Campagne médiatique contre la justice après la condamnation de l’ancien Premier ministre:Lettre ouverte à Lionel Zinsou

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La campagne médiatique orchestrée contre la justice suite au verdict du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou au sujet de la condamnation de l’ancien Premier ministre n’est pas du goût de Dame Sylvie Ahohoumon. Citoyenne de l’arrondissement de Koutago dans le département des Collines, elle demande à Lionel Zinsou « d’arrêter de tirer à boulets rouges sur la justice qui n’en est pour rien dans son dépassement des frais de campagne ». Par la même occasion, elle l’exhorte « à s’en prendre plutôt à ceux qui l’ont instrumentalisé en lui promettant la victoire, au mépris de la loi électorale ». Lire la lettre ouverte intitulée : « Droit dans les yeux de mon compatriote Lionel Zinsou ».

Le Bénin nous appartient à tous,  et nul ne peut continuer à le salir indéfiniment. J’en veux pour preuve certains faits de l’actualité nationale qui s’apparentent à la démarche du promeneur qui tombe sur un serpent, tape dans l’herbe au lieu de l’assommer. Je ne peux donc commencer, sans avoir une pensée spéciale pour tous ces compatriotes épris de vérité, et qui, chaque jour, s’interrogent sur le Bénin, notamment les sujets brûlants, surtout ceux qui touchent à ces hommes et femmes  qui ont marqué et continuent de faire  l’histoire de notre jeune démocratie.

 

Je viens donc aux faits qui pourtant

crèvent les yeux

 

Le  vendredi 02 août 2019, à la faveur d’un verdict du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou,  notre compatriote Lionel Zinsou, ancien Premier ministre de l’ère Thomas Boni Yayi a été condamné. Candidat malheureux à l’élection présidentielle, il a été escroqué par une clique impitoyable et insatiable pendant la campagne pour l’élection présidentielle de mars 2016, un scrutin qui a vu la victoire éclatante de Patrice Talon élu à 65,67% contre 34,63%. Il a été récemment condamné  à cinq  (05) ans d’inéligibilité, six (06) mois d’emprisonnement assorti de sursis et 50 millions de FCfa de dommages. Le financier, pur produit des milieux politiques français, a été épinglé pour dépassement des frais de campagne, production de fausses attestations, faux et usage de faux. Je rappelle à ceux qui ne le sauraient pas, qu’au Bénin, le plafond des dépenses pour une présidentielle est de 2 milliards de FCfa. Un verdict couperet qui vient émietter ses ambitions politiques futures. Et depuis, c’est le branle-bas, avec une campagne médiatique, comme à son accoutumée, déclenchée contre Patrice Talon dont le seul tort est d’avoir remporté haut les mains le scrutin de mars 2016, contre un candidat qui bénéficiait pourtant de l’appui souterrain de toute la logistique roublarde de la France-Afrique, puisque justement candidat désigné et imposé par la France qui comptait sur l’accession de son poulain au pouvoir afin de continuer à faire mains basses sur des secteurs vitaux de l’économie béninoise comme le port et le transport ferroviaire.  

J’ai été très surpris de la réaction d’une certaine frange de l’opposition politique du Bénin, dont des exilés volontaires qui se sont  jetés dans des déclarations à l’emporte-pièce, jusqu’à traiter le verdict rendu de « fondamentalement politique» et « entaché d’irrégularités » sans prendre la peine de décortiquer le dossier comme le bon sens le recommande.

