Afrique de l’Ouest:L’Uemoa et le Coraf revitalisent les secteurs du coton, du maïs et de l’élevage

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Les secteurs coton, maïs et élevage sont dorénavant plus compétitifs en Afrique  de l’ouest. L’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) et le Conseil ouest et Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf) ont, grâce à une convention, financé et mis en œuvre un programme de trois projets de recherche collaborative de cinq ans. A terme, un rapport qui met en évidence les impacts sur les moyens de subsistance de milliers de citoyens des pays membres de l’espace communautaire a été rendu public hier mercredi 22 juillet 2020 au cours d’une conférence de presse en ligne.

1,5 milliard de FCfa. C’est la bagatelle somme déboursée par l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) pour financer une convention de programmes de recherche agricole mis en œuvre par le Centre africain pour la recherche et le développement agricoles (Coraf). Au terme de ladite convention qui a duré 5 ans, les deux institutions ont lancé mercredi 22 juillet 2020 par visioconférence, un rapport qui met en lumière les impacts de leurs interventions sur les moyens de subsistance des populations des pays membres de l’Union. Selon ledit rapport, les secteurs ouest-africains du coton, du maïs, de l’élevage, de l’aquaculture et de la volaille sont désormais plus compétitifs et offrent aux petits exploitants agricoles des revenus plus élevés aujourd’hui qu’il y a quelques années. Intervenant depuis Ouagadougou, le commissaire de l’Uemoa en charge de l’agriculture, des ressources en eau et de l’environnement, Jonas Gbian, a présenté la situation agricole au sein de l’espace communautaire. A en croire l’ancien ministre de l’Economie et des finances du Bénin, le secteur agricole contribue pour une part importante à l’augmentation du Pib et emploie près de 60 à 80% de la population active selon les Etats de l’Uemoa. Malgré cette position stratégique de l’agriculture, la production agricole se caractérise par une faible productivité, une prévalence de la malnutrition, une pauvreté rurale ainsi qu’une insécurité alimentaire récurrente. Face à cette situation, l’accroissement des productions agricoles est devenu un axe majeur pour la réalisation de la sécurité alimentaire. Raison pour laquelle, la Commission de l’Uemoa a financé la convention de recherche agricole de l’espace communautaire. Signée le 17 septembre 2014, ladite convention est financée sous forme de subvention. Elle a permis d’une part, d’améliorer la compétitivité de 5 filières prioritaires à savoir le riz, le maïs, le coton, le bétail, la viande et l’agriculture et d’autre part, de prendre en considération les contraintes liées à l’amélioration de la compétitivité de la filière aquacole, de générer des technologies au profit des cultivateurs et de renforcer les capacités des institutions de recherche en les dotant de laboratoires et de consommables. Dans la même veine, 15 plateformes d’innovation (lieux d’échange, d’apprentissage, de partage et d’adoption informels de technologies et de meilleures pratiques agricoles entre les principaux acteurs de la chaîne alimentaire d’une communauté donnée) ont été créées et fonctionnent dans les huit pays de l’Uemoa. Environ 5 500 personnes ont interagi sur ces plateformes, ce qui représente 27 % des femmes. Toujours pour atteindre les résultats escomptés, le capital humain a été renforcé à travers la préparation de la future génération de scientifiques en Afrique de l’Ouest. Ainsi, 25 étudiants dont 36% sont des femmes, ont obtenu des diplômes de master et de doctorat. En somme, l’économie alimentaire des pays membres de l’Union est actuellement estimée à 43 milliards de dollars Us, ce qui représente près de 30 % du Produit intérieur brut. Cela fait du système alimentaire un pilier majeur des huit économies de l’Uemoa. Tous ces résultats acquis sont consignés dans le rapport qui a fait objet de lancement hier. Au regard de ces performances, le commissaire Jonas Gbian a félicité les parties prenantes et les acteurs qui ont contribué à la mise en œuvre de la convention. Il les a invités  à s’approprier et à mettre à l’échelle les acquis obtenus durant les cinq de travail.

 

L’invite du Coraf

 

Pour le directeur exécutif du Coraf, Abdou Tenkouano, représentant la présidente du Conseil d’administration, « l’investissement de la Commission de l’Uemoa a considérablement renforcé la résilience et les moyens de subsistance des bénéficiaires dans la communauté ». Au nom de la présidente du Conseil d’administration, le a remercié les cadres de l’Uemoa et du Coraf pour leur collaboration visant à augmenter et à améliorer les capacités d’assistance technique des agriculteurs et éleveurs et leurs conditions socio-économiques. Il a surtout encouragé le tandem Uemoa-Coraf à poursuivre ce partenariat en collaboration avec les différents partenaires stratégiques notamment la Banque mondiale, le Fida, l’Union européenne, la Banque africaine de développement…pour le bonheur des populations des pays membres de l’Uemoa. « Je ne saurai terminer sans remercier la commission de l’Uemoa pour avoir fait du Coraf, le bras technique et d’avoir fourni les ressources pour la réalisation des résultats qui font objet de la présente conférence de presse », a-t-il déclaré. Pour rappel, 8546 ménages ont bénéficié directement des programmes exécutés dans le cadre de la convention, dont 23% sont des femmes.

 

Serge Adanlao

 

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