Conseil des ministres:Le Papsfra écourté pour mauvaise gestion

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Au cours de son conclave hebdomadaire tenu hier mercredi 8 janvier 2020, le gouvernement a décidé de la clôture du Projet d’appui à la promotion des services financiers ruraux adaptés (Papsfra) et du transfert de son reliquat au Programme régional intégré des marchés agricoles au Bénin et au Togo (Prima).

Le gouvernement a pris ses responsabilités face à la mal gouvernance qui caractérise la gestion du Projet d’appui à la promotion des services financiers ruraux adaptés (Papsfra). Il a mis fin au contrat du chef de projet et de ses collaborateurs pour mauvaise gestion et envisage la nomination d’un administrateur provisoire pour assurer le redressement de l’Association des services financiers (Asf) Bénin. Des poursuites seront également engagées contre les mis en cause en vue d’obtenir le remboursement des fonds impayés. En effet, lancé en 2014, le Papsfra devrait normalement prendre fin en 2022. Malheureusement, suite à de graves irrégularités, le projet a été prématurément clôturé. Cela, du fait de l’irresponsabilité de certains cadres. La revue à mi-parcours du projet sur les exercices 2016 et 2017 a relevé des cas de mauvaise gouvernance avérée. De même, l’audit des guichets ruraux de l’Asf Bénin, réalisé sur la même période, a révélé de nombreuses irrégularités. Il s’agit de l’octroi fantaisiste des primes ne reposant sur aucune base réglementaire, de la mise en place de crédits sans études préalables pertinentes, du rééchelonnement inapproprié des crédits, ainsi que des dépenses sans pièces justificatives valables et sans autorisation régulière. Or, des travaux de fiabilisation des portefeuilles crédit et épargne et de reconstitution de la comptabilité ont permis de mettre en évidence des impayés d’un montant de quatre (4) milliards de francs Cfa environ, de l’épargne collectée à hauteur de trois milliards cinq cents millions (3.500. 000.000) de francs Cfa et environ deux (2) milliards de fonds propres négatifs. Une faible performance du projet qui a induit une réduction des engagements du Fonds international de développement agricole (Fida), co-financier du projet, au Bénin. Au regard de ces résultats négatifs, le Conseil a autorisé la clôture anticipée du projet et le transfert de son reliquat au Programme régional intégré des marchés agricoles au Bénin et au Togo (Prima).

Le gouvernement doit faire rendre gorge

Cette œuvre de salubrité et d’assainissement des finances publiques engagée par le président Talon depuis avril 2016 qui permet de mettre à nu les malversations et de bloquer les sources de coulage est à saluer. Le gouvernement et les structures compétentes doivent réellement faire rendre gorge aux mis en cause pour décourager de telles pratiques de certains cadres qui font perdre des ressources et des opportunités au pays, plombant du coup des projets et initiatives de développement. Le gouvernement et son chef ne doivent pas lâcher prise face aux chantages d’une frange d’acteurs politiques. Ils doivent poursuivre inlassablement la lutte contre la corruption, la prévarication et l’impunité et surtout à faire connaître au grand public les résultats. Les actions engagées par l’actuelle direction exécutive du projet pour assurer le recouvrement des impayés et mettre en œuvre un plan de redressement sont pertinentes et salutaires. L’Exécutif a vu juste en prenant la décision de clôturer de façon anticipée le projet, après avoir mis en place un plan de redressement surtout lorsqu’on sait que le Fida, co-financier du projet a réduit ses interventions du fait de la mal gouvernance qui a pris place au sein du projet. C’est un signe qui montre que l’équipe Talon a à cœur le développement et surtout préserver les acquis et travailler dans l’intérêt des masses laborieuses. Car une fois encore, le projet clôturé, l’idée qui le fonde n’est pas enterré d’où le reliquat a été redéployé pour un meilleur usage. On se rend compte jour après jour de la profondeur du mal qui n’épargne aucun secteur. Le moment est effectivement arrivé si on a l’ambition de se développer, de nettoyer l’écurie.

 

Odi I. Aïtchédji

 

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