Communales 2020:Une campagne électorale au rythme du Covid-19

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La campagne pour les élections communales du 17 mai 2020 bat son plein au rythme du Covid-19. Quatre jours après le lancement par la Commission électorale nationale autonome (Céna) et la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), les partis politiques sont en démonstration de force aussi sur les chaînes de radio et de télévision que sur le terrain. Les populations, pour leur part, vaquent librement à leurs occupations. Constat.

La campagne électorale pour le compte des Communales du 17 mai a démarré le vendredi 1er mai 2020. Les différents états-majors ont adopté des stratégies particulières pour porter très loin leurs opérations de charme tout en respectant les gestes barrières et les mesures prises par le gouvernement pour limiter la propagation du Covid-19. Outre les radios et télévisions sur lesquelles les partis politiques ont été autorisées à adresser leurs messages aux populations, d’autres canaux de communication recommandés par la Commission électorale nationale autonome (Céna) sont utilisés dans les villes de Porto-Novo, Sèmè-Podji, Adjarra et Avrankou. Le parti de l’Union progressiste, par exemple, a opté pour la campagne de proximité avec des voitures sur lesquelles sont affichées les logos et photos des candidats qui comptent changer le visage de Porto-Novo. La Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) marque aussi sa présence dans la ville capitale avec notamment le docteur de Laure Faton. Le Bloc républicain (Br) pour sa part, est le plus actif aussi bien à Porto-Novo que dans les Communes environnantes. Le Parti du renouveau démocratique de Me Adrien Houngbédji qui règne en maître depuis des années dans les Communes de l’Ouémé se dit, pour sa part serein. A Sèmè-Podji, les responsables mandatés par le parti arc-en-ciel et les autres formations politiques en compétition étaient sur radio Wèkè sous la supervision de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac) pour adresser leurs messages de campagne à la population. Seul le parti Udbn n’est pas encore visible sur le terrain à Porto-Novo et ses environs.

 

Martial Agoli-Agbo (Corresp. Ouémé-Plateau)

 

Les mesures respectées à Lokossa

Dans la ville de Lokossa, la campagne pour les élections communales se passe par voie médiatique telle que recommandée par la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). Conformément aux mesures gouvernementales, les meetings et autres regroupements sont absents sur le terrain. Seules des affiches et posters géants à l’effigie  des candidats sont visibles sur les murs et poteaux électriques. Pour Kocou Soglogbé, agent à la Sbee, la campagne ne se passe pas comme d’habitude à cause de la pandémie du Coronavirus, mais cela ne vas pas empêcher d’aller accomplir son devoir civique le 17 mai. Mieux, il s’interroge sur la méthode de mobilisation et d’adhésion du plus grand nombre d’électeurs à la cause des partis. « Il reste comment faire pour que les partis politiques rallient les militants et sympathisants à leur cause, car les populations ne sont pas habituées à une telle campagne par voix médiatique. Pire, tout le monde ne dispose pas de poste radio et de télévision, surtout les populations se trouvant dans les villages les plus reculés, où il n’y a pas d’électricité », a-t-il poursuivi. Pour François Gbodo, agriculteur, les populations sont obligées d’accepter cette forme de  campagne électorale à cause du contexte lié à la pandémie du Covid-19.

 

Gaétan Nato (Corresp. Mono-Couffo)

Calme plat à Parakou

Quatre jours après le lancement de la campagne, pour les Communales du 17 mai, Parakou ne connaît pas une effervescence particulière comme ce fut le cas lors des élections précédentes. Les citoyens vaquent à leurs occupations quotidiennes. Très peu se préoccupent du bon déroulement ou non de la campagne à cause de la pandémie du Coronavirus. C’est le cas par exemple de Mohamed Bio Orou, un étudiant. « Il est vrai que je suis un citoyen béninois. Mais je ne m’intéresse plus aux activités politiques puisque les résultats rendus publics après le vote ne reflètent pas ceux des urnes», se désole-t-il. Comme lui, d’autres préfèrent s’accrocher à leur boulot plutôt  que de suivre les candidats dans leurs périples explicatifs à longueur de journée sans rien gagner. « J’avais l’habitude de battre campagne avec les candidats de mon parti. Cette fois-ci, comme elle se déroule dans un contexte particulier marqué par le Covid-19, la campagne est purement médiatique. Je préfère donc me consacrer à mon travail », a confié Rigobert Salanon, maître soudeur à Parakou. Par contre, Vincent Avlessi s’investit à fond dans la campagne. A l’aide des instruments de sonorisation chargé dans un véhicule, il sillonne les artères de la ville pour inviter les militants à faire le bon choix. En plus de cette trouvaille, les posters et les affiches de quelques candidats en lice fixés sur de géants panneaux, sur des véhicules ou sur des supports de fortune annoncent également l’effectivité de la campagne électorale. Au siège des cinq partis en compétition, il n’y a pas d’affluence. Seules les sensibilisations sont distillées. En somme, la campagne est effective et se déroule dans un calme plat, mais on note un désintéressement des populations vis-à-vis du processus électoral en cours.    

 

Zéphirin Toasségniché (Coll. extérieur)

 

 

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