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Valentin Achidi Agon:L’exceptionnel parcours du développeur

Fils d’ancien combattant, le natif de Vêhou dans la commune de Bohicon, département du Zou, traçait sur les bancs du collège, et sans le savoir, les sillons de ce qu’il est devenu. L’ancien élève du Ceg1 de Bohicon a, très tôt, découvert, dans le cadre de la coopérative scolaire, la pharmacopée ; un domaine qui aujourd’hui lui donne tous les honneurs au monde et lui ouvre les portes des dirigeants africains.

Révélé à son pays et à la planète, grâce à son médicament Api-palu, préparé à base des plantes, Valentin Achidi Agon gagne désormais tout sur son passage et sa soif de conquérir le monde à partir de ses recherches et innovations est sans limite. L’homme présenté comme un théologien ne s’en cache pas. Il avoue son attachement à la foi chrétienne et s’affiche comme un adepte de la théologie formé à l’université de l’Aix-en-Provence. Grand amoureux de l’éducation, nanti de plusieurs maîtrises universitaires, il a achevé brillamment un doctorat en développement régional (Ph.D) à l’université de Québec à Rimouski au Canada et un doctorat en médecine douce à Montréal. Il travaille pour le bien-être complet de l’homme. Avant tout, Valentin Achidi Agon est un entrepreneur industriel et chercheur développeur des médicaments issus des ressources naturelles. Président Directeur général de Api-Bénin, utilisant 305 employés directs, il est marié et père de trois enfants.

Vous n’êtes plus à présenter. Cependant, on se demande ce que vous étiez. En clair, déclinez votre histoire.

Je suis né un 14 février 1964, mais l’école étant très loin de nous, je n’ai commencé mon cursus qu’en octobre 1973, et donc j’avais déjà 9 ans.

Quelle distance séparait votre maison de l’école ?

Pas loin que ça, juste 1 kilomètre, mais on ne pouvait pas laisser l’enfant comme ça parce qu’il y a une grande forêt qu’on traversait avant d’aller à l’école et c’est quand mon petit frère a eu ses six ans qu’on a dit on peut maintenant être à deux pour y aller. Malheureusement, le matin où on était admis à l’école, on devait passer la main sur la tête pour toucher le conduit auditif de l’autre côté. Mon petit frère a fait ça, parce qu’il ressemble beaucoup à notre père qui est d’un grand gabarit. Moi, je ressemble à notre maman, pas grande et donc, je n’étais pas si développé. Ce matin-là, le maître m’a renvoyé et a autorisé mon petit frère. J’étais rentré à la maison très énervé. Déjà à 9 ans, on m’a retourné à la maison. On m’a dit que j’étais trop petit pour commencer l’école. Ma main ne touchait pas mon conduit auditif. Le lendemain, je suis reparti à l’école. J’ai dit à ma maman que je vais le voir ce maître, parce que moi, j’ai déjà appris à lire tout le syllabaire ; je compte déjà des milliers de choses. Arrivé là-bas le lendemain, les enfants étaient déjà entrés en rang et moi je lui ai dit, j’étais là hier et vous m’avez renvoyé. Il m’a demandé : « Et qu’est-ce que tu cherches encore là » ? J’ai dit non, je suis le grand-frère de celui que vous avez pris et je sais lire tout le syllabaire. Il a dit, c’est vrai ? J’ai dit, j’ai le syllabaire, ouvrez le à la page que vous voulez. Il voulait commencer à apprendre ABC aux gens. Il ouvre le syllabaire. Je lui ai lu toute la page. Il dit quoi ? « Tu as redoublé la classe » ? J’ai dit non. Je n’ai jamais mis pied à l’école. C’est mon père, ancien combattant, mes cousins et cousines qui m’ont beaucoup appris à la maison. C’est comme ça que je m’étais invité à l’école. Moi, je m’étais invité à l’école et rapidement on a fait un an là. La révolution a voulu que toutes les écoles missionnaires catholiques deviennent des écoles publiques. Donc, l’année suivante, à la fin de 1974, on a renvoyé tout le monde encore dans les écoles publiques. On a fermé les écoles missionnaires et l’établissement où on était a été fermé pour qu’il devienne public. Mais, les catholiques l’ont transformé en église et nous avions été envoyés très loin à plus d’un kilomètre et demi de notre maison et c’est là où mon petit-frère a refusé de continuer.

