Agapit Maforikan à propos de l’expulsion de l’ambassadeur Oliver Nette:« Entre le Bénin et l’Ue, il n’y a pas de crise »

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La fin de la mission du chef de la délégation de l’Union européenne (Ue) demandée par le gouvernement béninois était au cœur de l’émission « L’e-décryptage » de la chaîne E-Télé hier dimanche 1er décembre 2019. L’invité, le consultant politique Agapit Napoléon Maforikan ne voit pas, à travers le retrait de l’agrément de l’ambassadeur Oliver Nette, une crise entre le Bénin et l’Union européenne. 

Il y a certes un peu de tension entre le Bénin et l’Union européenne, mais on ne saurait parler de crise. Tel est l’avis de l’expert en communication et gouvernance politique Agapit Napoléon Maforikan sur l’expulsion du chef de la délégation de l’Union européenne, Oliver Nette du Bénin. Il l’a exprimé sur l’émission hebdomadaire de décryptage de l’actualité de E-Télé. Selon Agapit Napoléon Maforikan, il y a un dysfonctionnement dans les relations entre le Bénin et l’Ue au regard de ce qui est reproché à l’ambassadeur allemand, mais cela n’est pas synonyme de blocage des relations diplomatiques. Pour rappel, il est reproché à l’ex-représentant de l’Union européenne au Bénin, des comportements anti diplomatiques, notamment l’ingérence dans les affaires internes du Bénin. Une telle situation n’est pas nouvelle dans le landerneau diplomatique. « Ce sont des choses qui sont prévues lorsqu’un Etat pense qu’un diplomate a un comportement qui est en désharmonie avec son pays de résidence », a rappelé l’invité. Pour lui, la Convention de Vienne qui codifie les traités et les relations internationales juridiques entre les Etats prévoit ce qu’il y a lieu de faire en de pareilles situations. En guise d’exemple, il a évoqué la convocation récemment de  l’ambassadeur du Nigéria au Bénin par le ministre des Affaires étrangères béninois, Aurélien Agbénonci, pour le recadrer au lendemain de l’incursion faite par des douaniers nigérians. Dans le cas de l’expulsion du chef de la délégation de l’Union européenne, l’invité soutient que l’acte a été posé par l’Exécutif soit pour désapprouver le comportement du diplomate allemand ou pour chercher à comprendre ce qui s’est réellement passé. A la question de savoir si le Bénin est à la taille de l’acte posé et peut assumer son courage, Agapit Napoléon Maforikan a soutenu qu’il y a 10, 20 voire 30 ans, le Bénin n’aurait peut-être pas pu prendre une telle décision. Toutefois, il a rappelé qu’un acte similaire a été posé en 2013 par le régime Yayi. En effet, l’ambassadeur de France au Bénin entre 2011 et 2013, Jean-Monchau, a été aussi déclaré persona non grata par le gouvernement d’alors dans une affaire de présence de terroristes sur le sol béninois. La décision avait été prise suite à l’actualisation de la fiche du Bénin le 22 février 2013 au Ministère français des affaires étrangères. Ladite fiche avait déconseillé formellement à tous les Français de se rendre dans les zones frontalières du Niger et du Nigéria. L’autre sujet débattu au cours de l’émission concerne l’anniversaire de la proclamation de la République du Bénin. Le 4 décembre 2019, cela fera exactement 61 ans. Pour l’expert en management électoral, c’est plus de 60 ans d’épreuves que le Bénin a traversé. Il pense que la Constitution du 11 décembre 1990 doit être analysée dans sa pratique réelle et son apport au développement pour un avenir radieux du pays. « Nous avions des choix à faire en 1990 mais que nous n’avons pas eu le courage de faire et qui nous ont conduit dans des situations dont certains se plaignent aujourd’hui », a noté le consultant politique. Il a salué la détermination de l’actuel chef de l’Etat à travers ses réformes qui visent à corriger un tant soit peu certaines de ces situations.

 

Serge Adanlao

 

 

 

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