Animation de la vie politique:Les partis chaussent les crampons pour les communales

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Depuis la tenue du dialogue politique du 10 au 12 octobre 2019, les choses ne sont plus pareilles en politique. L’atmosphère morne qui a régné depuis avril et mai a laissé place à l’activisme au sein des partis politiques. Les langues se délient de plus en plus, la vie politique retrouve sa vitalité. Surtout que l’on voit poindre à l’horizon les élections communales et locales.

Ça s’anime de plus en plus. Les acteurs politiques semblent sortir un peu de leur silence assez pesant noté il y a quelques mois pour reprendre un peu d’allant sur la scène politique. Dans l’ensemble, la vie politique reprend tout doucement. Les acteurs politiques ont quelque peu lâché du lest surtout au lendemain de ce dialogue politique qui a quelque peu décrispé le climat politique. Mouvance comme Opposition parlent de plus en plus. Ceux qui peuvent signer leur comeback politique s’apprêtent pour les duels des prochaines élections. Ceux qui sont nés à peine comme le parti Moele-Bénin donne de la voix pour affermir le leadership des responsables. En effet, les élections communales et locales de 2020 seront particulières à double titre. Le premier niveau de challenge est le contexte politique qui a caractérisé les élections législatives. Le second et justement le plus déterminant est qu’elles se tiennent à quelques mois de la présidentielle. On réalise, au regard du paysage politique que ceux qui devront se battre véritablement sur le terrain, ce sont les partis de l’opposition. Ces partis qui ne sont pas déjà représentés à l’Assemblée nationale devront cravacher pour avoir le plus d’élus communaux et locaux. Egalement, ils se doivent de beaucoup travailler car ils ont besoin de ces leaders communaux pour réussir le parrainage dans le cadre de l’élection présidentielle de 2021. Le défi est donc grand et double. De ces élections dépendra sans doute, le sort de l’élection présidentielle, car le camp qui aura le plus de leaders élus aura un avantage psychologique sur l’autre au regard du critère de parrainage qui sera en jeu.

 

 

Quid de l’opposition?

 

La question qu’il convient de se poser est de savoir si cette opposition a vraiment les moyens de sa politique. Peut-elle véritablement avoir plus d’élus que les partis de la majorité présidentielle ? La question est d’intérêt, et il serait erroné de sous-estimer un parti ou un camp en politique.  En effet, l’environnement politique de l’opposition est marqué par un flou pesant qui rend impossible une réelle lisibilité des positions des acteurs en présence. A cela, il faut ajouter le statut de certaines formations politiques de l’opposition qui n’est toujours pas clarifié. Ainsi donc, on retrouve d’un côté l’aile dure composée de l’Union sociale libérale (Usl) et de Restaurer l’espoir qui sont toujours sans récépissé provisoire, donc incertains jusqu’à présent pour les élections qui arrivent. De l’autre, on a la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui, malgré leurs remous internes ont pu avoir leur récépissé et qui peuvent, si elles s’organisent bien, peser véritablement dans le débat. On a ensuite un parti qui n’arrive toujours pas à clarifier sa position et qui se fait de plus en plus silencieux sur le paysage politique bien qu’il ait décroché son récépissé définitif. Il s’agit de la Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) de Valentin A. Houdé. Enfin, il y a le parti Force cauris pour le développement du Bénin (Fcdb) qui est un jeune parti qui se réclame de l’opposition, mais qui a la particularité d’évoluer en solitaire. On n’a jamais vu les leaders de ce parti effectuer une sortie avec les acteurs de l’aile dure de l’opposition et non plus avec ceux de la mouvance. On attend, sans doute, les grandes occasions électorales pour apprécier, au regard des rapprochements, la vraie position de ce parti et son poids sur l’échiquier politique. Surtout que son Président a déjà annoncé les couleurs pour les élections de 2020.

 

Le Br et l’Up peuvent-ils maintenir leur suprématie ?

 

Il est certain que mieux qu’hier le jeu sera plus ouvert. Avec le niveau de consensus de la classe politique, on sent que les élections communales et locales  seront âprement disputées sur le terrain. Rien ne sera donc comme avant et les acteurs des deux partis de la mouvance se doivent désormais de se battre véritablement. Dans un contexte pareil et avec le désir des acteurs politiques de l’opposition de faire douter leurs partenaires d’en face, il est permis de s’attendre à un beau duel politique. Surtout qu’au niveau de la majorité, il y a, en plus de cette guerre froide entre les deux grands partis (marquée par les entrées et les sorties), l’existence des partis comme Moele-Bénin et l’Udbn qui chercheront aussi à grappiller des élus dans le camp de la majorité pour avoir des élus. A cette allure, il ne serait pas exagéré de dire que les choses ont changé et que la suprématie des élections législatives risque d’être fortement ébranlée si les deux partis de la majorité ne travaillent pas à s’organiser véritablement. Les choses risquent d’être davantage compliquées pour eux  si les deux partis de l’aile dure de l’opposition que sont Restaurer l’espoir et l’Usl arrivaient à avoir leurs récépissés et si les autres partis qui se réclament de l’opposition arrivent à rester dans une dynamique commune pour faire douter les deux grands partis de la majorité. On en est encore bien loin, mais on est tout aussi proche. 

HA

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