Et de votre côté ?

Moi, j’ai continué dans les années 1974-1975 et c’est comme ça qu’on a évolué tout doucement. En ce temps, les maîtres étaient rares. Il n’y avait pas de maîtres dans les années 1975. On suppliait les enfants qui sont en classe de troisième pour devenir Jeunes instituteurs révolutionnaires (Jir), en notre temps. Et c’est comme ça que nous avons manqué d’avoir de maître. Cette année, on peut manquer, celle suivante, on peut avoir six mois de cours, mais moi, j’étais très curieux. J’allais dans les classes supérieures pour voir ce qu’ils apprennent là-bas. C’est comme ça qu’on nous a présenté au Cep ; ce qu’on appelait en notre temps Cefeb, dans les années 1980-1981. Admis au collège, mon père est mort 30 jours après. Mais quatre jours avant sa mort, le 10 mars 1982, il m’a dit : « n’abandonne pas l’école ; ce qui m’arrive là, je vais mourir, mais toi continues l’école ». Donc, le conseil de mon père est resté ma règle de vie. Je suis toujours à l’école. Depuis 1973, 1974, je n’ai quitté l’école que cette année. Donc, j’ai évolué à l’école nouvelle. Je suis un produit de l’école nouvelle, l’école de Kérékou et de la révolution.

Révolutionnaire donc, vous étiez admis dans quel collège ?

Oui ! Révolutionnaire de sang, j’ai été classé au Ceg 1 de Bohicon où j’ai fait rapidement le premier cycle sans aucun problème. J’ai toujours été meilleur, premier et on me montrait au drapeau. Au second cycle, j’ai été très perturbé parce qu’il y avait beaucoup de conflits dans ma famille. On discutait des terres avec ma maman, mais il y avait une activité parallèle à l’école, ce qu’on appelait les coopératives. Moi, je m’étais inscrit au Karaté. J’ai fait le Taekwondo quelques temps et je devais passer la ceinture bleue, barète rouge quand j’ai découvert la session pharmacopée. J’ai fait 4 ans de formation en pharmacopée au Ceg1 de Bohicon. C’est là que j’ai poussé les racines de ce que je suis aujourd’hui. Alors, avec un professeur de biologie qui aimait beaucoup les plantes, on nous envoyait partout en famille, dans les villages pour demander aux parents : « quelle est cette plante ? Ça fait quoi ? Comment on prend ? comment on prépare ça ? C’est comme ça que j’ai été rapidement initié à l’école de la pharmacopée et c’est cela qui m’a forgé. En seconde, moi, j’étais premier de toute ma promotion. On demandait d’écrire notre carrière. J’ai dit moi, je vais devenir médecin et je vais savoir fabriquer les médicaments avec les plantes. Cette vision m’a habité et c’est pourquoi je m’étais inscrit en série D alors que j’étais bon partout. J’ai évolué comme ça et j’étais parti en France pour étudier, mais mon objectif n’était toujours pas atteint. Je suis revenu au Bénin vers 1994. J’ai dit, il faut que je continue ailleurs et c’est comme ça que j’ai créé Api Bénin en 1995. J’ai commencé tout doucement mes activités avec cette société le 23 juin 1995. Arrivé en 1996, cela a pris de l’ampleur parce que Songhaï m’avait primé. J’étais le meilleur et je produisais aussi les pintades. J’avais jusqu’à 2800 pintades à la maison. Personne n’élevait les pintades jusqu’à cette échelle là, mais moi, je faisais ça et j’ai obtenu une bourse en 1997 pour aller en Belgique. En Belgique, j’étais parti pour apprendre l’apiculture. J’ai été initié à cela en France déjà dans les années 1993-1994, mais j’ai été à son école vraiment en Belgique. C’est là-bas que j’ai beaucoup appris et j’ai une liaison avec une forme de pharmacopée en apiculture qu’on appelle « Api thérapie » ; c’est-à-dire traiter avec les produits des abeilles et maintenant les plantes. Donc, j’étais meilleur de ma promotion avec 19, 2 de moyenne. Le président de l’institution a dit que je ne dois pas me retourner comme ça, il faut qu’on me trouve des ressources. C’est comme ça que moi-même, j’ai écrit à des gens. Ils m’ont présenté à tout le monde. Ils m’ont présenté à la Fao en disant que je suis très bien. J’avais arrêté entre-temps mes études en agronomie pour pouvoir me caler sur l’apiculture, les abeilles, parce que c’est beaucoup plus pratique pour moi et donc quand je suis arrivé au pays, j’avais reçu l’aide des Hollandais à cause de ma meilleure note, à cause de mon projet. Les Hollandais m’ont apporté 6 millions. Par la suite, 6 millions francs Cfa , 10 millions 185 mille francs Cfa. Donc, 22 millions 185 mille francs Cfa de soutien hollandais. C’est avec ça que j’ai construit les premiers bâtiments de Api Bénin. C’est aussi avec ça que j’ai installé 761 paysans qui savent faire l’apiculture et qui produisent des plantes médicinales. Avec des abeilles, je cherchais la propolis qui permet de conserver les produits de pharmacopée. Je n’étais pas encore satisfait. J’étais allé à Cuba.

