Alain Orounla sur la réconciliation entre Talon et Yayi:« Il s’agit d’une mesure d’apaisement, sincère et crédible »

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La main tendue du président Patrice Talon à son prédécesseur Yayi Boni en vue d’une réconciliation est une mesure d’apaisement, sincère et crédible qu’il faut saluer. C’est ce que pense le ministre de la Communication et de la poste, porte-parole du gouvernement, Alain Orounla. Il l’a exprimé lundi 16 novembre 2020 sur une radio de la place.

La mission de réconciliation entre Patrice Talon et Yayi Boni confiée aux sages et notables de Parakou par l’actuel chef de l’Etat est une mesure d’apaisement, sincère et crédible et salutaire. Opinant sur la crédibilité à donner à la main tendue du président Talon, le ministre de la Communication et de la poste a laissé entendre que ce n’est pas la première fois que le président Patrice Talon tente de se rapprocher de son ancien ami pour fumer le calumet de la paix. « Le président Patrice Talon a déjà tenté de parler au président Yayi Boni. Vous vous souvenez de ce fameux coup de téléphone auquel beaucoup n’ont pas cru. C’était le dialogue direct. Mais, il eût une occasion manquée lorsque le président Yayi Boni a été accompagné par l’un des anciens présidents du Nigeria qui était chef d’une délégation mandatée par le président Issifou Mamadou du Niger et le président Buhari du Nigeria ; occasion manquée puisque le président Yayi ne s’est pas présenté de sorte qu’on n’a pas d’autres choix que d’avoir recours à des intermédiaires, des sages dont on espère qu’ils pourraient avoir une influence bienveillante sur le président Yayi Boni afin de l’amener à accepter la main que lui tend son successeur et son jeune frère qui lui concède toujours leur amitié, leur estime et leur fraternité. Je pense que c’est une démarche sincère qui est en dehors de tout agenda, de tout calendrier, vu que sur le fondement de notre Constitution actuelle, le président Yayi Boni ne peut être candidat. Il ne peut être donc en rien, rival du président Patrice Talon », a-t-il expliqué. Il est à rappeler que le souhait du président Patrice Talon de se réconcilier avec Yayi Boni a été annoncé à Parakou, Commune dans laquelle Patrice Talon a bouclé la première journée de sa tournée nationale le jeudi 12 novembre 2020. A cette occasion, les sages et notables de la Cité des Kobourou ont été mandatés à l’effet d’assurer la médiation pour la réconciliation avec son aîné Yayi Boni. « Des amis et des frères, il arrive qu’ils se fâchent et se disputent. Mais ce qui est souhaitable, est que la réconciliation intervienne après. Le président Yayi Boni et moi, nous étions comme des amis inséparables. Je voudrais vous confier cette mission pour qu’on nous revoie ensemble ici à Parakou ou chez lui à Tchaourou », avait déclaré le président Talon.

Léonce Adjévi

 

 

Alassani Tigri, du camp Yayi entretient la confusion

Quelques jours après la sollicitation de l’implication des sages et notables de Parakou pour réconcilier Patrice Talon et son prédécesseur, l’ancien ministre Alassani Tigri, un proche collaborateur de l’ex-chef de l’Etat entretient la confusion. Réagissant à la déclaration du président Patrice Talon sur une radio de la place, l’ancien secrétaire général du gouvernement, estime que cette demande devrait davantage être formalisée. « Si le président Patrice Talon veut se réconcilier avec le président Yayi Boni, il devrait formaliser cela. Il a tout juste demandé aux sages de lui transmettre son souhait. Je pense que cela devrait être formalisé davantage », a confié Alassani Tigri.  Pour l’ancien fonctionnaire international, « se parler est une bonne chose, mais la situation actuelle dépasse une simple réconciliation entre le président Talon et le président Yayi ». Il suggère que « l’ouverture soit faite, qu’il y ait un dialogue national afin que les questions cruciales qui se posent soient discutées sans tabous ». En parlant de dialogue national alors qu’il s’agit d’un différend entre des amis d’hier, l’ancien patron du secrétariat général du gouvernement mélange torchon et serviette. Patrice Talon et Yayi Boni trouveront sans doute la formule pour fumer le calumet de la paix. Mais en aucun cas cela ne passer par un dialogue national comme le conseille Alassani Tigri.

 

Abdourhamane Touré

 

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