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Can Egypte 2019 : Saturnin Allagbé : « On a pris goût »

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Héros de la qualification du Bénin face au Maroc en huitièmes de finale, Saturnin Allagbé nous a accordé un entretien exclusif au Caire. Le gardien des Ecureuils revient sur sa performance, l’engouement suscité depuis vendredi dernier et le quart de finale à venir contre le Sénégal. Entretien.

Vous êtes déjà redescendu sur terre ?

Saturnin Allagbé : Obligé ! On y est depuis. On s’est entraîné normalement aujourd’hui. Nous avons fait rêver tout un peuple. Sur le coup, on ne réalise pas mais quand on regarde autour de soi et avec un peu de recul on s’en rend facilement compte.

Depuis vendredi, vous êtes dans le cœur de tous les Béninois…

(Soupire). Je m’en suis rendu compte après le match. Cela s’est emballé sur les réseaux sociaux. J’ai reçu et je continue de recevoir d’ailleurs tellement de messages. Des appels aussi. Je n’ai jamais reçu autant d’amour ou de reconnaissance, pas seulement de ma carrière, mais de toute ma vie. C’est quelque chose qui n’a pas de prix et qui ne s’explique pas. Je crois qu’on a des supporters incroyables. Une foule s’est réunie à la maison de mon père au pays. On n’a jamais vu ça. C’est une fierté pour moi et pour toute l’équipe, c’est d’abord une performance collective.

En parlant de collectif, vous avez beaucoup souffert face au Maroc…

Pour réussir de grandes choses, il faut souffrir dans ce genre de tournoi. Surtout quand on est un  « petit » comme le Bénin et qu’on joue des candidats au titre sur le papier. Le coach avait bien défini la stratégie. Nous étions soudés et on a eu la force mentale malgré les faits de jeu. Carton rouge, pénalty à la dernière minute et séance de tirs aux buts. On est passé par toutes les étapes, c’est ce qui rend la victoire encore belle à savourer.

Vous étiez numéro deux et vous vous retrouvez dans les buts depuis deux matchs. C’est une belle histoire…

La hiérarchie est connue en sélection nationale mais comme je le dis j’étais prêt dès qu’on aurait besoin de moi. J’avais déjà été sollicité face au Togo. Et là, on parle de la Can. C’est différent. Fabien Farnolle s’est blessé. Je lui souhaite d’ailleurs de vite retrouver ses sensations. Je n’ai su que j’allais jouer contre le Cameroun que le jour du match. Mais, c’est mon métier et je me suis vite mis dedans, pas le temps de gamberger.

Vous commencez par un clean sheet contre le champion d’Afrique en titre puis un match fou contre le Maroc. Vous ne pouvez pas rêver mieux…

(Rires). Je ne sais pas mais tout est allé vite entre les deux matchs. Dès qu’on s’est qualifié, on était déjà directement plongé dans notre huitième. Un clean sheet, ça fait énormément du bien avec la qualification au bout. C’était le Cameroun en face, c’était costaud. Cela donne plus de confiance. Face au Maroc, c’était un match à élimination directe. Il fallait gérer. Tant qu’on n’encaisse pas, on est dans le coup. Au pire, on irait aux tirs au but. On s’est beaucoup battu, on n’a jamais lâché et au final on est récompensé.

C’était le meilleur match de votre carrière?

(Il réfléchit). Je ne saurais le dire mais au niveau émotionnel, je n’ai jamais vécu une situation pareille. C’est le summum. J’ai gardé ma concentration jusqu’à la dernière seconde. Meilleur match? Je ne sais pas mais cela va rester en haut, bien haut dans la liste. C’est pour des moments comme cela qu’on joue au foot. On a vu des vidéos des supporters au pays, c’était comme si on avait déjà gagné le trophée. C’est fou. J’ai une petite pensée pour ceux qui ont perdu la vie durant les scènes de joie.

Et cet arrêt sur le pénalty arrive comment?

J’ai bien senti le coup. L’attaquant frappe fort. Donc, je sors ma main opposée, je la touche suffisamment pour qu’elle ne rentre pas. En revoyant les images, j’ai vu que le ballon rebondit sur la transversale. C’était suffisant…

Sur le tir de Séibou Mama, vous vous sentiez comment ?

J’avoue que je n’ai regardé aucun tir béninois. Je préfère ne pas. Je fais dos au but mais quand cela rentrait je le savais avec le cri des supporters. Et là, c’est parti dans tous les sens (rires).

Après l’euphorie, place au Sénégal mercredi prochain, un autre prétendant au titre…

Un autre grand test. Nous n’avons pas de pression particulière. On va se préparer sérieusement comme à notre habitude. Tout donner sur le terrain. On est en quarts de finale, ce n’est jamais arrivé au Bénin. On est conscient qu’on écrit déjà une belle page de l’histoire mais on va continuer à tout donner en espérant que ça se poursuive. On a pris goût.

Entretien réalisé par Géraud Viwami (Coll)

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