Pourquoi Cuba cette fois-ci ?

Je voulais toujours continuer dans le même sens. C’est ce qui justifie mon entrée à la faculté Calixto Gracia à Havane à Cuba. En fait, Cuba souffrait de l’embargo américain et il n’y avait pas possibilité de faire entrer des médicaments. Le Cuba faisait ses médicaments à base des plantes. Il s’est tourné vers les végétaux pour transformer les plantes en médicaments. Ce qui lui a permis de faire de merveilleuses choses et j’y suis allé pour apprendre beaucoup de choses. La plante est un laboratoire qui élabore chaque jour des molécules diverses de toute nature. Mais les molécules varient d’un moment à un autre. Cuba parvient à extraire les molécules soit en matière d’aromathérapie, c’est-à-dire les essences puisque ce sont des molécules pures concentrées, soit par isolation des familles chimiques voulues après décoction. C’est ainsi que j’ai beaucoup appris à Cuba. De Cuba, je m’étais rendu au Canada ; ce qui m’a permis de connaître le bien fondé des choses. Comment planter une essence, quelle famille chimique y cibler et voilà assez de choses qui m’ont nourri. Pendant ce temps, j’ai envoyé mon adjoint en Belgique suivre une formation et après son retour je lui ai confié la société. En 2003, j’ai passé un concours international parce que je voulais apprendre le développement. J’étais directeur de ma société Api- Bénin, mais il fallait connaître d’autres dimensions de ce je fais. J’ai donc passé ce concours régional qui est organisé dans cinq pays tous les deux ans dans la sous-région ouest-africaine. Je faisais donc partie des trois retenus au Bénin. Arrivé au Burkina-Faso avec une bourse belge, j’ai fait une licence en développement. Après cette licence, je me suis inscrit dans une école canadienne pour un DESS en gestion d’entreprise. J’ai été réadmis dans le programme belge qui s’exécute dans les cinq pays pour une maîtrise. Dans cette maitrise, j’ai décidé d’étudier le palu. J’ai étudié le paludisme et les médicaments qui luttent contre cette maladie précisément Api-palu où j’ai approché la première phase de mes études dirigée par le Docteur Traoré.

Qu’est-ce qui vous a inspiré à étudier le paludisme ?

Le paludisme parce que mon fils a été gravement malade du paludisme en 1994 et j’ai failli le perdre. C’est de là que j’ai pris la résolution de trouver un remède contre cette maladie. Mais avant, dans les années 1977-78, j’ai été fiévreux et mon père m’a préparé de la tisane. Je suis guéri du coup, ce qui m’a étonné sur la vertu des plantes.

De quoi était elle faite, cette tisane ?

