Chronique:L’opposition paie ses errements

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De ses errements et fantasmes de l’opposition résultent les conséquences incoercibles qu’elle se doit désormais d’assumer. Après avoir dépensé bientôt trois années à emboucher la trompette de l’intox plutôt que d’œuvrer à asseoir des mécanismes judicieux pour s’affirmer loyalement et durablement sur le champ politique. Après avoir mis à contribution bientôt trois années à brasser des futilités, des banalités, des conjectures et autres vulgarités au lieu de s’épancher un tant soit peu pour écouter la voix de la raison.

Après avoir bloqué bientôt trois années pour décrocher l’Oscar du délayage de commérages sur l’hippodrome de l’instinct de survie au préjudice de l’essentiel, la mésintelligence qui la mine affleure et ses incertitudes se font affreusement jour. Tout permet de penser dorénavant que l’opposition se trouve confrontée à la chienlit du bicéphalisme interne. Dans ses travées, on a d’un côté le camp qui a décidé de déposer ses dossiers de candidature pour les législatives du 28 avril 2019 et de l’autre, celui qui a fait le choix de se rebiffer avant de débouler ce retard jésuitique qui est bien loin d’émoustiller les plus illuminés d’entre nous. Si Usl et Fcdb ont pu déposer leurs dossiers de candidature, Fcbe et Re n’en ont rien laissé paraître. Ces deux partis rétifs n’ont mieux fait que de démontrer à la face du monde leurs incapacités à se conformer à la Charte des partis politiques et au Code électoral en vigueur. Comble de malheurs. Mais qu’est-ce qui pourrait bien expliquer ce déficit de bonne foi à se conformer à la loi générale et impersonnelle en bons démocrates? On parle de quitus fiscal et de certificat de conformité. Mais qu’est-ce qui a pu dicter le choix de l’opposition frondeuse à ne pas vouloir se mettre en règle? Serait-ce la mentalité de chien battu, peur de perdre les élections et de se voir ainsi humilié après tant d’agitations? Ou serait-ce la perspective d’annihilation, volonté forcenée de cloner notre démocratie? Bien malin qui peut répondre. Mais une chose est sûre, Patrice Talon, homme de dialogue et pèlerin de la paix l’a si bien signifié lors de sa rencontre du 25 février 2019 avec la délégation des forces de l’opposition :  » Personne ne peut forcer la main à un parti politique pour aller aux élections ». Autre chose, « Je voudrais vous inviter à donner suite favorable à l’attente de nous tous à votre endroit d’être en mesure de participer aux élections législatives en tant que forces de l’opposition. Si on peut vous qualifier ainsi. Si vous voulez vraiment aller aux élections, vous avez les moyens d’aller aux élections… Donnez le meilleur de vous-mêmes pour aller aux élections. L’administration fera ce qu’il faut. J’ai donné les instructions au ministre de l’Intérieur, au ministre de l’Economie  et au Journal officiel qui font des heures supplémentaires pour traiter les dossiers. L’absence de l’opposition aux élections législatives sera malheureuse, mais cela ne sera pas de ma faute… », cri du cœur de Patrice Talon en bon père de famille lundi 25 février 2019 à l’endroit des forces de l’opposition. Cependant, l’opposition belliqueuse a préféré camper sur la ligne dure. La ficelle est un peu voyante. Disons-le tout net, l’opposition n’a pas tracé une ligne politique mais un véritable zigzag. Qu’à cela ne tienne! La Commission électorale nationale autonome (Cena) en vertu des allocations de compétences décidées en sa faveur par le juge constitutionnel depuis 1994 dans l’organisation des élections, se penche depuis hier sur la validité des dossiers qui lui ont été déposés aux fins de rendre publique in fine la liste des partis politiques ayant qualité à participer aux législatives prochaines. Pendant ce temps, Fcbe de Boni Yayi et Re de Candide Azannaï qui n’ont pas cru bon de procéder à leurs déclarations de candidature comme le prescrit la loi, ont voulu par voie de conséquence signer forfait à ces législatives, s’effaçant d’office des starting-block. Du coup, dans une démarche plutôt schizophrénique propre à ses habitudes, la coterie tombe dans la diversion et relâche les soupapes des chimères. Mais il en faut plus pour endormir le peuple qui a donné blanc-seing à Patrice Talon en rompant les amarres avec la politique de compromis et d’accommodation pour sonner le tocsin de la rupture. La branche de la démocratie ne se cassera pas dans les bras du compétiteur né. Elle est en de bonnes mains. Boni Yayi, ancien président de la république qui s’ingénie à s’illustrer médiocrement comme chef de file de l’opposition doit pouvoir tirer leçons de ses errements pour mieux rebondir. Je pense que l’exercice ne lui sera pas aussi fastidieux. Lui qui naguère, du haut de son piédestal présidentiel, s’offrait de curieuses tentations à bondir.

 

Boris Fatondji (Coll ext)

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