Coup d’Etat du Gal Mathieu Kérékou:Il y a 48 ans…la Révolution

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26 octobre 1972-26 octobre 2020. Cela fait 48 ans que le Chef de bataillon, Mathieu Kérékou, prenait le pouvoir à travers un coup d’Etat au monstre à trois têtes. Cet acte décisif qui a mis fin à plus d’une décennie d’instabilité, a ouvert la voie de la Révolution au Dahomey. Le nouvel homme fort et les membres de son équipe ont su imposer leur autorité avant qu’elle ne s’essouffle en 1989, avec l’avènement de la démocratie.

Depuis son indépendance en 1960, le Dahomey a vécu l’instabilité politique. Le renversement du président Hubert Maga, en 1963, a marqué le début d’une série de coups d’Etat enregistrés par le pays, un des plus pauvres du continent africain. En mai 1970, le pouvoir est assuré par un Conseil présidentiel dont les trois membres assurent la présidence en rotation : Hubert Maga, Justin Ahomadégbé et Sourou Migan Apithy. Il sonnait 14h30 le jeudi 26 octobre 1972 quand le régime du Conseil présidentiel avec son monstre à trois têtes a été renversé. La station de radiodiffusion et le palais de la République sont investis par l’Armée, désormais maîtresse de la situation. A 15h, le nouvel homme fort fait une proclamation. Celle-ci rappelle les circonstances qui ont amené le Gouvernement militaire révolutionnaire (Gmr) à prendre le pouvoir. «…Il est donc nécessaire de donner l’unique occasion à des hommes de bonne volonté, de réaliser et de consolider l’unité nationale si chère à tous. Il est également utile et pressant de donner à notre beau pays, la chance d’être servi par ses valeureux fils capables de consentir les sacrifices », a indiqué la proclamation lue par le chef de bataillon Mathieu Kérékou. Le nouvel homme fort y dénonce la primauté des intérêts personnels au détriment de ceux des masses, l’injustice et l’arbitraire érigés en règles de gouvernance, le virus de la division ayant atteint l’Armée et le constat de faillite du Conseil présidentiel. En prenant le pouvoir en 1972, Mathieu Kérékou a mis en place un régime révolutionnaire qui allait ouvrir une ère nouvelle, rompant avec les deux traits caractéristiques de la période précédente : l’hégémonie politique des « évolués » et l’instabilité institutionnelle chronique. D’une approche plus nationaliste, il évolue en 1974 vers l’adoption du marxisme-léninisme et du socialisme comme voie de développement du pays qui devient la République populaire du Bénin en 1975. Mathieu Kérékou procède à des nationalisations sur le plan domestique et se rapproche aussi du camp socialiste sur la scène internationale. Le Parti de la révolution populaire du Bénin (Prpb) conservera son emprise sur le pouvoir, exerçant une sévère répression à l’endroit de l’opposition. Kérékou demeurera à la tête du pays jusqu’en 1991. Il y reviendra pour deux mandats entre 1996 et 2006.

 

Léonce Adjévi

 

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