Elle était faite à base du palmier à huile, de "tchiayo", de "togba". Ces plantes m’ont donné de la vigueur et ma crise a cessé. Je me suis dit qu’il y a une force dans les plantes. Je me suis alors dit qu’il faut étudier les plantes. Elles sont des compagnons qui ne trompent jamais. J’ai étudié sous la direction du professeur Traoré au Burkina-Faso, le paludisme avec les plantes. Au Bénin, j’ai évalué et étudié beaucoup de documents. En finissant ça, je me suis dit s’il faut récolter les plantes pour faire des médicaments, cela va créer un prélèvement important dans la nature. Je m’étais inscrit pour un master en France à l’université de Mènes. Ce master est basé sur la gestion durable des ressources médicinales et j’ai créé quelque chose de nouveau. C’est-à-dire, qu’on ne récolte que le quart du houppier de la plante tous les six mois d’une manière que la plante ne sera récoltée complètement sur deux ans et se renouvelle totalement et on ne coupe pas la plante. Ce que j’applique dans ma société. Après ce master, j’ai lancé le 10 mai 2008 Api-palu et Api-viril qui ont pris. J’ai piloté ma société pendant un an. J’évoluais dans le même temps dans mes cours de médecines douces. J’ai achevé ma thèse en médecine douce au collège des médecines douces au Québec à Montréal le 23 aout 2013.

Api-palu est produit à quelle échelle ?

Nous avons installé un arsenal industriel capable de produire par jour jusqu’à 8 millions si nous tournons à plein régime. Sinon, 1 million de dose minimum par jour. C’est donc dans cette dynamique que nous sommes. Nous distribuons aujourd’hui Api-palu au Niger, au Burkina-Faso, en Centrafrique, au Congo, au Bénin, dans sept pays au total. Nous sommes en train de demander plusieurs autorisations à travers le monde. Nous sommes en train de conquérir les pays de la CEDEAO avec l’appui de cette organisation communautaire. Elle vient de me délivrer un mandat de rencontres avec les ministres des affaires étrangères, les ministres de la santé et les présidents de tous les pays de la CEDEAO. J’ai donc un programme avec le récipiendaire nigérian qui a gagné le second prix en matière d’innovation.

Comment se présente ce produit qui vous a lancé ?

Api-palu se trouve aujourd’hui sous deux formes. La forme gélule dont la plaquette comporte vingt et chaque gélule comporte 8mg d’alcaloïdes et la forme liquide en contient six comme référence chimique dans ces produits. Api-palu est donc disponible partout dans les pharmacies. Au Bénin, c’est le grossiste UBEPHAR qui en donne à toutes les pharmacies. Nous avons également une instance de distribution dans tout le pays. Nous avons la Came (La Centrale d’achat des médicaments essentiels) qui distribue dans tous les hôpitaux, dans certaines officines et dispensaires. Nous remercions le ministre de la santé et le gouvernement qui nous ont fait enregistrer sur la liste des médicaments essentiels au Bénin, Api-palu. Cet antipaludique prend ses ailes ici au Bénin et comme un peu partout en Afrique.

Combien de personnes en consomment ?

Nous coulons à peu près vingt mille doses d’Api-palu dans un mois. Au moins vingt mille personnes consomment donc ce produit. Depuis le Burkina-Faso, il y a quelques jours, j’ai reçu une commande qu’on doit envoyer par avion mais je ne suis pas encore satisfait. Je veux que les Béninois pensent à Api palu quand ils souffrent.

Quels sont vos rapports avec les professionnels de la médecine moderne et des officines ?

