis en chantiers, 893 sont achevés, et 419 sont habités. Pour sauver le programme, le gouvernement est entré en négociation avec la Boa dont les créances s’élèvent à 19 milliards de francs Cfa avant de procéder à un audit technique et juridique du projet.
M. A.

PLUS D'ARTICLES