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Visite de Doris Leuthard au Bénin :Aurélien Agbénonci a joué les premiers rôles (Patrice Talon réhabilite l’image du Bénin dans le monde)

En se faisant élire à la tête du Bénin, le président Patrice Talon a promis de réhabiliter l’image de son pays sur la scène internationale. Telle est sa vision depuis son arrivée au pouvoir en 2016. Il agit de manière à conférer au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération, son rôle d’acteur principal dans la mise en œuvre de la politique extérieure béninoise.

En sa qualité de chef du gouvernement, le président de la République est revenu à l’occasion de la formation de son gouvernement, à la dénomination première du ministère en charge des Affaires étrangères du Bénin des années 1960, qui couvre l’essentiel de ses attributions sans superflu encombrant, en y nommant un « ministre des Affaires étrangères et de la Coopération » qui recouvre ses attributs de gestionnaire des actions de coopération en relation avec les ministères sectoriels. Depuis, le rôle qu’il confère à ce ministère et à son locataire, ne cesse d’étonner plus d’un qui manifestent leur surprise, leur étonnement, au regard de la pratique diplomatique de ces dernières années, qui a cultivé mélange des genres et confusion, populisme outrancier aussi, dévoyant le contenu de la coutume diplomatique de ses valeurs communément admises. L’occasion de la visite officielle de la présidente de la Confédération Suisse a permis de découvrir réellement l’intention et la volonté du chef de l’Etat de faire jouer à son ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, son rôle de chef de la diplomatie béninoise, sous son œil de maître de la politique extérieure du Bénin. L’accueil de la présidente Suisse, délicatement assumé par le ministre Aurélien Agbenonci, et sa présence à ses côtés tout au long de son programme de séjour jusqu’au départ, est assurément la preuve que désormais la Rupture et le Nouveau Départ n’excluent aucun pan de l’action gouvernementale. L’autre changement remarquable de l’image positive de cette visite a été le déroulement de l’audience au palais de la présidence de la République, et la conférence de presse qui l’a sanctionnée, au regard du décor soigneusement traité suivant les consignes du président de la République qui, visiblement, accorde une place de choix à la qualité de l’environnement de travail et de vie. Il semble que le palais de la République est en train de refaire peau neuve, à l’image du nouveau standing de notre pays.

Finis les accueils populistes à l’aéroport

On comprend donc l’étonnement et les questionnements des Béninois, qui ont été habitués aux accueils populaires voire populistes à l’aéroport, accueils dont l’organisation donnait à manger et à boire à tout un monde et conduisait à la présence quasi permanente du chef de l’Etat aux côtés de ses hôtes. Mais il fallait bien une réforme là aussi pour permettre de savoir distinguer désormais dans notre pays, une visite de travail d’une visite officielle ou d’une visite d’Etat. D’ailleurs, tous les professionnels de la matière savent que la présidente de la Confédération Suisse a dû être agréablement surprise de ce niveau d’organisation, de la qualité de l’accueil à elle réservé, tant le zèle affiché souvent par les chefs d’Etat béninois est de nature à agacer aussi leurs hôtes non habitués à ces rituels purement africains. L’essentiel pour des pays comme le sien, réside dans le contenu et le suivi des conclusions. En élevant le débat à ce niveau, en montrant que son pays peut aussi faire les choses de façon civilisée, le président Patrice Talon et son ministre des Affaires étrangères contribuent à impulser une véritable doctrine à la diplomatie béninoise. Ils œuvrent pour le Bénin grand et digne, qui se veut un partenaire majeur sur la scène internationale, se faisant respecter et non plaindre. C’est cela aussi la Rupture et c’est tout à leur honneur. Désormais donc, il est clair que les choses se font et se feront davantage suivant les normes. Comme à l’interne on le voit de mieux en mieux, le président préside, le ministre administre, le directeur dirige, le chef de service sert… Le président de la République n’est plus partout et nulle part à la fois. A cette allure, s’il ne se laisse décourager par les incompréhensions, s’il tient ferme, le président Patrice Talon aura fait passer un cap au Bénin, en bien évidemment. Ce sera tout à son honneur.

Fred Mensah (Coll)

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