Oui, ils travaillent avec nous et c’est dans ce sens que nous évoluons. Le monde est un marché sur lequel se trouvent plusieurs personnes, mais je plaide d’abord pour les produits béninois avant qu’on ne pense aux produits étrangers. J’ai achevé cette thèse en médecine douce, option comment utiliser les ressources médicinales parce qu’il y a deux objectifs. Le premier objectif, c’est de faire en sorte que les produits issus des plantes soient des médicaments naturels qui sont non agressifs ou pas très agressifs, parce que ça vient d’un organisme pour un autre. Et le deuxième intérêt, comme c’est un médicament issu des plantes, la plante est un laboratoire qui élabore les molécules à tout moment, donc c’est comme les molécules qui varient d’un moment à un autre de telle manière que les bactéries, les microbes ne reconnaissent pas les molécules issues des plantes. C’est pourquoi, nos parents ont utilisé Tchiayo toujours efficace. Les plantes sont toujours efficaces mais la nivaquine et autres médicaments de 1975 ne sont plus efficaces aujourd’hui. Regardez chloroquine, le plasmodium a reconnu ça et l’a contourné. C’est là où on parle de Pharmaco résistance. Mais les médicaments issus des plantes ne rencontrent jamais de pharmaco résistance. Voilà les deux intérêts à utiliser les médicaments issus de plantes. C’est pourquoi je me bats pour ça, mais je ne me bats pas seulement pour faire des médicaments. Je me bats aussi pour le développement industriel de nos pays. C’est pourquoi je m’étais inscrit au Canada à l’Université du Québec à Rimouski pour faire ma thèse en développement régional, option industrie où j’ai soutenu le 21 février 2017. Je suis sorti de ce Phd avec beaucoup de joie parce que j’ai passé beaucoup d’années à étudier au Canada, à courir dans l’avion, du canada au Bénin et vice versa et en même temps, je suis expert de l’Onu dans 23 pays. Je mets beaucoup de choses ensemble, mais je suis fier d’avoir fait cette thèse. C’est pourquoi je fais une émission en santé et en développement à la télévision, en tant qu’expert. Je combine les deux et j’évolue. C’est de me mettre en valeur pour le développement de mon pays.

De quel genre de soutien bénéficiez-vous de la part des autorités béninoises ?

Je suis un enfant gâté du Bénin et de l’Afrique, parce que moi, tous les gouvernements du Bénin m’ont soutenu. D’abord depuis 2001, quand j’avais déposé mes premières demandes de brevet, Feu Général Mathieu Kérékou m’a fait appel et j’ai été reçu par son conseiller à la santé. J’ai été soutenu par les ministres Kindé Gazard, Kandissounon et autres. On a toujours été bien traité malgré quelques problèmes. Au temps du président Talon, mon pays m’a soutenu quand j’allais au championnat africain des innovations où il y avait des milliers de créations. C’est Api-Palu qui a reçu le grand prix. J’ai reçu 100 mille dollars c’est-à-dire 60 millions de francs Cfa. Il y a eu un conseil des ministres qui a statué sur ça et le ministre koupaki en a rendu compte au peuple béninois. J’ai été soutenu à 1000% par le gouvernement. Quand j’étais en phase finale de cette compétition là-bas, à tout moment, le ministre de la santé m’appelait pour me demander comment ça évolue, le ministre de l’enseignement supérieur Odile Attanasso de même. Tous sont restés en communication avec moi. Lazare Sèhouéto, le ministre du commerce, le ministre de l’enseignement secondaire et technique. Je les salue tous. A mon retour, le ministre d’Etat en charge du développement, Abdoulaye Bio Tchané, m’a reçu aussitôt. Il m’a dit : « dis-moi de quoi as tu besoin pour aller encore plus loin pour que le gouvernement t’apporte son soutien. C’était le 4 novembre 2016. J’étais très heureux et très honoré que mon gouvernement me demande de quoi j’ai besoin pour qu’on m’appuie pour aller plus loin. Et non seulement ça, quand j’étais en compétition et avais voulu l’appui de mon pays, j’ai appelé la présidence. Aussitôt, on m’a passé le secrétaire général du gouvernement, Edouard Ouin Ouro. Il a alerté tous les ministres concernées et tout le monde est resté en communication avec moi. Donc, je suis à mille pour cent soutenu par les pouvoirs au Bénin et surtout le pouvoir Talon. J’ai tout l’appui politique, l’appui financier qui va venir bientôt. J’ai tout, ce n’est que ce que je puis vous dire. Au niveau africain et régional, je suis bien soutenu. Si je prends l’exemple de la Cedeao, la Commission m’a donné mandat de rencontrer tous les présidents de la République, les ministres de la santé et de vendre Api-palu. Je suis bien reçu au Congo Brazza, où j’ai eu à rencontrer le premier ministre, de même qu’au Congo Kinshassa. En Centrafrique, j’ai été appelé par le chef de l’Etat lui-même et depuis l’aéroport, c’est un accueil chaleureux. J’ai été entretenu aux frais de l’Etat. Au Cameroun, on a été bien accueilli. En vérité, je n’ai eu aucun problème ici comme hors de nos frontières. Je dis merci à mon pays, à l’Afrique, à la Cedeao. Je n’ai aucun problème avec le continent.
Vous avez créé le Bénin industrialisé en 2010. D’où est partie l’idée et où en est-on ?

