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Rejet du budget par les conseillers d’Agbangnizoun:Les dessous de la crise

Le conseil communal d’Agbangnizoun est en proie à une crise latente qui s’est traduite par le rejet systématique du budget exercice 2017 par les conseillers dissidents. Le maire Gaspard Gboli-Honon s’est vu obliger d’avoir recours au 12ème provisoire pour gérer les affaires courantes de la commune.

Au sein du Conseil communal d’Agbangnizoun on note une particularité. Ici, les conseillers communaux hostiles au maire et qui font partie du Groupe dite G8, lui reprochent principalement la mauvaise gestion des ressources de la Commune. Des accusations que Michel Agbokpanzo, Chef de l’arrondissement central d’Agbangnizoun, l’un des soutiens du maire, balaie du revers de la main. A l’en croire, le maire a instauré une gestion participative du pouvoir communal sans une exclusion. « Il y a une commission chargée de l’étude du projet de budget. Cette commission est composée de cinq membres dont un chef d’arrondissement partisan du G8. Après une journée de travail, ce dernier a affiché son indisponibilité, malgré les multiples rappels à l’ordre. Au cours de la seule journée passée avec la commission, il a accepté toutes les propositions qui ont été faites », a-t-il témoigné. Ce témoignage n’a pas empêché l’un des frondeurs, Fidèle Zohizalan, Chef de l’arrondissement de Lissazounmè, d’exprimer son point de vue. Selon lui, son arrondissement ne se retrouve pas dans le budget parce qu’aucune infrastructure n’a été prévue pour Lissazounmè ni dans le budget 2017, ni dans le Plan d’investissement annuel (Pia). Et c’est cela qui justifie son refus d’accorder son suffrage au vote dudit budget.

Le délai de grâce expire le 31 prochain

Le 31 mars prochain est la date butoir pour les conseillers communaux d’Agbangnizoun de voter le budget de la Commune. C’est du moins ce qu’a prévu le législateur dans la loi n°96-029 du 15 janvier 1999 portant organisation des communes en République du Bénin. D’après les explications du préfet du Zou, Firmin Aimé Kouton, les textes sur la décentralisation sont clairs. « Le conseil communal est tenu de doter la Commune en ressources et ceci dans le cadre des dispositions prévues par la loi qui organise le régime financier des communes en République du Bénin. Cette loi dispose qu’au plus tard le 31 décembre de chaque année, le conseil communal doit déjà voter le budget de la Commune. A défaut, s’ils n’arrivent pas à voter le budget, les conseillers peuvent attendre et avoir des informations complémentaires. Mais jusqu’au 31 mars au plus tard, la commune doit avoir son budget voté. Si les conseillers n’arrivent pas à s’entendre autour du budget, le préfet est autorisé, par la loi, à procéder au règlement définitif du budget en se basant sur les informations fournies par l’autorité communale », a-t-il détaillé. C’est dire donc que les conseillers communaux d’Agbangnizoun ont encore environ une dizaine de jours devant eux pour statuer définitivement sur le budget. Ceci au cours d’une session extraordinaire que le maire devra convoquer dans l’immédiat. Gaspard Gboli-Honon, le maire de cette Commune, croit à une sortie de crise et appelle tous les conseillers à l’apaisement. « J’ai déjà répondu au questionnaire que les conseillers m’ont adressé. Je crois qu’avec les éléments de réponses, nous allons nous entendre sur le budget lors de sa relecture en session extraordinaire que j’essayerai de convoquer bientôt », a rassuré l’autorité communale.

Zéphirin Toasségnitché
(Br Zou-Collines)

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