Conseil national de l’éducation:Des acteurs du système éducatif saluent la rénovation

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Le Conseil national de l’éducation a été installé le mardi 21 janvier 2020. Au lendemain de cette installation, une équipe de la rédaction s’est rapprochée de quelques acteurs du système éducatif pour recueillir leurs impressions. Lire ci-dessous, des extraits de leurs propos.

Eugénie Houngbo Ahouandjinou, Directrice du Ceg Le Littoral : « L’installation du Cne rénové est une bonne chose »

 

« L’installation du Cne par le Chef de l’Etat est une bonne chose. On attendait cela, il y a très longtemps. Maintenant que le conseil a été installé, je crois qu’il fera le travail pour l’évolution du système éducatif béninois. Ils ont beaucoup de défis à relever et ces défis sont d’une grande importance. Le système éducatif d’un pays est le socle de développement de ce pays. Ils ont désormais la charge de la gestion du personnel enseignant. Il y a beaucoup qui sont du système éducatif. Et en tant que tel, ils connaissent les problèmes qui minent le secteur. Il faut qu’ils soient impartiaux. Il faut qu’ils aient en premier l’amélioration du système éducatif béninois. J’ai parlé tout à l’heure du personnel enseignant, il faut qu’ils étudient avec le ministère l’introduction des aspirants dans le système afin de voir comment l’améliorer parce que nous en avons souffert cette année. Nous avons la revalorisation de la fonction enseignante. Les enseignants ne sont pas n’importe qui et ils le savent. Je suis sûr qu’ils vont rester au juste milieu entre les enseignants et le gouvernement. Nous avons le reclassement des enseignants. Depuis plusieurs années, les professeurs Ace se plaignent. Donc, il faut qu’ils s’occupent de ce volet. Pour ce qui est de mon poste, nous avons des problèmes d’infrastructures. Donc qu’ils pensent à tout cela ».

Olivier Kèkè, Professeur certifié en science de la vie et de la terre : « Le chef de l’Etat a vu juste »

 

«  Je dirai que le chef de l’Etat a vu juste. Un pays où le système éducatif est en difficulté est un pays voué à l’échec. Tout simplement parce qu’il faut que les citoyens soient bien formés pour relever les défis de l’heure. C’est une très bonne idée que le président de la République a eu en installant ce conseil. Mes attentes sont nombreuses. D’abord dans le secteur, nous avons le problème d’effectif en matière d’enseignants. Nos apprenants manquent d’enseignants. Par rapport à ce dernier aspect, l’Etat a décidé de recruter un certain nombre d’enseignants que nous appelons les aspirants. Il y en a certains parmi eux qui ne sont pas du tout formés. Il y en a qui viennent directement du campus et donc en matière pédagogique, cela laisse à désirer. Là où je suis, par exemple en poste, je suis animateur d’établissement. J’avoue que je souffre énormément. J’ai cinq aspirants, mais sur les cinq, j’ai d’énormes difficultés à m’en sortir parce qu’avec les visites de classe que j’ai effectuées, j’ai constaté qu’il y a maldonne. Donc, si le Conseil national de l’éducation qui a été installé  peut revoir les choses sous cet angle, je pense que cela va véritablement nous aider. A part cela, je souhaite que le Conseil soit le véritable porte-parole des enseignants auprès du président de la République ».

Célestin Kpoton, enseignant : « Le Cne est une initiative qu’il faut saluer »

 

« Le Conseil national de l’éducation est une initiative qu’il faut saluer. Cela existait bien avant l’arrivée de l’actuel gouvernement. Mais à son arrivée, il a été dissout. Maintenant que c’est revenu, on ne peut que saluer l’initiative. Cependant, je voudrais que le Cne remette en cause la gestion du personnel enseignant par des structures de placement. Il faut que le Conseil national de l’éducation travaille à ce que les enseignants soient à l’aise. Il faut qu’il essaie de recenser les revendications des enseignants afin de mieux les porter auprès du Chef de l’Etat. »

Gildas Djidohokpin chercheur à l’Uac et aspirant au secondaire : « Ce qui a été dit lors de la campagne se met en application »

 

« Nous sommes très heureux de constater que le chef de l’Etat, Patrice Talon, est en train de mettre vraiment en application tout ce qui a été dit lors de sa campagne. Il faut reconnaître au prime abord que l’enseignement au Bénin connaît beaucoup de faiblesses et les défis à relever dans ce domaine sont énormes. Et si le gouvernement a pensé à mettre en place un Conseil national de l’éducation, c’est pour relever ces défis. En tant qu’enseignant au secondaire et au supérieur, nous souhaitons que les choses ne soient plus politisées. Si je prends le cas des vacataires, aujourd’hui nous avons constaté qu’il y a moins de politisation dans ce domaine. Nous souhaiterions que cela se répète dans les autres ordres d’enseignement, précisément au supérieur. Le recrutement au supérieur connaît encore beaucoup de failles en ce sens que ce gouvernement a déjà procédé à deux vagues  de recrutement. Il y a une troisième qui est en cours. J’espère que ce Conseil national va penser à ces défis. Nous souhaiterions qu’à travers ce Conseil, que les choses soient revues. Que les postes soient pourvus par ceux qui méritent réellement. Que les recrutements soient moins politisés. Malheureusement, il y a des postes qui n’ont pas été pourvus comme le poste de chercheur. Je me demande s’il n’y a pas de chercheurs de taille au Bénin pouvant occuper ce poste. De toutes les manières, beaucoup de mandatures restent encore à venir et si ce premier conseil qui a été installé fait du bon travail, les prochaines fois, il y aura assez de candidats parce qu’au début, les gens étaient un peu réticents par rapport à ce conseil».

 

Propos recueillis par Léonce Adjèvi

 

 

Alexandre Adjina, syndicaliste : « Il faut que le Cne se positionne sur les curricula de formation »

« Il faut que le Cne se positionne sur les curricula de formation. Le Bénin forme des chômeurs parce que les programmes de formation ne sont pas adaptés aux besoins du marché du travail. Le Cne va s’occuper de la reformulation des curricula en se posant la question de savoir s’il est nécessaire de continuer à former dans certaines facultés à l’Université ? Par rapport à l’enseignement technique, on parle désormais de 75% pour l’enseignement technique et de 25% pour l’enseignement secondaire général parce qu’on a besoin également de cadres. Mais comment est-ce qu’il faut reformuler ces curricula ? Il faut associer les patrons d’entreprise, le patronat parce que ce n’est pas seulement l’Etat qui crée l’emploi, le privé aussi en crée. Les profils dont les privés ont besoin, on doit en tenir compte pour reformuler les curricula de formation. Le Cne doit également renforcer les Ministères sectoriels pour que les défis soient relevés. ».

 

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