Je pense, et ceci n’engage que moi, que pour un homme qui a le parcours  de Lionel Zinsou, il devait en principe savoir qu’en politique, lorsque vous offrez le flanc, l’adversaire vous abat sans état d’âme. En prendre conscience lui aurait permis de modifier sa ligne de défense axée sur la victimisation à outrance et éviter la politique de l’autruche, dans ce qui sous d’autres cieux, la France en exemple,  passerait pour un scandale qui rendrait inéligible toute figure politique qui serait sous le coup d’accusations identiques. Mais ce que ses conseillers à la communication ont oublié de lui transmettre, c’est qu’à Cotonou, les mentalités ont beaucoup évolué depuis avril 2016. Nous sommes dorénavant dans un environnement où les citoyens qui ont fini par prendre en marche le train des réformes insufflées par la Rupture,  sont de plus en plus  portés sur le respect des normes et la reddition des comptes. Et comme plus personne ne peut tromper personne, on comprend aisément que  les agitations de Lionel Zinsou à travers les  médias classiques et les réseaux sociaux, sont à assimiler à de la diversion. Puisqu’il apparaît aux yeux de tout observateur averti que Lionel Zinsou, pris à contre-pieds  dans ce qui s’offre à lui comme une honte à l’international,  jette juste de la poudre aux vents pour empêcher l’opinion tant nationale qu’internationale de s’intéresser au nœud-gordien de cette crise qu’est cette rocambolesque affaire d’un prêt de 15 milliards FCfa contracté auprès de Mahamadou Bonkoungou, le milliardaire burkinabè et patron du groupe Ebomaf. Rappelons que Mr Bonkoungou l’avait entre temps assigné sur la base de ces motifs, et a retiré  sa plainte dit-on sur  intervention du Président de la Côte d’Ivoire, Monsieur Alassane Dramane Ouattara, avant  l’énoncé du verdict du vendredi 02 août 2019. Un prêt dont la preuve matérielle, une reconnaissance de dette notariée était connue des proches de Lionel Zinsou à l’époque, dont l’ancien Président Thomas Boni Yayi.

Je n’ai pas la prétention de détenir toute la vérité sur cette affaire du prêt de 15 milliards de francs Cfa qui doit servir dans le cadre de la campagne pour la présidentielle de mars 2016. Toutefois, je peux me permettre des questions au regard de tout ce qui est aujourd’hui étalé sur la place publique. Je me tue à comprendre pourquoi ces personnes qui s’en prennent à ce verdict, participent à la cabale médiatique contre le régime de Patrice Talon, crachent sur la même Justice devant laquelle l’accusé s’apprête à exercer son droit de recours. Pourquoi présenter Lionel Zinsou comme une victime conduite à l’abattoir de l’exclusion. Pourquoi ne se pose-t-on pas les vraies questions ? Je me dis, et on peut me prouver le contraire que si la plainte de Mahamadou Bonkoungou n’avait pas été retirée in extremis, Lionel Zinsou, pour la même présidentielle serait en face de deux dossiers brûlants qui, cumulés, le mettraient dans la posture d’avoir à défendre au moins  17 milliards FCfa pour dépassement de frais de campagne, soit les 02 milliards FCfa pour le plafond prévu par la loi électorale et les 15 milliards FCfa encaissés chez le patron du groupe Ebomaf. Les pressions exercées sur le Burkinabè pour le retrait de sa plainte,  visaient à soustraire ce dossier des mains du tribunal, avant le verdict, pour alléger la peine.

Bien lui en a pris. Le verdict est tombé et Lionel Zinsou, entre les tenailles dans ce scandale qui lui aurait fait  fermer  le caquet si cela s’était produit en France, fait de l’esprit en ne répondant pas à ses compatriotes. Beaucoup d’interrogations subsistent dans ce scandale. Tant que Lionel Zinsou ne fera pas face à ses compatriotes, dans un entretien franc pour leur apporter des éclaircissements sur cette affaire, qu’il n’espère aucune sympathie de ces derniers, d’autant plus qu’il a fait délibérément le choix d’entamer sa crédibilité en optant pour la diversion et l’enfumage par médias interposés. Une posture biaisée face à une situation qui ne demandait qu’un mea culpa  et qui écorche un peu plus chaque jour  son image

Le Bénin a le mérite d’être chanceux. Je le crois parce que je me dis que si Lionel Zinsou avait gagné ces présidentielles, nous n’aurions jamais rien su de ce scandale. Et puis, en habile financier aux commandes avec tous les pouvoirs,  il aurait mis en place des montages financiers qui feraient solder cette facture par les contribuables. C’est dire que nous avons frôlé le pire. Et aujourd’hui, pour espérer remonter dans l’opinion, Lionel Zinsou gagnerait à faire profil bas et à admettre son mépris des textes de la République du Bénin, et à arrêter de tirer à boulets rouges sur la justice qui n’est pour rien dans son dépassement des frais de campagne, et à s’en prendre plutôt à ceux qui l’ont instrumentalisé en lui promettant la victoire, au mépris de la loi électorale, et qui profitèrent de sa parfaite méconnaissance  du  paysage politique béninois pour se mettre à l’abri du besoin. C’est cela que requiert l’intelligence.

 

Sylvie Ahohoumon

Citoyenne de Koutago

 

 

 

 

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