Casses tous azimuts sans conscience:Tchaourou et Savè s’autodétruisent

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Le discours de la violence s’amplifie dans certaines Communes du Bénin. Tchaourou la belle, Savè et son paysage pittoresque se défigurent par les griffures de ses fils sans foi ni loi.  Le scénario du feu qui a carbonisé certains quartiers de Cotonou les 1er et 2 mai se répète inlassablement dans les deux localités.

Voie inter-états Rnie 2 barricadée, poste de Police brûlé, biens privés saccagés et station d’essence consumée, le culte de la haine et de violence se poursuit à Tchaourou et à Savè. La messe du feu sauvage est célébrée par des individus non identifiés qui sèment la terreur et défient les forces républicaines. Le mode opératoire du carnage de Tchaourou présente de forte similitude avec celui de Savè et de Cotonou. Dans toutes ces communes, l’arme à laquelle ont recours ces  individus, c’est le feu. Ils n’utilisent pas des gourdins, encore moins des fusils ou des couteaux mais ils mettent le feu. Ce scénario a été constant aussi bien à Cotonou, à Savè et à Tchaourou. Avec le feu, ces personnes  ne s’attaquent pas aux forêts, ni aux églises comme on le note sous certains cieux, mais à deux cibles précises : les biens privés et les édifices publics. L’opinion publique nationale et internationale garde encore fraîchement à l’esprit les événements des 1eret 2 mai à Cotonou. Au cours de ces manifestations, des individus dont certains sont actuellement en détention ont saccagé sans état d’âme, des biens publics et rasé un parc automobile appartenant à un privé. La constance au niveau des personnes privées attaquées dans les trois cas est qu’elles entretiennent une proximité avec le régime actuel. Que doit-on y comprendre ? Ces individus sans foi ni loi sont-ils en mission pour des personnes insoupçonnées qui en profitent pour régler des comptes  politiques ? Si oui, qui sont ces instigateurs ? Rien pour l’instant ne permet de forger une certitude dans ce sens. Il est heureux de savoir que dans le cadre des événements de Cotonou, une information judiciaire est ouverte. Elle permettra de situer plus amplement les responsabilités. 

 

Des militaires démobilisés ?

 

Au cours de l’audience du Tribunal correctionnel statuant en flagrant délit, tenue le 28 mai relative aux présumés auteurs, coauteurs ou complices des événements des 1er et 2 mai 2019, le représentant du Parquet Jules Ahoga a fait part d’un constat tout aussi intéressant. En effet, au cours des présentations des individus à la barre, il y a un certain nombre qui ont affirmé qu’ils sont des militaires démobilisés. Certains parmi eux ont également fait le service militaire d’intérêt national. Ces informations ont préoccupé le substitut du Procureur qui a estimé à l’occasion, qu’il y a des indices assez sérieux qui nécessitent l’ouverture d’une procédure d’enquête judiciaire. Que viennent faire des militaires démobilisés dans une manifestation publique ? Pourquoi y étaient-ils ? Etaient-ils vraiment impliqués ? Etaient-ils vraiment en mission ou s’agissait-t-il d’une adhésion spontanée ? Les enquêtes en cours permettront d’en savoir davantage.

 

Savè : des blessés graves, la station Jnp incendiée 

 

Des barricades ont été érigées sur la voie inter-inter-Etats Rnie 2 à hauteur de Savè ce jeudi 13 juin 2019. C’est ce qu’on retient de l’entretien accordé à Océan Fm par le préfet des Collines. « Trois militaires grièvement blessés ont été transportés à l’hôpital de Dassa-Zoumè pour les soins », a indiqué Firmin Kouton. Les soulèvements observés à Tchaourou depuis quelques jours semblent s’étendre vers Savè. Difficile de circuler dans cette agglomération pris d’assaut par des manifestants. « Les tentatives pour lever les barricades peinent à marcher. Parmi les manifestants, il y a des chasseurs qui sont armés et qui tirent à balles réelles sur les policiers et militaires dépêchés sur les lieux pour libérer la voie », a ajouté le préfet des Collines. Quid des rumeurs sur un supposé décès au cours de ces échanges de tirs ? Le préfet n’a pas confirmé. « C’est ce que dit la population. Nous attendons le compte rendu réel, nous attendons de savoir l’identité de la personne qui serait décédée pour pouvoir confirmer. A l’étape actuelle, nous n’avons pas des informations de sources officielles », a conclu Firmin Kouton. Aux dernières nouvelles, la station Jnp située à la sortie Nord de la ville allant vers Diho a été incendiée par les manifestants. Les autorités communales se battent des pieds et des mains pour le retour au calme de la situation. 

 

Abdourhamane Touré

 

 

 

 

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