Ambition politique  de  Maixent Accrombessi:Instrumentalisation par la rumeur

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L’intronisation à la Cour Royale d’Abomey de Maixent Accrombessi en qualité de Dah, Chef de la collectivité Houndji-Hountondji fait l’objet aujourd’hui d’une exploitation honteuse par une  frange de la presse et de ses adversaires politiques…

En effet depuis plusieurs jours une partie de la presse d’Etat occidentale, suivi docilement par une cohorte de journalistes africains affidés, propage à longueur de colonne, une nouvelle élucubration farfelue prêtant à Maixent Accrombessi des prétendues ambitions politiques au Bénin. Ces affabulateurs agissent soit par,  1) Ignorance crasse de nos réalités socio-culturelles en faisant un rapprochement stupide entre le statut de Dah, qui procède de notre histoire socio-culturelle et d’éventuelles ambitions politiques, 2) Méconnaissance abyssale du système politique béninois dont la lecture sommaire des nouvelles règles en vigueur permettrait aisément de conclure qu’une candidature d’Accrombessi a un poste électif au Bénin est aujourd’hui invraisemblable. 3) Cynisme politique dans une logique fétide qui consiste à calomnier sans relâche dans l’unique but de corrompre les esprits et rendre crédible une fable totalement inventée.

Accrombessi accède à un statut social et non à une fonction politique

Abomey est la capitale de ce royaume vieux de quatre (4) siècles, autrefois connu sous le nom de royaume du Dahomey (ancien nom du Bénin) …
Ses rois, dont l’autorité justement redoutée ne s’employait pas uniquement, quoi qu’on pense, à un arbitraire brutal, avaient su, bien avant la colonisation française, donner à l’ancien royaume du Dahomey qui s’étendait sur plus de 200 kilomètres une administration fortement hiérarchisée, une armée permanente et des embryons de services douanier et judiciaire.  En effet, sous le commandement des douze (12) rois qui se succédèrent de 1625 à 1900, ce royaume s’affirma comme un des plus puissants de la côte occidentale de l’Afrique. Les palais d’Abomey témoins matériels de la grandeur passée du royaume du Dahomey sont inscrits depuis 1985 sur la liste du Patrimoine en péril de l’Unesco.  A Abomey, chaque collectivité de lignage royale possède à sa tête un Dah dont la charge se transmet de père en fils. Le Dah est le chef dépositaire des secrets des hommes et l’intermédiaire entre Dieu, les ancêtres et les vivants. Il joue pour chacun des membres de sa communauté, un rôle de « père » culturel, religieux, et spirituel et incarne les volontés des ancêtres. A ce titre il hérite d’un respect inégalé dans le royaume et est astreint
En devenant Dah, Maixent Accrombessi ne s’installe nullement sur une rampe de lancement politique au Bénin mais s’inscrit juste dans la filiation de ses aïeuls et de son père avant lui. Il ne s’agit pas d’une négation de son parcours personnel dont une partie de l’ancrage se situe à l’extérieur du Bénin notamment au Gabon (sa 2ème patrie de coeur), mais plutôt d’un accomplissement, d’une convergence entre le sillon qu’il a tracé au cours de ces 20 dernières années et le chemin auquel le prédestinait les astres.

Le code électoral béninois décrédibilise la rumeur de Rfi sur Accrombessi

Selon divers médias au 1er rang desquels l’institution française Rfi, Accrombessi a décidé de s’engager dans la vie politique au Bénin en sollicitant les suffrages des béninois pour les élections législatives à Abomey ou à Ouidah…  Cette information est non seulement fausse, infondée mais surtout totalement absurde pour quiconque s’intéresse (même de loin) à la vie politique béninoise.  En effet la loi électorale récemment adopté par les législateurs béninois impose désormais aux candidats aux législatives d’être issus d’un parti représenté au niveau national or Accrombessi qui ne s’est jamais impliqué dans la vie publique béninoise au cours de ces 20 dernières années, n’est à ma connaissance, membre d’aucun parti ni d’aucune coalition.  Son engagement actuel aux côtés du Président gabonais et (désormais) son statut de Dah rendent d’autant plus improbable cette incroyable rumeur qui le voyait faire campagne au Bénin.  Il y’a fort à parier qu’au regard de sa fonction et de son statut, Accrombessi continuera à s’astreindre cette double exigence de non-implication dans la vie politique locale et de neutralité dans l’expression publique de ses opinions politiques.  La rumeur sur l’entrée d’Accrombessi dans l’arène politique béninoise a été colportée par Rfi au prix d’un manquement flagrant aux règles de base du journalisme quant à la vérification de ses sources. De quoi donner raisons à certains observateurs qui affirment que Rfi a cessé d’être un média d’information sur l’Afrique mais plutôt un média d’intoxication des africains au service d’intérêts économiques et diplomatiques partisans.

Jean-Paul Mahugnon

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