Auto-emploi:Dans l’univers des femmes battantes

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Au Bénin, les femmes commencer par lutter pour leur autonomie. Et dans cette dynamique d’affirmation de soi en société, beaucoup d’entre elles, qui ont un parcours universitaire brillant, n’hésitent pas à se lancer dans l’entreprenariat. Reportage.

Les femmes béninoises commencent par comprendre les enjeux du développement Pour prendre leur part de responsabilité, elles n’hésitent pas à ranger leurs diplômes pour se lancer dans l’auto-emploi. Les raisons qui justifient cet attachement à l’entreprenariat sont diverses. Pour Ginette Gbénou, c’est l’envie d’être indépendante qui l’a motivée à se lancer dans le commerce de pagnes. « J’ai une maîtrise en socio-anthropologie et une licence en anglais, mais j’aime être indépendante sur tous les plans et la routine n’est pas mon point fort.  C’est pour cela que je me suis lancée dans le commerce de pagnes », s’est-elle justifiée. Magalie Bayi-Ba, quant à elle, a choisi de se lancer dans la création de sa marque de vêtements pour hommes et enfants « Lili-Wax » malgré ses diplômes. « Je suis titulaire d’un Bts en communication d’entreprise, une licence en  management d’entreprise  et un master en journalisme. Si j’ai choisi de me consacrer à la création de cette maque, c’est uniquement parce que mon travail ne me satisfaisait plus et j’avais besoin de faire plus que ce que j’avais appris durant mon parcours, même si je n’ai pas reçu de formation stricte en stylisme. J’ai appris sur le tas. Ma formation initiale m’a tout de même aidée », a-t-elle confié. Même si la satisfaction financière ne comble pas encore les attentes, la quête d’épanouissement et l’indépendance motivent certaines jeunes femmes à persévérer. Andilath Yessoufou Nafiou, titulaire d’un master en ressources humaines ne le cache pas : « J’ai choisi de me consacrer à ma passion qu’est le maquillage après une formation. J’ai mon propre salon aujourd’hui et même si je suis plus ou moins satisfaite, je préfère cela à ce que me rapportaient mes stages après d’aussi longues études ».  Romziath Assani, titulaire d’un master en management renchérit : « C’est le même cas avec mon atelier de stylisme, mais je n’abandonne pas pour autant. J’ai choisi de quitter le stress des employeurs béninois pour me consacrer au stylisme. J’y ai ajouté d’autres activités, et cela m’aide énormément ».

 

Gestion des difficultés

 

Les difficultés majeures rencontrées par ces femmes entrepreneures sont l’insuffisance de capital, le faible accès aux crédits adéquats pour développer leurs petites entreprises, la concurrence…. Néanmoins, pour est ce qui est de travailler pour une autre entreprise, les avis de ces dernières sont mitigés : « Ce n’est pas facile, et ce sont des réflexions permanentes pour attirer et maintenir la clientèle, mais franchement je ne pense pas que je pourrais encore travailler pour une entreprise autre que la mienne », a confessé Romziath Assani. Partageant son avis, Andilath Yessoufou Nafiou n’écarte pas la possibilité de travailler pour des structures internationales. Pour Magalie Bayi-Ba, l’éventualité de se consacrer à une autre entreprise est envisageable : «  Je ne voudrais pas que mes diplômes obtenues par de nombreux sacrifices soient juste de la décoration, parce qu’aujourd’hui, je gagne bien ma vie. Je pourrais travailler pour une entreprise autre que la mienne ». Manque de travail, passion, désir d’indépendance, les jeunes femmes sont de plus en plus nombreuses à vouloir créer leurs propres entreprises. Dans la mode, le maquillage, le commerce ou les services, les femmes qui entreprennent malgré un cursus universitaire impressionnant, parviennent  à s’imposer dans un domaine dominé  par les hommes grâce à leur patience, leur ténacité et leur savoir –faire.

 

Giovannia Atodjinou-Zinsou (Stag)

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