Cacophonie totale chez les Cauris

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Profond malaise au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Le parti de l’ex-président de la République, Yayi Boni, est ébranlé depuis le vendredi 20 septembre 2019. A l’origine du charivari qui vient encore éprou-ver la formation politique, le récépissé provisoire délivré par le Ministère de l’intérieur à trois représentants membres fondateurs du parti, en l’occurrence Paul Hounkpè, Théophile Yarou et Issifou Amadou qui ont transmis par correspondance V/L n°001 en date du 12 septembre 2019, le dossier de déclaration administrative de constitution du parti Fcbe.

Accusant réception du courrier, et en application des dispositions des articles 16 et suivants de la loi n°2018-23 du 17 septembre 2018 portant Charte des partis politiques en République du Bénin, le ministre de l’Intérieur, Sacca Lafia, a délivré le 17 septembre 2019, le document qui légalise l’existence des Fcbe sur l’échiquier politique. Enfin!, se sont exclamés les militants du parti. A peine cette information a été rendue publique qu’un débat éclate à l’intérieur du parti. Des responsables de la formation politique estiment que le congrès organisé par le 1er secrétaire exécutif national Théophile Yarou, le 5ème secrétaire exécutif national, Paul Hounkpè, et l’ancien député Issifou Amadou, pour extirper de la direction du parti, tous les camarades en exil ou recherchés par la justice est nul et de nul effet. Les premiers à hausser le ton sont Eugène Azatassou et Alassani Tigri. Hier dimanche 22 septembre 2019, ils ont organisé une conférence de presse au siège du parti à Cotonou pour fustiger et désapprouver ce qu’ils ont appelé le « coup de force » de Paul Hounkpè, investi des fonctions de secrétaire exécutif national du parti et les siens. Par ailleurs, ils ont rejeté le récépissé provisoire délivré au parti et recommandé à l’ancien secrétaire exécutif national, Valentin Djènontin, « de convoquer en urgence le bureau politique pour examiner cet incident à la lumière des textes ». Cette attitude devant laquelle il faudra, au prime abord, s’incliner puisqu’elle émane de personnes sensées manque de contenu et révèle qu’au-delà du débat sur le récépissé provisoire, le parti a de profondes distorsions. Des courants divers agitent cette formation politique, et ont fini par se révéler au grand jour. Ce débat agité n’a qu’un seul justificatif. Visiblement, les leaders des Fcbe qui se sont attribué le titre d’exilés, ne veulent pas disparaître aussi facilement du parti et jouent sur les pions Azatasssou, Tigri et consorts. Ceux-ci agitent l’opinion pour sauver et soutenir les leaders en conflit avec la justice, mais la stratégie parait bancale car les noms des intéressés ne figurent plus au Ministère de l’intérieur, comme membres fondateurs du parti.

 

Du tac au tac

 

En face du camp des contestataires, l’aile des légalistes accusée de trahison ne reste pas les bras croisés. Elle s’est fait entendre sur la chaîne de télévision E-Télé et Océan Fm par l’entremise du 1er secrétaire exécutif national du parti. Pendant plus d’une heure d’horloge, Théophile Yarou a expliqué le processus qui a abouti à l’obtention du récépissé. Selon l’ancien ministre de la Défense nationale de Yayi Boni, personne n’est exclu du parti, faisant ainsi allusion aux accusations selon lesquelles Komi Koutché, Valentin Djènontin et consorts ont été exclus. « Nous avons rempli les formalités que le Ministère de l’intérieur nous a demandées de remplir, c’est tout. Et personne ne sera exclu », a-t-il déclaré. Par rapport à l’ancien président de la République, Théophile Yarou a confié que le compte rendu que leur faisait celui qui est en contact avec lui (Alassani Tigri), c’est qu’il fallait continuer dans cette démarche jusqu’à l’obtention du récépissé. Mais il va nuancer qu’il y avait des conditionnalités sur lesquelles ils ne s’entendaient pas dont le retrait du bureau politique de ceux qui sont poursuivis par la Justice.  Il faut aussi préciser que dans ce débat idéologique, Valentin Djènontin et Komi Koutché, ont aussi réagi de leurs lieux d’exil en France et en Espagne. Au regard de ces développements, on se rend compte qu’au-delà d’un simple débat idéologique, c’est fondamentalement une guerre de leadership entre leaders exclus du parti et les nouveaux représentants reconnus par le Ministère de l’Intérieur qui fait rage. Un feuilleton qui réserve sûrement des rebondissements.

 

SA

 

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