Candidatures incomplètes à la Présidentielle du 11 avril:« C’est un choix », selon Agapit Napoléon Maforikan

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L’émission « 90 minutes pour convaincre » de la radio nationale a reçu hier, dimanche 14 février 2021, le consultant politique Agapit Napoléon Maforikan. A cette occasion, il s’est prononcé sur plusieurs sujets d’actualité notamment les dossiers de candidatures incomplets déposés à la Céna par des candidats à la Présidentielle du 11 avril 2021.

Les candidats à la Présidentielle du 11 avril dont les dossiers sont incomplets ont choisi délibérément de ne pas avoir leur candidature à jour. C’est ce que pense le Consultant politique Agapit Napoléon Maforikan. Il l’a fait savoir hier dimanche 14 février 2021 sur l’émission « 90 minutes pour convaincre ». Selon lui, c’est un choix qu’ils ont fait de ne pas avoir leur dossier à jour pour participer au scrutin. « J’ai l’impression que chacun sait ce qu’il est venu faire. Quand vous regardez les dossiers de candidature, il y a ceux qui ont pris la chose au sérieux. Quand vous regardez la Fcbe par exemple, voilà un parti qui n’a pas été aux élections législatives, mais qui au sortir des Législatives a pris la mesure en son sein de tirer les conséquences d’une telle décision de ne pas aller aux élections et a donc décidé de se ranger. Le chef de l’Etat les a rencontré et a demandé à ceux qui n’ont pas leur certificat de conformité de se mettre à jour vis-à-vis de la Charte des partis politiques. Certains l’ont fait dont une partie de la Fcbe. L’autre partie n’a pas aimé, mais après s’est mutée en « Démocrates ». La Fcbe a participé au dialogue politique national et depuis lors prend sa part dans l’animation de la vie politique. Donc, tout le monde sait depuis novembre 2019, les conditions pour aller à l’élection présidentielle et concernant les parrainages, le parti Fcbe a émis sa volonté de les négocier, même s’il n’y en a pas suffisamment et ils l’ont fait. Il y en a d’autres qui ont dit, nous ne voulons pas de parrainage. A cette étape, c’est une décision délibérée de ne pas avoir ces pièces à jour. Il y a un autre candidat qui dit qu’il va à l’élection en tenant compte seulement de la Constitution de 1990, l’on comprend qu’il n’a pas envie de chercher un colistier ou d’aller chercher les parrainages. Un autre encore a dit que sa colistière, c’est la vierge Marie. Du coup, il n’a pas envie d’aller à l’élection. Quand vous regardez toutes ces candidatures, l’on comprend aisément qu’ils n’ont pas du mal à ne pas aller aux élections. On n’est pas tenu d’aller aux élections. Ce n’est pas un concours. C’est un choix », a-t-il expliqué.

 

Impossibilité de formuler des recours pour défaut de parrainage

 

Le consultant politique Agapit Napoléon Maforikan estime que les candidats recalés à la Présidentielle du 11 avril prochain, ne peuvent plus formuler des recours à la Cour constitutionnelle en ce qui concerne le parrainage. Selon l’expert électoral, la Cour constitutionnelle a déjà tranché le débat dans une décision qu’elle a rendue publique. « Ils ont les moyens de formuler des recours, mais si c’est des recours contre le parrainage, ils ne peuvent plus. La Cour a déjà tranché la question dans une décision en disant qu’elle ne peut pas entrer dans un choix fait par les députés agissant au nom du peuple dans le cadre de la révision de la Constitution. Donc, ils n’ont plus les moyens », a-t-il expliqué. L’expert en gouvernance n’a pas manqué d’exprimer sa déception de ce qu’un débat de fond n’ait pas été fait autour du parrainage. « Ils n’en ont plus et c’est pour cela que moi je suis un peu déçu du fait que ils n’ont pas fait le débat de fond. Il y avait beaucoup de question à régler autour du parrainage qu’on n’a pas pu régler en passant 6 mois à parler de l’opportunité. Même les universitaires qui devaient nous aider, sont entrés dans la question de l’opportunité sachant qu’il ne leur revient pas du rôle de leur savoir de juger de l’opportunité ou non, de l’applicabilité ou non de cette disposition. Ils ont au moins le pouvoir de la proposition, du mode opératoire. Les écrits scientifiques permettent aux législateurs d’avoir de la matière et dans le cas d’espèce, lorsque ces universitaires proposent. Personne n’a fait de propositions et aujourd’hui, on en fait les frais », a-t-il regretté.

 

La candidature de Ganiou Soglo ne dérange pas

 

L’agression du candidat Ganiou Soglo était également au cœur des échanges de l’émission. Agapit Napoléon Maforikan, consultant média et expert électoral, estime que cette agression est déplorable et que cela est comparable à l’agression  du président de l’Ong Alcrer, Martin Assogba. Cependant, il pense qu’il ne faudrait pas qu’on fasse d’amalgame parce que l’agression a eu lieu dans une période où il était un potentiel candidat à l’élection présidentielle de 2021. « Je ne vois pas en quoi, il dérange quelqu’un et d’ailleurs sa candidature ne devrait pas être validée et ne l’a pas été », a affirmé l’expert électoral. Pour lui, Ganiou Soglo « ne représente aucune menace ». « Depuis 05 ans, il n’a jamais pris une position sérieuse dans le débat public. Alors, est-ce que cette candidature gêne. ? (…) Je ne vois pas en quoi un pouvoir peut se pourvoir au point d’aller tirer dans les pattes d’un candidat qui ne sert pas à grand-chose. C’est un candidat libre », a-t-il ajouté. Selon lui, les pouvoirs publics ont joué leur partition jusqu’à son évacuation. « Tout a été fait dans les règles de l’art. Il faudrait que les enquêtes soient faites pour qu’on sache qui est derrière ce coup », a conclu M. Maforikan. Il est à rappeler que l’émission a également connu la participation de Joël Atayi Guèdègbé, expert en gouvernance et membre de la société civile.

 

Léonce Adjévi

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