J’ai créé le Bénin industrialisé. J’ai voulu que les Béninois cotisent juste 1000 Fcfa par tête, mais cela n’était pas du goût du régime passé. Donc, le gouvernement défunt m’a appelé et m’a dit il y a eu Icc services et on ne voulait plus que les Béninois cotisent de l’argent. J’ai dit on fait quoi alors et il m’a dit qu’il faut mettre un terme à cela. On a dû rassembler les gens en 2011 pour leur dire qu’on arrête d’abord. Mais après, il y a beaucoup de ministres qui sont venus me voir et m’ont dit de recommencer le Bénin industrialisé. Je leur ai répondu que je veux faire de manière que je réussisse moi-même et mon industrie se développe à un niveau donné pour attirer et créer l’envie chez les Béninois. Donc, j’ai décidé de créer une université où on peut former des acteurs universitaires. Moi je suis universitaire détenant deux doctorats. Je ne peux pas dormir à la maison avec mes diplômes. Il faut que je créée une instance universitaire pour former d’autres acteurs en matière de développement, mais surtout industriel. Comment transformer une ressource pour vendre à grande échelle et au monde entier. C’est mon objectif actuellement et mon projet le plus pressant dans lequel j’ai déjà investi plus de 120 millions Fcfa, c’est d’installer un institut d’étude clinique pour valider les médicaments issus des plantes. Présentement, je suis en train de rassembler le dossier pour rencontrer le ministre de la recherche scientifique et celui de la santé pour qu’ensemble, on voit dans quelle mesure je vais obtenir l’autorisation pour lancer cet institut que je suis en train de créer pour valider les médicaments, mais seulement ceux de catégories 3 et 4. Je ne veux pas étudier les médicaments catégories 1 et 2 parce qu’en matière des plantes, il y a 4 catégories. La 1ère catégorie, ce sont les médicaments qui sont dans les gros bidons. Ils sont sans dose et de production non standardisée. Les médicaments de la catégorie 2 sont des produits un peu améliorés dont on ne connaît pas le contenu. Les médicaments de la catégorie 3 sont des médicaments améliorés et les grandes familles chimiques sont connues. Pour les médicaments catégorie 4, les principes actifs sont connus comme les produits de Api Bénin.

Prostapi, c’est le produit en vogue. Qu’est-ce que c’est ?

Prostapi, c’est le produit en vogue au Bénin et en Afrique car je l’ai présenté à tous les présidents et à tous les ministres des affaires étrangères de l’Afrique de l’Ouest au sommet de la Cedeao à Monrovia les 3 et 4 juillet 2017. Prostapi est une innovation de Api Bénin efficace sur l’hypertrophie de la prostate, c’est-à-dire quand nous grandissons en tant qu’homme, notre prostate prend de volume. Ce n’est pas une maladie au départ, mais ça évolue en maladie pour 10% des personnes. Pour ceux-là, uriner devient difficile avec des mixtions fréquentes et ils ont envie d’uriner, mais ils urinent très peu. Ils ont des retentions d’urine. Si c’est ça, on est déjà malade de la prostate. On s’en va évaluer le volume de sa prostate à l’échographie. Si le volume dépasse les 25ml, c’est-à-dire 27 ou 30, alors ça veut dire que la prostate est grosse. Il y a des gens qui ont des prostates de 160 ml et des gens qui sont sous les sondes. Donc tous ceux-là, quand ils font leur échographie, ils peuvent se mettre sous Prostapi. En 1 ou 2 mois, la prostate revient à son volume normal et ils commencent par bien pisser. Donc c’est cette innovation qui a été dénigrée. C’est pourquoi je suis revenu du Canada, les yeux rouges pour dire pas question que mon innovation Prostapi subisse des dénigrements.

Des attaques contre Prostapi, qui est derrière tout ça ?

