Constitution du 11 décembre 1990:Les craintes d’une révision opportuniste dissipées

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La volonté de tous les acteurs politiques et du chef de l’Etat de procéder à un amendement sans polémique de la Constitution est sans ambages. Cette bonne foi démontre à suffisance qu’il n’y a aucune crainte à avoir sur la question.
Pas de révision opportuniste de la Constitution ! La crainte si vivace du grand nombre, de voir  toucher au  mandat constitutionnel pour permettre à un Président de s’éterniser au pouvoir est définitivement écartée. Les acteurs politiques l’ont fermement exprimé au cours du dialogue politique qui s’est tenu du 10 au 12 octobre 2019. A la tâche, le comité d’experts en charge de la formulation technique des recommandations du dialogue a, comme le dit Victor Topanou, verrouillé la question pour qu’il n’y ait pas de possibles exploitations postérieures. Ils l’ont formulé en ces termes : « En aucun cas, nul ne peut effectuer plus de deux mandats présidentiels de sa vie ». Le comité est allé plus loin en mentionnant que la révision si elle intervenait, n’entrainerait ni l’instauration d’une nouvelle Constitution, ni celle d’une nouvelle République. Au cours des échanges qu’il a eus avec le Comité d’experts, le chef de l’Etat, Patrice Talon est également revenu assez longuement sur la question. A cette occasion, il a exhorté les experts à trouver la bonne formule pour éviter qu’un jour, quelqu’un prétende qu’il peut faire plus de deux mandats, et déclarait notamment qu’il ne promulguerait pas une Constitution qui serait source de problème pour le pays. Voilà qui est bien clair. Toutes les assurances sont désormais données pour qu’il n’y ait pas la moindre possibilité d’espérer ou de penser à une possible révision opportuniste de la Constitution. Mais, en réalité, tous les points proposés par le comité d‘experts ne visent que le progrès du Bénin. Ils s’inscrivent dans la droite ligne du processus de consolidation de la paix et de l’unité. Les deux points en débat n’ont que pour finalité d’asseoir les bases d’une démocratie plus dynamique. Il n’y a donc fondamentalement aucune vraie crainte à avoir car il s’agit simplement d’une révision ciblée, qui ne vise nullement à toucher aux fondamentaux du Bénin. Ces fondamentaux consacrés par le peuple à la Conférence nationale de février 1990 sont encore vivaces dans les lignes du texte bréviaire cher à la Nation béninoise.
Abdourhamane Touré

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