Coups mortels sur mineur:La sentence de Issa Hafizou reportée à ce jour

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Le dossier inscrit au rôle de la première session  du Tribunal de première instance statuant en matière  criminelle vendredi dernier a été renvoyé à ce lundi 6 mai. Le Président de céans, Éric Marcel Ahéhéhinnou, a jugé nécessaire de confronter l’accusé Issa Hafizou avec les témoins du crime.

Il n’a pas rendu la tâche facile aux juges. Issa Hafizou, l’accusé, a préféré rejeter en bloc toutes les déclarations qu’il a eu à fairedevant les officiers de police judiciaire et le magistrat instructeur. Il s’est même permis de fabriquer des versions toutes faites qui ne cadraient nullement pas avec celles auxquelles il est pourtant resté fidèle sur tout le parcours. Face à cette constance dans le refus d’admettre ses propres déclarations, le tribunal a jugé nécessaire d’organiser une confrontation avec les témoins du drame. La convocation de ces derniers à l’audience du lundi prochain pourra aider à découvrir les vrais contours du décès de cet enfant âgé de 4 ans au moment des faits. En effet, l’accusé et dame Djakate Hodalo vivaient en concubinage depuis environ six mois au quartier Sainte Rita au moment des faits. Le 19 novembre 2014, comme à son habitude, elle est sortie très tôt de la maison pour son activité commerciale. Quelques minutes après, le voisinage a entendu des pleurs de l’enfant de 4 ans qui vivait sous leur toit. Ses pleurs étaient persistants pendant un moment, et après, plus aucun cri. Quelques instants après,  le sieur Issa Hafizou est sorti précipitamment de la chambre. Avant de s’en aller, il est allé confier une des voisines que l’enfant est malade et couché à l’intérieur.Une fois dans la chambre, celle-ci a été surprise de découvrir le corps sans vie du petit enfant. C’est alors que Issa Hafizou sera rappelé et à son arrivée, il a été  conduit au commissariat de police de Fifadji avec dans les bras la fillette enveloppée dans un pagne. L’autopsie réalisée a fait état d’un saignement au niveau du ventre. A la barre le vendredi 3 mai 2019, l’accusé a déclaré que la victime était malade et qu’elle a sûrement succombé parce qu’elle avait une  fièvre chronique.  Il a également déclaré qu’il ne se souvient pas lui avoir porté de coups et que cette déclaration  est inventéepar l’un de ses voisins avec qui il ne s’entendait pas. Pourtant, devant le magistrat instructeur, le même Issa avait déclaré qu’il a frappé l’enfant parce qu’il a uriné sur le matelas et fait ses besoins sur le tapis. L’un des témoins avait même affirmé qu’il s’est confié à lui tout en courroux par rapport à la faute de l’enfant. L’accusé, à la barre hier, n’a nullement reconnu ses déclarations. Il s’est contenté de dire que l’enfant voulait sortir son vélo et qu’il l’a grondé. La succession des contrevérités et  dénégations a amené le tribunal à renvoyer le dossier. Les dispositions seront certainement prises aux fins de convier la femme de l’accusé ainsi que tous les témoins à la barre lundi prochain. Le tribunal est composé de Éric Marcel Ahéhéhinnou (Président), Jules Clotaire Zounho, Edibayo Joanna Dassoundo-Gnacadja, Ambroise Adjiboyé, Islamiath Moustapha Noukpo (assesseurs).Jules Ahoga était le représentant du Ministère public, Roméo Godonou, l’avocat de la défense.

 

HA

 

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