Conférence nationale:Témoignages d’anciens syndicalistes 

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Pascal Todjinou, ancien Sg de la Cgtb : « Il faut avouer que le Comité préparatoire de la conférence nationale a fait un travail exceptionnel »

 

«En ce qui concerne l’organisation de la Conférence nationale, le jeu fondamental qui a été joué, ce n’est pas la déclaration d’un homme politique. C’est-à-dire que les forces que nous avons déployées à l’intérieur reviennent toutes à la déclaration d’un homme politique. Je me rappelle que lorsque la situation est devenue particulièrement tendue, il y avait le ministre Robert Dossou et le professeur Ahouansou qui sont allés voir le Chef de l’Etat pour dire, « écoutez camarade président, la situation telle qu’elle est, on ne peut plus avancer. Il faut trouver une formule ». Je me rappelle  aussi que le ministre Sévérin Adjovi a organisé quelque chose à Paris. J’y étais. Il faut avouer que le Comité préparatoire de la conférence nationale a fait un travail exceptionnel. Je rends hommage à ce comité notamment à son président, Me Robert Dossou. Il était mon ministre de tutelle en ce moment-là et il était ministre du Plan.  »

Guillaume Atigbé, Ancien Sg de la Csa-Bénin : « A un moment donné, on a dégagé un état-major vraiment représentatif des forces vives »

 

« Je pense que c’est à partir de la conférence que les travailleurs ont commencé par jouer leur partition. C’est déjà dans les préparatifs. Il y a eu un certain nombre de rencontres qui se sont tenus. A un moment donné, on a dégagé un état-major vraiment représentatif des forces vives et tout a été préparé. Notre partition a commencé parce que les gens ont tenu à écouter les travailleurs. Ils se sont dit, si on en est là aujourd’hui, c’est grâce à vous. Vous avez joué un rôle très important parce que la plupart des cadres qui étaient à l’extérieur jouaient leur partition, mais c’est beaucoup plus par rapport à l’extérieur. Il y avait trop d’initiatives. C’est cela qui a donné vraiment la conférence nationale. Il n’y a pas eu de cafouillage. Sous l’autorité du bureau, il y avait un président. Tout s’est très bien passé et ils avaient établi un pont entre les différentes représentations.»

 

Source: E-Télé

Raouf Afagnon, ancien syndicaliste : « Lorsque le  pouvoir en place affame les travailleurs, il faut l’abattre »

 

«Ce que je peux vous dire, c’est qu’à partir de l’explosion de l’Unstb, il y a un mouvement de désaffiliation qui a été enclenché. Tous les syndicats qui étaient à l’intérieur ont commencé par sortir les uns  après les autres. Et dès la sortie, on va en congrès pour installer un autre bureau, un bureau combatif, engagé parce que ceux qui avaient dirigé les syndicats qui étaient à l’intérieur de l’Unstb, ont été considérés comme des personnes acquises à la cause de l’Etat. Ça, c’était la première remarque. La deuxième remarque, c’est qu’aussitôt après les congrès qui ont été organisés, au niveau du secondaire, on a créé un autre syndicat qui, rapidement en liaison avec ceux des enseignements maternels et primaire, a commencé par installer des bureaux de liaison dans tous les départements. Et ces bureaux de liaison avaient pour missions de mobiliser le plus grand nombre d’enseignants pour entrer dans le front. Cela n’a pas été facile parce qu’il y  a eu des résistants. Il y a des gens qui étaient acquis à la cause de l’Unstb et qui continuaient d’hésiter. C’est de là que les camarades n’ont pas hésité à discipliner ceux qui continuaient à faire la résistance. Donc, très rapidement, les gens se sont rangés, et de la création des bureaux de liaison, nous sommes entrés dans les négociations avec l’Université. Parce qu’on a compris que ce n’est pas un mouvement qui pouvait réussir si on restait seulement au niveau des enseignements maternel et primaire et secondaire. Il faut que tous les enseignants se donnent la main. C’est au secondaire que nous avons essayé de faire la jonction entre le primaire et l’Université. Nous nous sommes retrouvés quelque part dans la ville et avec les collègues de l’université, nous avons discuté de façon approfondie. Nous nous sommes mis d’accord qu’il faut maintenant créer une coordination des syndicats de l’éducation. Et là, on s’est donné une véritable force de combat. A partir de ce moment, nous nous sommes dit qu’il faut qu’on lance les choses. D’abord, la coordination avait sorti une déclaration en janvier 1989. Une déclaration politique qui a mis à nu le régime en place à l’époque.»

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