Agapit Napoléon Maforikan sur la polémique relative aux « filaos »:« Le président Kérékou ne s’accrochait pas au bien matériel »

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L’émission dominicale de la télévision E-Télé, « L’e-décryptage » a reçu le 10 novembre 2019, le consultant politique Agapit Napoléon Maforikan. Plusieurs sujets d’actualité ont été abordés notamment la libération de la résidence « Les filaos » de l’ancien président de la République, Mathieu Kérékou.

Le président Mathieu Kérékou ne s’accrochait pas au bien matériel ; c’est l’essentiel à retenir de l’intervention du consultant politique Agapit Napoléon Maforikan hier sur la télévision E-Télé. Invité de l’émission « L’e-décryptage », il a rafraichi la mémoire à ceux qui polémiquent sur la décision du gouvernement Talon de faire libérer la résidence « Les filaos ». La requête ne date pas de l’ère Patrice Talon. Du vivant du Général Kérékou et plus précisément en 1996, renseigne l’invité du journaliste Latifou Boni, le président Nicéphore Soglo avait tenté de le déloger pour « occupation illégale d’un domaine de l’Etat ». Pour y parvenir, informe-t-il, le président-maire lui avait coupé le téléphone, l’eau et l’électricité. Mais puisque Mathieu Kérékou a reconquis le fauteuil présidentiel à la faveur de l’élection de 2001, le dossier n’a plus jamais été abordé. « Le président Mathieu Kérékou avait fait 10 ans au pouvoir. Il avait plein-pouvoir de s’auto-octroyer le domaine. Mais pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? », s’est interrogé Agapit Napoléon Maforikan pour justifier le fait que l’ancien homme fort du Dahomey n’était pas accroché au bien matériel comme tente de le faire croire certains de ses proches. Par la suite, l’invité a confondu ceux qui avancent comme argument, que le domaine abritant la résidence a été acquis par le président Mathieu Kérékou avant sa mort. « Quand on a payé, il y a une preuve. Quelle est la preuve que le domaine a été payé ? », s’est exclamé l’ancien rapporteur de l’Autorité nationale de lutte contre la corruption (Anlc). Tout en soulignant l’indécence du débat qui se mène autour du dossier, l’invité a montré que Mathieu Kérékou est un patrimoine national qu’on ne saurait salir de cette façon. Il poursuit son développement en clarifiant que c’est la raison pour laquelle, le président Patrice Talon qui incarne aujourd’hui Mathieu Kérékou a décidé d’honorer la mémoire de ce dernier en transformant la résidence en jardin public qui portera le nom de l’illustre défunt et d’ériger sur le même domaine le monument aux morts. Dans le même ordre d’idées, M. Maforikan a déploré le fait que la polémique vienne des proches de la famille de Mathieu Kérékou. « Ce débat n’aurait pas été fait du vivant de Mathieu Kérékou lui-même. Je ne le vois pas en train de se mettre sur la place publique pour revendiquer un domaine qu’il aurait payé. Cela me fait très mal que la polémique vienne des gens aussi proches de lui », a regretté l’ancien Conseiller à la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac).

 

Le gouvernement a raison      

   

Les intentions du pouvoir en place sont sans ambages. Le domaine servira à la réalisation d’un projet capital pour le Bénin. Dès lors qu’il n’y a pas un document qui prouve que le domaine appartient au Général Mathieu Kérékou, Agapit Napoléon Maforikan pense que le gouvernement a eu raison de demander sa libération. Toutefois, il a fait remarquer que même si le terrain avait été acquis, l’Etat peut décider, pour raison d’utilité publique, d’exproprier les occupants actuels. « Le gouvernement a très bien pensé, il faut qu’on avance », a souhaité l’invité.

 

Serge Adanlao

 

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