Bénin: Tous les voyants sont au vert depuis 2016

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Quelle interprétation il convient de donner au récent classement de Mo Ibrahim sur la gouvernance qui positionne le Bénin 2ème dans l’espace Uemoa, 4ème dans la Cedeao et 13ème en Afrique sur 54 pays ? Le Consultant politique et Expert en gouvernance, Agapit Napoléon Maforikan, s’est prêté à l’exercice hier mardi 17 novembre 2020 sur la chaîne de télévision E-Télé. Pour lui, c’est la preuve que les voyants sont au vert. Lire des extraits de son analyse et sa réaction par rapport au message délivré par le Chef de l’Etat à Djougou.

« Le Bénin continue de réaliser de belles performances. Le dernier classement Mo Ibrahim sur la bonne gouvernance le hisse 2ème dans l’espace Uemoa, 4ème dans la Cedeao et 13ème en Afrique sur 54 pays. En Afrique francophone, seul le Sénégal fait mieux. C’est important de le souligner parce que nous avons calqué notre démocratie un peu sur celle de la France. Ces indices viennent sonner le glas de ceux qui ont écrit au président français, Emmanuel Macron, pour dénoncer la gouvernance sous le Nouveau départ. Quand Mo Ibrahim a attaqué le président Patrice Talon en juillet 2019 en le traitant de dictateur, ils étaient nombreux à applaudir. Mais aujourd’hui où le pays se positionne comme le meilleur derrière le Sénégal, ils doivent en faire autant. Nous sommes dans une phase ascendante. Et ce qui est intéressant est que Mo Ibrahim est l’un des rares indices qui prennent en compte la gouvernance. Ici, c’est plus de 90 indicateurs regroupés en  4 grands axes qui prennent en compte l’Etat de droit et la sécurité, les droits individuels, le développement humain, le développement économique (…) On doit être heureux que ces résultats soient enregistrés en notre  temps. Ce pays qui était totalement au bas de l’histoire reprend du poil de la bête. Aujourd’hui, tous les voyants sont au vert, et on doit en être fier. C’est le message que le président Patrice Talon passe quand il demande la réconciliation avec son ami Boni Yayi. Pour faire la paix, il faut être deux au moins. »

 

Un pays qui a pris un nouvel élan

 

« …Depuis 10 ans, le Bénin a évolué parmi les pays où on est heureux. Notre Indice de développement humain s’est amélioré. Au niveau de Doing business, le Bénin a fait des progrès. Lorsqu’on constate que, malgré le Covid-19, notre note est B+ au niveau de « Standard and poor », est-ce que ce n’est pas des éléments assez probants d’un pays assez bien gouverné ? Est-ce que cela n’est pas de nature à dire que nous sommes dans un pays qui assume son développement, surtout quand on a quitté le rang des Pays très endettés pour rejoindre les Pays à revenu intermédiaire ? Est-ce que tout ne concourt pas à dire que notre pays a pris un nouvel élan ? Ceux qui disent le contraire, doivent apporter des preuves. Est-ce que ces indices sont manipulés ? Si ce n’est pas le cas, il faut qu’ils se ravisent et disent : salut l’artiste, car les réformes entreprises par le président Patrice Talon portent leurs fruits. Cela ne veut pas dire que tout est déjà rose. On ne peut pas dire que le Bénin est déjà le meilleur quand il y a le Sénégal devant nous et l’île Maurice qui est 1er en Afrique. Donc, il y a de nouveaux défis auxquels on doit faire face. Mais avant, il faut consolider ce que nous avons. Il faut améliorer les autres axes des indicateurs qui ne sont pas meilleurs… »

 

« Patrice Talon n’a pas de problème avec son peuple »

 

« Nourou Dine Saka Saley doit regarder ce qui se passe dans le pays. S’il n’a pas compris que Patrice Talon n’a pas un problème avec le peuple, cela veut dire que les indicateurs sur lesquels il s’est appesanti pour faire son analyse sont propres à lui. Il suffit juste de regarder la liesse, l’enthousiasme, l’émulation, l’osmose sur le terrain lors de la tournée présidentielle. Lorsque que je lis dans le texte de Nourou Dine Saka Saley que les Béninois sont dehors, cela n’est pas juste. On ne peut pas mélanger. Patrice Talon veut parler avec Yayi Boni, il faut acter cela. Les Béninois ne savent pas saisir la main tendue. Ils exigent là où ils ne doivent pas le faire. Cette situation nous a fait rater d’importants moments. Dans le cas d’espèce, le président demande un travail aux sages ; que ces derniers prennent leurs responsabilités. Alassani Tigri n’est pas Boni Yayi, Nourou Dine Saka Saley ne l’est pas n’ont plus. Boni Yayi lui-même doit s’assumer en donnant sa lecture de la demande… »  

 

« Revenir à Djougou pour parler de la Présidentielle »

 

« Lors de sa tournée nationale, le chef de l’Etat a délivré un message à Djougou indiquant qu’il reviendra, pas dans un nouveau format, mais dans la dynamique de la continuité. Ce qu’il faut comprendre par là est qu’il reviendra dans cette ville pour parler de la Présidentielle de 2021. C’est si simple que cela. En effet, le président de la République a dit, lors de sa dernière sortie médiatique dans le magazine panafricain Jeune Afrique, qu’il a pris sa décision. On peut présumer qu’il reviendra leur parler de cela. Il n’a pas dit je suis candidat. Mais, les indices qui attestent qu’il se représente sont là. Quand on lit entre les lignes, on comprend. Ce serait une sorte de séisme que Patrice Talon ne soit pas candidat. Il n’y a pas de raison qu’il ne soit candidat, parce que tout se met en place pour cela. Le second niveau d’analyse est qu’il reviendra à Djougou peut-être pour présenter son candidat ou son  Vice-président. Il se peut que ce dernier soit un natif de la région, parce qu’on annonce Abdoulaye Bio Tchané qui a le profil du parfait colistier. Cela peut être un autre. Ce qu’il convient de retenir est qu’à 90 % les conditions sont réunies pour que Patrice Talon soit candidat. Mais il faut qu’on sache quelque chose de fondamental, c’est à lui qu’il revient de dire qu’il est candidat ».

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