Bénin politique en 2018:Rétrospective d’une année mouvementée

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L’année 2018 a été marquée par des recompositions politiques, mais aussi des actions majeures comme la naissance des blocs politiques. Au-delà des stratégies politiques, elle a été aussi une année de grands changements au niveau de certaines institutions de la République. Récapitulatif d’une année assez riche et mouvementée.

Le premier fait majeur  ayant marqué l’année 2018, c’est l’effectivité de la réforme du système partisan. Cela a été possible grâce au travail législatif qui a accouché du vote de la loi portant Charte des partis politique et du nouveau Code électoral, mais aussi la création de grands partis politiques. Au niveau de la mouvance, nous avons d’un côté, l’Union progressiste et le Bloc républicain et de l’autre les partis satellites que sont le Dud et l’Udbn. Les républicains ont tenu leur congrès constitutif le 8 décembre caractérisé par la présence de 30 000 délégués à la place Bio Guerra de Parakou, et la mise en place d’un comité transitoire composé de 59 membres du bureau politique, dont Abdoulaye Bio Tchané, Robert Gbian et Jean-Michel Abimbola.

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L’Union progressiste, quant à elle, a vu le jour le samedi 1er décembre au palais des sports. Un comité transitoire a été mis sur pied pour un an avant un congrès ordinaire l’an prochain. Il a en son sein une direction exécutive et un bureau politique d’une cinquantaine de membres. Le bureau politique a un présidium de trois membres, dirigé par Bruno Amoussou. Du côté de l’opposition, les partis s’organisent en multipliant les réunions soit pour fusionner ou agrandir leur champ. Ainsi va la configuration politique actuelle pour le duel sans merci de mars 2019. Sur le plan institutionnel, le budget des élections est définitivement prêt et dépasse légèrement 5 milliards de FCfa. Les ressources sont donc mises à disposition pour une organisation optimale des élections.

 2018, année législative

 L’année 2018 a été marquée par la prise d’une multitude de textes de loi dont les plus importants sont la loi portant charte des partis politiques et le code électoral.  Dans le nouveau code, la caution est portée à  250 millions de francs pour la présidentielle et celle de 249 millions pour les législatives ont été retenues. Les anciens présidents peuvent être candidats aux législatives. Pour obtenir un siège de député, le parti doit engranger au moins 10% des suffrages. Cetexte de loi a provoqué une vague de réactions dans le rang des politiques et de la société civile. La plateforme de la société civile a expliqué sa position sur la réforme du code électoral. A travers une déclaration rendue publique jeudi 12 juillet à Cotonou, elle a déploréle fait que le code électoral soit souvent modifié à l’approche des élections. Le jeudi 26 juillet, la loi portant charte des partis politiques a été votée.

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Le texte comporte sept titres et porte l’initiative du député Louis Vlavonou et de huit autres de ses collègues. A la suite de ces deux textes majeurs, plusieurs autres lois ont été votées à l’Assemblée. Il s’agit de la loi portant organisation judiciaire qui institue la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), la loi modifiant le nouveau code de procédure pénale instituant les tribunaux et Cours statuant en matière criminelle, la loi portant droit de grève aux magistrats et bien d’autres. En plus du vote des textes, la 7ème législature a au cours de l’année 2018  voté la levée d’immunité de plusieurs députés à l’Assemblée nationale. Il s’agit des sieurs Idrissou Bako, Valentin Djènontin, Simplice Codjo. Elle a également voté la poursuite de plusieurs autres ministres en fonction sous le régime Yayi dont Aboubacar Yaya et bien d’autres. C’était en effet le jeudi 13 septembre que le Parlement a autorisé la poursuite de quatre anciens ministres, excepté Komi Koutché. 78 députés ont en effet voté contre. Valentin Djènontin, Fatouma Amadou Djibril, Aboubakar Yaya et Simplice Codjo ont vu cependant leur poursuite autorisée. Le député de la minorité parlementaire Nouréni Atchadé a parlé d’acharnement.

