Communales et Municipales du 17 mai:Le piège qui guète les cinq partis en lice

0
908
Les élections communales et municipales du 17 mai 2020 s’apparentent à une succession de défis que doivent relever les partis politiques. Les cinq formations politiques qui ont réussi à obtenir leurs récépissés définitifs seront bientôt face à un autre challenge, ; celui de l’obtention de 10% du suffrage exprimé sur l’étendue du territoire national.
10% ! C’est l’équation à mille inconnus que devront résoudre les partis politiques engagés dans les élections communales et municipales prochaines. En effet, selon le nouveau Code électoral, l’attribution des sièges aux partis est conditionnée à l’obtention de 10% du suffrage exprimé au plan national. L’article 184 le définit clairement: « Seules les listes ayant recueilli au moins 10% des suffrages valablement exprimés au plan national, sont éligibles à l’attribution des sièges». A la lecture de cette disposition, on conçoit aisément que les partis, surtout les partis qui n’ont pas d’ancrage national, courent de grands risques. Car, bien que les Communales et Municipales soient des élections de proximité, un parti qui aurait même décroché tous les sièges risque de ne point siéger au sein du Conseil communal. Mieux, il ne comptera aucun conseiller au plan national. C’est dur, mais c’est la loi. Et pour les joutes électorales du 17 mai 2020, il n’est pas à exclure cette éventualité. Au total, cinq partis ont candidaté.
Il s’agit de l’Union progressiste, du Bloc républicain, de la Force cauri pour un Bénin émergent, de l’Union démocratique pour un Bénin nouveau et du Parti du renouveau démocratique. Ce sera lors de cette compétition qu’on saura vraiment qui peut être affublé de la dénomination « Parti national ». Si chacun d’eux peux obtenir au moins 10% du suffrage exprimé, ils pourront revendiquer cette appellation. Et c’est là tout l’enjeu de ces élections : parvenir à avoir le maximum de votants à son profit. De ce point de vue, on imagine une campagne où personne ne va se faire de cadeau ; la moindre voix valant désormais de l’or. Partis de la mouvance ou de l’opposition, point de place ne sera laissée au sentimentalisme.
La bataille sera rude. Mais aujourd’hui, est-on en mesure de dire que les cinq formatons retenues partent toutes avec les mêmes faveurs des pronostics ? Les chances d’obtention des 10% sont-elles 100% pour eux tous ? Il n’y en a pas qui ont une certaine longueur d’avance sur d’autres ? N’y en a-t-il pas qui y vont juste pour faire de la figuration ? Jouer les trouble-fêtes ? Pour l’instant, dans les états-majors des différentes formations, on semble afficher l’optimisme. Mais la politique béninois aujourd’hui, ce n’est plus des questions de sentiments, d’impressions, de fibre régionaliste. Les élections ne se jouent plus sur la base de la propension à sortir les billets de banque. Les électeurs ne fonctionnent plus comme des moutons qu’on conduit au pâturage. Il va falloir les convaincre de la pertinence de son projet de société. Et gare à ceux qui penseront qu’à force de discours mensongers, ils vont pouvoir rallier à leur cause le grand nombre ! L’électeur béninois a désormais son détecteur de mensonge, et sait châtier dans les urnes ceux qui le prennent pour une brique de 15.
Joël Samson Bossou

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here