C’est un tradi-thérapeute qui fait aussi des produits sur la prostate, mais qui est jaloux de mon innovation. Je ne veux pas appeler son nom, parce qu’il se connaît bien et tout le monde sait de qui je parle. Il est allé à la télé pour me dénigrer. Mais moi je ne rends jamais un coup quand on me le donne et je n’insulte jamais quand on m’insulte. J’ai préféré le traduire devant la justice pour avoir menti sur moi en disant que j’ai été malade de prostate et c’est lui qui m’a traité. Donc il va répondre devant la justice. J’ai aussi décidé de le traduire devant la justice parce qu’il a dénigré mon produit Prostapi en présentant ma marque déposée à la télé. Il ne savait pas ce qu’il faisait et il dit qu’il a le monopole au monde de traiter les gens malades de la prostate. Ce qui est purement faux. Personne n’a la science infuse. Moi, je suis universitaire et je ne sais pas tout, mais lui il dit qu’il sait tout. Socrate dit que tout ce qu’il sait est qu’il ne sait encore rien. Donc, moi je ne sais pas encore tout et il dit qu’il sait tout et sans lui, personne ne peut traiter la prostate. C’est faux ! Moi, je traite la prostate avec mon produit Prostapi qui est soutenu, efficace et démontré. Et même, le chroniqueur Jérôme Carlos est très énervé parce qu’il a utilisé Prostapi. Il dit Valentin, dis mon nom partout que j’ai utilisé Prostapi et aucune allégation mensongère ne doit aller dans ce sens-là. De même, le professeur Iroko m’a téléphoné en disant qu’il est malade depuis 36 ans, mais après l’utilisation d’une boîte de Prostapi il se sent bien. "Ma prostate est revenue à son volume normal". C’est des témoignages éloquents. Et ils m’ont chargé de dire à la presse qu’ils sont prêts à témoigner partout. Même la télévision Golfe les a enregistrés. J’ai réagi pour dire à ce monsieur de rester à sa place. Vous les hommes, vous pouvez prévenir les problèmes de prostate en consommant Prostapi et c’est partout et dans toutes les boutiques Api- Bénin. Nous voudrions que le Bénin soit reconnu par rapport à Prostapi et Api palu.

Valentin Agon, osons et nous réussirons. C’est bien ça votre devise ?

La réussite, c’est l’audace. Nous devons mobiliser les Africains dans cinq dimensions. La 1ère dimension, c’est qui sont-ils ? Il faut que les Africains reconnaissent qui ils sont. La 2nde dimension c’est l’avoir. Qu’est-ce que les Africains ont et quand ils ont quelque chose, il faut qu’ils le mettent en valeur. Et la 3ème dimension, c’est la volonté et la vision. Quand on a une vision, on sait où on va. On a les yeux devant. Et la 4ème , c’est quand je veux, je peux. Nous avons aussi un potentiel, un pouvoir. Et le dernier c’est l’action. L’action est l’audace et avec ça nous pourrons renverser le cours de l’histoire de l’Afrique. Nous allons sortir de ces périphéries du monde où on nous classe parmi les Pays les moins avancés ou les plus endettés. Le Bénin avec 10 millions de personnes, nous sommes des gens moins équipés comme le disait l’autre. Nous devons mettre en valeur les Béninois et les ressources au Bénin pour grandir. C’est l’audace et c’est à cette audace que j’appelle tout le monde. Il faut oser et on aura des résultats meilleurs.

Développeur, chercheur, médecin, universitaire, on vous présente également comme un ardent défenseur de la foi chrétienne.

C’est peut-être ce qu’on ne sait pas de moi. Je suis un défenseur de la foi chrétienne. Je suis théologien et j’ai été formé à la faculté l’Aix-en-Provence. Donc, je suis un chrétien, un croyant défenseur de la foi, mais pas dans la vague. C’est –à –dire qu’il y a trop de gens qui mentent au nom de Jésus. Mon futur projet est de sortir les Béninois des chemins où on leur promet des développements par miracle. Il n’y a pas de développement par miracle. On leur promet des développements par les prières, c’est faux. Donc je voudrais que les gens se tournent vers le travail pour se développer. Le développement est la résultante de l’effort, mais ce n’est pas une illusion. C’est un engagement et c’est ce que je fais. J’appelle les Béninois à travailler dur et nous allons nous développer.

Réalisée par Fidèle Nanga
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