 La Justice assez sollicitée avec de nombreux dossiers

 L’actualité judiciaire a été très fournie pendant l’année 2018. S’il y a un pouvoir qui a été assez médiatisé, on dira sans hésiter que c’est le pouvoir judicaire. Le Tribunal et la Cour d’appel de Cotonou ont été assez sollicitées avec à la clé de nombreuses affaires. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) a terminée l’année avec le procès Icc-Services qui est toujours en cours. On peut citer pêle-mêle les procès Cnss/Bibe dénommé Laurent Mètongnon et consorts qui a vu son dénouement après plusieurs mois au niveau de la première chambre des flagrants délits du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Ces prévenus ont écopé, pour la plupart, de 5 ans d’emprisonnement ferme. Leur procès est encore pendant devant la Criet. Les grossistes répartiteurs acteurs incontournables du dispositif pharmaceutique du Bénin ont été également reçus par le juge de la chambre des flagrants délits, Rodolphe Azo. Le verdict à l’issue d’un procès long et harassant a été sans appel. 4 ans d’emprisonnement ferme. La menace deleurs avocats de faire appel a été mise en exécution et l’audience en appel a été tenue. La peine a été ramenée de 4 ans à 18 mois, mais tout cela a été couronné par une grâce présidentielle rendue effective en fin d’année. L’autre procès retentissant est celui du député Atao Hinnouho. En effet, le député Atao Hinnouho a écopé, dans a journée du mardi 6 novembre, de six ans d’emprisonnement ferme dans les deux affaires que sont, voie de fait et rébellion contre forces de l’ordre et fraudes douanières. La Justice lui impose de payer trois milliards de francs Cfa à l’Etat et à la douane. C’est l’épilogue d’un long feuilleton qui a conduit à son placement sous mandat de dépôt. En effet, en avril, le député s’était rendu de lui-même à la justice. Il a estimé avoir été molesté par la police. Cette affirmation a été démentie par le procureur de la république qui dit s’appuyer sur l’avis d’un médecin qui a recommandé qu’il soit transféré dans un centre psychiatrique. Au cours du point de presse fait le mercredi 2 mai, le Garde des Sceaux, ministre de la justice, Joseph Djogbénou, a évoqué des failles dans le système judiciaire. Le dimanche 13 mai, le député TaofickHinnouho a été transféré à la prison civile de Cotonou. Plusieurs autres procès dont ceux du sieur Korogoné (1 an), Loth Houénou (2 ans et 30 millions d’amende) celui des cadets, du staff technique et du Président de la fédération Anjorin Moucharafou dans le dossier tricherie a également marqué l’année judiciaire. Toujours au chapitre judiciaire, l’ancien Chef d’arrondissement de Godomey a écopé en août de 48 mois d’emprisonnement dont six fermes. Hors de la Chambre des flagrants délits, le Tribunal de première instance a été marqué par deux procès majeurs largement médiatisés. Ils s’agit du procès Renaissance du Bénin contre les dissidents et celui  du Psd. Le premier n’a jamais connu son issue jusqu’à la fusion des partis politiques. Le second, quant à lui, a connu la victoire du camp Ebo. A la Criet, le dossier 18 kg de cocaïne impliquant le Sieur Ajavon Sébastien a été traité. L’homme d’affaires a été condamné à 20 ans d’emprisonnement et  5 millions d’amende.

 

Institutions et organes, changements,

décès et démission

 

En janvier 2018, le conseiller à la Cour constitutionnelle Simplice Dato a démissionné de la haute juridiction présidée par Théodore Holo. Il n’a pas été pourvu à son remplacement jusqu’à l’installation des sept nouveaux sages de la Cour présidée par l’ex-Garde des Sceaux, Joseph Djogbénou. La nouvelle Cour est composée de Joseph Djogbénou, Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué, Razaki Amouda Issifou, Sylvain Nouatin, Rigobert Azon, André Katary et Moustapha Fassassi. A la Haute Cour de Justice aussi, Marcelline Gbèha-Afouda a cédé son fauteuil à Cécile Marie-José de Dravo Zinzindohoué. A la Commission électorale nationale autonome (Céna), il n’y a pas eu de changement de fauteuil, mais de décès. Moïse Bossou a perdu l’âme. Son poste resté vacant pendant plusieurs mois a été finalement occupé par  Boukari Adam Soulé, commissaire. Au nombre des changements, on peut également inscrire le remaniement technique opéré au niveau du gouvernement. L’entrée de Sévérin Quenum à la Justice après le départ de Joseph Djogbénou, le départ de Cyr Koty des travaux publics et des transports et son remplacement par Alassane Seydou et l’arrivée de Benjamin Hounkpatin au Ministère de la santé. 

 

Des visites officielles

 

Le chef de l’Etat, Patrice Talon, a effectué plusieurs visites officielles au cours de l’année 2018. En effet, Patrice Talon était en Suisse où le Bénin a signé deux accords de partenariat de 47 milliards. Avant cela, il a eu un entretien avec le chef de l’Etat italien et aussi le pape François. Là-bas, il a parlé religion notamment de Gbanamè. Le lundi 5 mars, Patrice Talon a été reçu au palais de l’Elysée par son homologue français, Emmanuel Macron, qui a mis sur place un binôme pour réfléchir sur la restitution des œuvres d’arts. Des accords de plusieurs milliards ont aussi été signés. Patrice Talon était également en Ethiopie. Il s’est également rendu le mercredi 7 novembre, à Oslo, la capitale norvégienne où il a étél’invité d’honneur et l’orateur principal au 8ème sommet nordique africain des affaires, Naba. Un mémorandum d’entente a été signé entre Porto-Novo et Oslo. Patrice Talon a également participé au forum sur la coopération sino-africaine. En marge du sommet, il a eu des échanges avec la communauté béninoise vivant en Chine. Patrice Talon a également participé à la conférence économique du G20 Afrique. Il a dit à l’occasion, que son gouvernement a initié des réformes pour favoriser l’investissement privé étranger. Il s’est ensuite rendu à Yerevan en Arménie pour le sommet de la francophonie où il a présidé le conseil des ministres du 10 octobre. Le Chef de l’Etat s’est aussi rendu en Turquie. Le Chef de l’Etat a également reçu la visite le la présidente de l’Estonie Kersti Kaljulaid. Cette visite a accouché de la signature de mémorandum d’entente relatif aux consultations politiques entre les ministres des affaires étrangères de l’Estonie et du Bénin.

 

Abdourhamane Touré

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