Amélioration des performances de l’école béninoise :L’Anapes, le plan de sauvetage 

0
1761
Le gouvernement poursuit les réformes pour la performance du système éducatif béninois. Il a approuvé en Conseil des ministres hier mercredi 15 avril 2020, la création de l’Agence nationale pour les prestations aux établissements scolaires publics (Anapes).
Le gouvernement met en place le plan de sauvetage des établissements scolaires publics. Il a approuvé en Conseil des ministres la création de l’Agence nationale pour les prestations aux établissements scolaires publics (Anapes). Cela, dans le but de corriger les nombreux dysfonctionnements et déséquilibres entre le public et le privé et accélérer l’amélioration des performances du système éducatif béninois. C’est dans ce cadre que le nouveau dispositif a été conçu. Il concerne les modes de recrutement et de gestion des établissements scolaires (primaire et secondaire général) ainsi que des ressources humaines chargées de les animer. Ce dispositif consiste, en ce qui concerne les ressources humaines, à confier la sélection, la mise à disposition et la gestion d’une partie du personnel enseignant non agent de l’Etat, à des agences de placement. En ce qui concerne les établissements scolaires, certains d’entre eux passeront, à titre expérimental, sous la responsabilité de gestionnaires privés avec la particularité que ces établissements et leurs infrastructures demeurent la propriété de l’Etat, que les frais d’inscription restent identiques à ceux des autres établissements publics.
La coordination de ce dispositif sera assurée par l’Anapes qui sera sous la tutelle de la présidence de la République.
Le rééquilibrage du gouvernement
Le gouvernement a eu recours à la solution Anapes du fait des différences remarquables de performances entre les établissements du public et ceux du privé, issues de l’état des lieux du secteur éducatif. En effet, ces écarts remarquables sont relatifs aux taux de redoublement ou de réussite aux différents examens en faveur du privé. Ce constat se justifie notamment par la situation géographique des établissements privés, la possibilité pour leurs élèves d’avoir un accès facile à la culture et au savoir, mais aussi et surtout une rigueur dans la sélection des enseignants et un meilleur encadrement de ceux-ci par les membres de l’administration scolaire des écoles, avec plus d’obligation de résultats. Contrairement à cela, le constat est que dans le public, en dehors des enseignants agents de l’Etat, l’utilisation des enseignants vacataires et communautaires n’a pas souvent été faite avec la rigueur requise. Ce qui explique en partie les contre-performances enregistrées. L’insuffisance liée aux ressources humaines est caractérisée par l’absence d’un processus de recrutement formel, doublée de celle d’un profil clairement défini pour le métier ou encore de formation des vacataires / communautaires, l’absence de prise en charge sociale de ces catégories d’agents qui implique une certaine précarité, le manque de suivi réel de ces catégories d’enseignants, (aucun texte ne régissant leur emploi). La situation étant préoccupante, il était nécessaire de corriger le tir. D’où la création de l’Anapes. Ce dispositif prendra appui sur l’état des lieux, le diagnostic posé pour corriger les insuffisances notées. L’opinion publique voit ainsi poindre à l’horizon l’un des aboutissements de l’appel à manifestation d’intérêts pour les cabinets d’intérim. Le dispositif s’occupera d’une part de la mise à disposition de ressources humaines qualifiées et compétentes avec le suivi requis, et d’autre part de la mise en gestion privée de certains établissements scolaires à titre expérimental. L’objectif poursuivi est de favoriser, par ce mécanisme, l’implémentation des bonnes pratiques qui font la réputation des écoles privées et d’en favoriser le bénéfice aux apprenants du public sur toute l’étendue du territoire national, sans considération de leur localisation géographique. Cette solution est le couronnement d’un processus qui doit consolider les réformes entreprises dans le secteur de l’éducation depuis 4 ans. L’Etat étant garant de l’éducation, tient encore les rênes du secteur. Ces mesures ne constituent en rien une privatisation de l’éducation nationale, car les écoles et leurs infrastructures restent la propriété de l’Etat, les frais de scolarité restent ceux appliqués dans les autres écoles publiques. Ce n’est non plus, comme certains esprits mal intentionnés pourraient le faire croire, une précarisation des acteurs, notamment les vacataires ou les aspirants. Il  est donc question d’améliorer durablement le sort des vacataires à travers de contrats réguliers et, surtout, de leur garantir la sécurité sociale par le biais des agences qui les emploieront. Il s’agit de faire valoir et expérimenter des recettes qui ont fait leurs preuves ailleurs. Tout cela doit concourir à remédier aux maux évoqués et renforcer les performances du système éducatif national. Toutes choses qui devraient réjouir tout parent d’élève.
Abdourhamane Touré

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here