Animation de la vie politique:L’opposition sort de sa léthargie

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La Présidentielle de 2021 aiguise les appétits politiques aussi bien dans le rang de la mouvance présidentielle que de l’opposition. S’agissant de cette dernière qui a complètement déserté le champ politique excepté la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), un regain d’activisme s’observe depuis peu avec le parti « Les Démocrates » en gestation et « La Résistance nationale » dont le porte-flambeau est désormais le président de Restaurer l’espoir (Re), Candide Azannaï.

Le landerneau politique béninois orphelin des activités de la l’opposition commence à bouger à 8 mois de la Présidentielle de 2021. Hormis la Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) dont l’existence comme parti de l’opposition n’est pas encore établie, d’autres formations politiques se réclamant de l’opposition commencent à sortir de leur torpeur. C’est le cas du parti « Les Démocrates » qui accomplit en ce moment les formalités de son existence légale au Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique. Composée pour la plupart d’anciens leaders des Fcbe et de l’ex-président Yayi Boni, cette formation politique en gestation se met déjà en ordre de bataille dans la perspective des prochaines joutes électorales. Son président, l’ancien député Eric Houndété, a dans une interview accordée récemment à un média international donné le signal. « Nous avons choisi de créer ce parti parce qu’il n’y avait plus véritablement d’organisation politique forte, capable de jouer le rôle de l’opposition », a déclaré l’ancien Premier-président de l’Assemblée nationale. Dès l’obtention du document attestant sa reconnaissance officielle, le parti entend affronter le gouvernement en place. Quoi de plus normal ! Mais le Bénin étant un pays démocratique, il va falloir aussi se conformer d’abord aux dispositions de la loi portant Charte des partis politiques, puis de celle portant Statut de l’opposition. L’article 6 de la loi 2019-45 portant Statut de l’opposition énonce clairement les conditions à remplir pour appartenir à l’opposition. En effet, l’alinéa 1 de cet article stipule que tout parti politique désireux d’appartenir à l’opposition doit être avant tout un parti politique régulièrement enregistré. « Les Démocrates » n’étant pas enregistré, Eric Houndété et les siens n’ont pas droit au chapitre pour une quelconque initiative politique au nom de l’opposition. Au cas où le récépissé de reconnaissance officielle serait délivré au parti, il faudra satisfaire aux exigences du deuxième alinéa de l’article 6 du Statut de l’opposition qui fait obligation à toute formation politique voulant arborer les couleurs de l’opposition, d’effectuer une déclaration officielle et publique de son appartenance à l’opposition et de la faire enregistrer au Ministère de l’intérieur qui assure la transmission au Journal officiel pour publication dans un délai ne pouvant excédé deux mois. Ne pas respecter ses dispositions de la loi et prendre d’assaut les médias pour quelque dénonciation que ce soit, est une violation flagrante des lois de la République. Le Bénin étant un pays de droit, force doit rester à la loi.

 

« La Résistance nationale » joue sa survie

 

A l’instar du parti « Les Démocrates », la coquille vide dénommée « La Résistance nationale » s’active aussi. Après une période de silence, le regroupement était au devant de la scène le week-end écoulé. Sous la houlette du président du parti Restaurer l’espoir (Re), un atelier dit de renforcement de capacités des membres sur l’orientation organisationnelle et stratégique a été organisé à Cotonou. Candide Azannaï, Amissétou Affo Djobo, Joseph Tamégnon, André Dassoundo…entendent dorénavant colmater les brèches après des mois d’hibernation pour mieux aborder les prochaines joutes électorales. L’objectif de ce séminaire le premier d’une série, selon l’ancienne députée Amissétou Affo Djobo est d’initier les participants aux stratégies d’encadrement politique de non-violence du peuple lorsqu’il doit faire face à la dictature. Mais de quelle dictature et de quel pays parle-t-elle ? Visiblement, l’ancienne militante de l’Alliance pour un Bénin triomphant (Abt) n’est pas au Bénin. Si le pays était une nation dictatoriale comme elle le prétend, la Force cauris pour un Bénin émergent n’obtiendrait jamais son récépissé pour participer aux élections communales et municipales du 17 mai 2020 et convoiter aujourd’hui le poste de chef de file de l’opposition. Il en est de même pour « Les Démocrates » qui, après avoir craché sur la réforme du système partisan, rasent en ce moment les couloirs du Ministère de l’intérieur et de la sécurité publique pour obtenir aussi leur récépissé d’existence légale. Sans doute que si les pièces sont conformes à celles exigées par la loi, le précieux document sera délivré au parti tout comme les autres formations politiques qui se sont conformées beaucoup plus tôt à la Charte des partis politiques. Dans le même registre, les Communales ne seraient pas des élections inclusives face au bras de fer inutile et à la logique belliqueuse dans laquelle s’étaient inscrits les soi-disant opposants. Pour la vitalité de la démocratie béninoise, Eric Houndété et Candide Azannaï doivent revoir leur conception de l’opposition politique. Aller au-delà des théories pour remplir les formalités requises par la loi et se faire reconnaitre comme parti d’opposition s’avère indispensable. C’est à ce seul prix qu’ils pourront mieux apporter leur touche au développement du pays enclenché par Patrice Talon et ses équipes depuis avril 2016.

 

Serge Adanlao

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