‘’Café de la science’’: »Le paludisme » au cœur des débats 

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    L’Institut  de recherche pour le développement (Ird) en collaboration avec la Direction nationale de la recherche scientifique et de l’innovation (Dnrsi) a initié jeudi 23 mai 2019 un nouveau numéro de « Café de la science ». La lutte contre le paludisme au Bénin était au centre des discussions menées par chercheurs, enseignants et autres à l’Institut français de Cotonou.

    « Eliminer le paludisme au Bénin : rêve ou réalité ? », c’est le thème principal autour duquel le débat a été mené. Au détour de ce « Café de la science », les différents panels ont permis de faire l’état des lieux de la lutte contre cette maladie infectieuse potentiellement mortelle due à une piqûre de moustiques appartenant au genre anophèle. Au total, six sous thèmes ont été développés par les panelistes. La thématique « importance et progrès de la lutte anti-vectorielle dans l’élimination du paludisme » a été abordée par le chercheur Armel Djènontin. Pour le docteur Luc Djogbénou de l’Irsp, l’environnement et le comportement des populations sont des facteurs importants sur lesquels le Bénin devra mettre l’accent en vue de l’élimination de la maladie. Le professeur Aurore Hounto, coordonnatrice du Programme national de lutte contre le paludisme, a abordé les stratégies et perspectives du Programme dans la lutte contre le paludisme. De ses propos, l’on retient qu’en dehors des campagnes de distribution de moustiquaires imprégnées à longue durée, il est nécessaire d’assainir le cadre de vie des populations en procédant à la destruction des gites larvaires. La communication intitulée ‘’l’élimination du paludisme, une affaire pas si simple’’ présentée par le  professeur Achille Massougbodji a permis au public de savoir qu’il y a encore beaucoup d’effort à faire pour venir à bout du paludisme au Bénin. A en croire Achille Massougbodji, la situation est d’autant plus préoccupante que depuis plusieurs années les parasites développent des résistances aux molécules antipaludiques et les moustiques craignent de moins en moins les insecticides. Il est revenu également sur les difficultés de la mise au point d’un vaccin à l’étape actuelle. « Une des difficultés majeures dans la mise au point d’un vaccin contre le plasmodium est, qu’au cours de sa vie, le parasite passe successivement par plusieurs stades avec des phases d’intense multiplication asexuée chez l’homme (dans les cellules du foie-phase hépatique – puis dans les globules rouges du sang-phase érythrocytaire -) et une phase de reproduction sexuée suivie de multiplication, chez l’insecte. Chaque stade se termine par la libération d’un parasite d’une forme différente, donc porteur d’antigènes différents et induisant des réponses immunitaires différentes, ce qui complique d’autant la recherche d’un vaccin », a souligné Achille Massougbodji. En dépit de ces difficultés, les uns et les autres estiment que l’espoir est permis mais qu’il faudrait plus de volonté et de coordination des différentes parties engagées dans la lutte contre cette maladie pour son élimination comme dans les pays tels que Le Cap-Vert et l’Algérie.

     

    Marcus Koudjènoumè

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