Absent à la rencontre du chef de l’Etat avec la délégation de la Cedeao :Yayi Boni évite Patrice Talon

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La rencontre annoncée entre le président Patrice Talon et son prédécesseur Yayi Boni hier mercredi 20 novembre 2019, au palais de La Marina n’a pu se tenir. Le chantre du Changement et de la Refondation a plutôt fait l’option de la politique de la chaise vide.

Le président d’honneur de la Force cauris pour un Bénin émergent n’a pas cru devoir participer à la rencontre qu’il aurait pourtant lui-même souhaitée avec la délégation de la Cedeao avec un émissaire du président nigérien. Rentré effectivement au pays avec la délégation chargée de l’introduire au cabinet du président Talon, Yayi Boni s’est extirpé du cortège. Selon les sources bien introduites, il a préféré s’adonner au populisme, son sport favori. Alors que le cortège partait de l’aéroport, il a fait arrêter sa voiture pour saluer quelques militants et ensuite, parti dans ses rencontres politiciennes personnelles. Faisant un faux bond à la délégation, il ne s’est pas présenté au Palais avec elle pour l’audience. Il a préféré se promener de maison en maison. Le président Talon a alors reçu en audience la délégation sans le principal demandeur de la rencontre. Une séance qui aurait pu apparaître comme le point d’orgue du dialogue amorcé sous l’impulsion de Patrice Talon. Ces assises qui se sont tenues du 10 au 12 octobre 2019, il faut le rappeler, ont connu la participation active du parti Fcbe dont Yayi Boni est président d’honneur. Après ces discussions, plusieurs recommandations consensuelles ont été formulées dont la mise en œuvre justifie la prise d’une loi d’amnistie dont bénéficie actuellement l’ancien président de la République, la révision de la Constitution, l’adoption du Code électoral, la modification de la Charte des partis et le vote de la loi portant financement public des partis politiques. Mais, craignant que la justice lui demande des comptes, Yayi Boni avait peur de rentrer. Pour le rassurer, le président Talon avait, au cours d’un entretien avec la presse internationale, le 8 novembre 2019, dit son vœu qu’il rentre au pays dès qu’il le voudra. Pour mémoire, il était parti du Bénin le 21 mai 2019 au petit matin, après que les barrières de sécurité à Cadjèhoun avaient été levées. Convoqué par le juge pour répondre des faits mis à sa charge par des personnes interpellées dans le cadre des événements d’avril, mai, il s’était refusé de recevoir le juge parti l’écouter à domicile, invoquant la maladie.

 

Yayi Boni rate une occasion en or

 

En se montrant disposé à recevoir l’ancien président, le chef de l’Etat, joint l’acte à la parole. Il démontre ainsi sa sincérité quand il disait que son vœu est que Yayi Boni rentre dès qu’il le voudrait. Il n’a donc rien fait pour l’en empêcher. Au contraire, il était disposé à le recevoir aussitôt rentré. Ce faisant, Patrice Talon montre à l’opinion et à l’ensemble du peuple béninois que la République est au-dessus de chacun de nous et que, pour le bien de la République, l’on peut faire abstraction de certaines considérations, tourner la page des querelles pour regarder l’avenir. Ce faisant, Patrice Talon établit sa bonne foi et démontre que la République passe avant toute chose et que l’intérêt du pays doit prévaloir sur toutes autres actions. Par cette attitude républicaine, Talon s’est positionné en véritable père de la Nation. D’ailleurs, le ministre porte-parole du gouvernement, Alain Orounla, dans son point de presse du Conseil des ministres d’hier mercredi 20 novembre 2019, a confirmé la disponibilité du président de la République à le recevoir à sa demande. Malheureusement, Yayi a raté cette occasion de tenir sa main tendue. Il se comporte ainsi en fossoyeur de la paix. La délégation qui l’a ramené, à sa demande, peut ainsi se rendre compte que c’est lui le problème. L’opinion doit aussi comprendre que si Patrice Talon, pourtant en position de force, fait des sacrifices au nom du pays, mais son vis-à-vis Yayi Boni se montre toujours dans la logique de l’affrontement. La communauté internationale même peut observer son comportement et en déduire qu’il est contre la décrispation et la paix.

 

Odi I. Aïtchédji

L’ancien président embarrasse la délégation de la Cedeao

L’ex-président de la République a remercié en monnaie de singe la classe politique béninoise et la délégation de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) qui l’a accompagné au Bénin. Annoncé hier, mercredi 20 novembre 2019 au Palais de La Marina pour tourner définitivement la page des Législatives d’avril 2019 qui ont plongé le pays dans une crise sans précédent, Yayi Boni a préféré s’adonner à son sport préféré : le bain de foule et les ballades dans les artères de Cotonou. C’est vrai que dame rumeur avait répandu la veille dans l’opinion que le chantre de la Refondation et du Changement n’allait pas répondre présent à l’audience qu’il a lui-même négociée. Mais nombre de Béninois se demandaient si l’ancien chef de l’Etat allait trahir la confiance des émissaires de la Cedeao et témoigner de manière tout aussi flagrante son ingratitude envers la classe politique. Le miracle n’a malheureusement pas eu lieu ! Le prédécesseur de Patrice Talon à la tête de la magistrature suprême pour qui, les leaders politiques, aussi bien de la mouvance que de l’opposition, se sont battus bec et ongles à travers l’organisation du dialogue politique puis le vote et la promulgation de la loi portant amnistie a brillé par son absence. En lieu et place de la rencontre bien planifiée à Niamey, Yayi Boni a opté pour son pitoyable show à l’aéroport et à sa résidence à Cadjèhoun. Cette décision unilatérale du président d’honneur de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) de ne pas accompagner la logique du dialogue politique jusqu’au bout, vient montrer ses intentions de ne pas voir le climat sociopolitique se décrisper pour laisser place au développement. En agissant comme il l’a fait, Yayi Boni passe un message  d’ingratitude aussi bien à la délégation de la Cedeao qu’à la classe politique béninoise qui ont certainement pris bonne note. La délégation de la Cedeao qui l’a conduit au Bénin pour faire la paix avec son successeur à La Marina a exprimé sa déception par rapport à son attitude indigne d’un homme de sa trempe. Elle a, en l’espace de quelques heures, remarqué que les 5 mois d’absence du territoire national de son protégé, ont été une source d’accalmie pour le pays. Les Béninois ont vaqué librement à leurs occupations dans le calme et la sérénité. Mais il a fallu le retour au bercail hier de l’ancien président pour que le pays connaisse une effervescence. Yayi Boni ne peut vouloir d’une chose et son contraire. Il doit oeuvrer pour la décrispation et le retour à la paix

 

Abbourhamane Touré

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