Adoptée en 1990:La démocratie béninoise passée à la loupe par des Béninois

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A l’instar de la communauté internationale, le Bénin a célébré le mardi 15 septembre 2020, la Journée internationale de la démocratie. Mais quel est l’état de la démocratie au Bénin et quels sont les défis à relever pour sa progression ? Une équipe de Océan Fm a recueilli les propos de quelques personnalités sur la question.

Depuis son adoption au Bénin, la démocratie va en crescendo. Comparativement à ce qui se passe dans la sous-région, le Bénin peut se réjouir des avancées de sa démocratie. Selon Abdoulaye Gounou, président du groupe parlementaire Bloc républicain à l’Assemblée nationale, la démocratie se porte bien. « Il n’y a pas de démocratie sans la légalité, la légalité constitutionnelle, la légalité législative et la légalité réglementaire. Moi, je dirai tout simplement que la démocratie béninoise se porte très bien. Elle a une santé excellente. D’autant plus que de 1990 à ce jour, c’est le pays où il y a eu l’alternance régulièrement. L’alternance politique au sommet de l’Etat sans violence. C’est le pays où il y a également de l’alternance institutionnelle, que ce soit au niveau de l’Assemblée nationale, de la Cour suprême, de l’Assemblée nationale, de la Haute cour de justice et des autres institutions. Partout où il y a l’alternance, elle s’est toujours faite dans la parfaite légalité. De ce point de vue, je peux dire que la démocratie béninoise se porte à merveille. (…)», a-t-il expliqué au micro de Océan Fm. En dehors de l’alternance et de la liberté d’opinion qui entre autres, caractérisent ce système de gouvernance, le respect et la mise en application des textes par chaque citoyen doivent être aussi une réalité dans les pays démocratique. Pour Joël Ataï Guèdègbé, expert en gouvernance, c’est du devoir des citoyens d’assurer la bonne santé de la démocratie. « C’est de l’attention des citoyens, c’est de leur vigilance, même quand ils ont fini d’élire un président de la République, des représentants à l’Assemblée nationale, des élus communaux, c’est de la vigilance des citoyens, des électeurs pour que les engagements pris soient respectés, pour que la règle de droit soit, pour que la Constitution soit la référence. Donc, c’est de notre exigence par rapport à cela que nous pouvons présumer que nous sommes en démocratie », a-t-il fait savoir. « C’est dans la mesure où chacun se soumet à la loi que nous pouvons estimer que nous éprouvons notre démocratie », a-t-il ajouté. Le Béninois a alors un grand rôle à jouer dans le maintien de cette démocratie en œuvrant pour le respect des textes. Une tâche quotidienne à laquelle s’attellent les citoyens. C’est le cas de Alexandre Gbévoéha. « Quand la démocratie dans son extension devient nuisible, il faut la recadrer. Donc, en ce qui concerne l’enracinement de la démocratie, ce que moi je fais personnellement, je m’évertue chaque fois à faire savoir à toutes les personnes en face desquelles je me retrouve, que nous sommes effectivement encore en démocratie et que tout est question de réajustement, d’adaptation par rapport à notre situation. Nous n’allons quand même pas continuer à vivre ce qui se vivait depuis 1960. Il faut évoluer et pour évoluer, il faut faire ce qui doit être fait », a-t-il confié. Bonaventure Houénou quant à lui, essaie de se conformer aux lois car selon lui, « si tous nous pouvons essayer de respecter ces lois, il n’y aura jamais de problèmes. Nous n’allons jamais critiquer le gouvernement en place en le trouvant défaillant », a-t-il argumenté.

 Des antagonismes légitimes en démocratie

 Certaines lois votées à l’Assemblée nationale par la 8ème législature sont objets de débats. Abdoulaye Gounou explique cela par le fait tous les textes ne peuvent en aucun cas faire l’unanimité au sein de l’opinion. « Aucun Code électoral, même en France n’est affranchi de critiques (…) Il n’y a pas un droit sans restrictions. Le parrainage existe partout, en France, ce n’est pas une invention du Bénin, il existe au Sénégal. Mais tout dépend du niveau de parrainage. Le Bénin a choisi un niveau intermédiaire où on pense que le passé des parrains est constitué des personnes responsables qui savent de quoi ils parlent, qui peuvent lire un projet de société », a-t-il expliqué en prenant exemple sur la question du parrainage. En matière des défis, Laurent de-Laure Faton, membre du bureau exécutif national de la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) pense que le Bénin doit préserver les acquis et surtout penser à la formation des acteurs politiques. « Il est question que désormais nous soyons beaucoup plus formés à la culture démocratique. Il me semble que les acteurs politiques aujourd’hui n’ont plus la culture démocratique qu’il faut. Je souhaite vivement que cette culture démocratique rentre dans nos valeurs, dans nos habitudes et que la jeunesse qui veut faire de la politique, on la forme davantage aux valeurs démocratiques », a-t-il souhaité. Il est donc nécessaire que les Béninois contribuent au maintien et à la progression de la démocratie béninoise.

 

Source : Océan Fm

 

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