COVID 19 : Le Pr Magloire Somé dément avoir été guéri par l’APIVIRINE

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Dans un article en date du 19 avril 2020, le journal béninois  » Les pharaons » affirmait que « Le Professeur Somé Magloire, Conseiller spécial du Premier Ministre du Burkina Faso, affirme que plusieurs ministres burkinabè testés positifs au (SARS-CoV-2), ont été traités avec le produit APIVIRINE du béninois Valentin Agon ». Une allégation que dément le Pr Somé dans ce droit de réponse publié sur sa page Facebook.

Droit de réponse


A Rodes TVWEB et lespharaons.africa., etc.

J’ai été sidéré et complètement bouleversé par votre publication sur ma prétendue révélation sur Apivirine qui mêle mensonge et vérité.

Quand on veut faire la publicité d’un produit, on s’en tient strictement à évoluer sur le champ de la vérité pour mériter la confiance des éventuels clients.

J’ai été mis en contact avec le Dr Valentin Agon par le professeur Jacques Nanéma. Agon s’est déplacé chez moi le dimanche 22 mars conduit par Alain Gouba, un Burkinabè travaillant dans une ONG. Il m’a remis son produit pour les membres du gouvernement qui se sont déclarés positifs au test du Covid-19. Je remis dans l’après-midi les produits au professeur Ouaro pour distribution à ses collègues testés positifs. Quant à Barry, c’est son aide de camp qui est passé le chercher.

J’ai gardé une boite pour moi-même. Le 22 mars, je n’étais encore qu’un suspect. La veille, j’avais appelé le 3535 parce que je n’arrivais pas à soigner une angine depuis une dizaine de jours. Une première équipe de médecins est passée le 22 mars, au moment où Agon et compagnie quittaient mon domicile.

Monsieur Agon a présenté son produit comme ayant les deux possibilités préventives et curatives. Je décide le soir même du 22 mars de prendre le produit à titre ou préventif ou curatif. Le lendemain matin, Monsieur Agon passe dans mon bureau et me remet plusieurs dizaines de boites pour les mêmes personnalités, car pour lui, pour soigner un malade, il faut cinq boites.

Dans l’après-midi, une autre équipe médicale passe me faire le prélèvement. Le 25, on me communique le résultat : « vous êtes positif, une équipe médicale passera chez vous ».
Confiné chez moi, je me livre à mes travaux universitaires en suspens. Je travaille d’arrache-pied de 7 à 12 heures et de 14 heures à 19 heures.

Le 2 avril, je prends conscience que je fais de l’automédication et cela peut se révéler dangereux pour moi. J’appelle un médecin qui me prescrit des antibiotiques et de la vitamine C et émet des réserves sur la phytothérapie.

Le 4 avril, j’informe le conseiller technique et le directeur de cabinet du ministre de la santé, que j’ai été testé positif depuis le 23 mars, mais que l’équipe de la réponse qui avait promis de passer, n’est pas passée.
Un quart d’heure après, je reçois un appel. On me promet qu’une équipe passerait. Le même soir autour de 17 heures, une équipe est passée et je lui ai signifié qu’à défaut d’un traitement lié au protocole officiel du Burkina Faso, je me soigne avec l’apivirine, accompagnée d’une autre solution phytothérapique.
Mais mon médecin m’ayant demandé d’arrêter l’apivirine qui est sans doute cause que j’ai eu une thrombophlébite au pied gauche, je promettais d’arrêter le traitement de l’apirivine le soir même du 4 avril. L’équipe médicale promet que si le test est négatif, elle me recommandera de rester confiné pour encore deux semaines. Mais au cas où je serais encore positif, on me mettrait sous la chloroquine et l’azithromycine. Le lundi 6 avril autour de 19 heures, l’équipe de la réponse m’appelle pour m’informer que je suis négatif.

Mon témoignage, je l’ai fait à mon collègue et ami Jacques Nanéma. Nous partageons la conception de la contribution significative de l’Afrique à la recherche d’une solution contre le Covid-19. Jacques a souhaité que je témoigne publiquement. Je lui ai dit qu’en raison de la thrombophlébite que j’ai eu, mon témoignage aurait un effet boomerang sur le produit de notre ami béninois. Si je dis que j’ai guéri, il faut aussi que je puisse dire par honnêteté que j’ai eu un effet secondaire, et cela n’est pas bon pour son produit. En plus mon médecin m’a demandé d’arrêter la prise de ce produit.

Au même moment, l’apivirine faisait l’objet d’attaque. Un autre collègue, un pharmacien m’informe que la réaction de l’Agence nationale de régulation pharmaceutique est liée au fait que le produit n’est pas homologué au Burkina Faso. Agon devrait faire une demande d’introduction de son produit pour vente dans notre pays, ce qu’il n’a pas fait. Pourtant il avait bel et bien été informé de la démarche à suivre !

Quand la presse du Bénin publie que le Dr Valentin Agon dénonce un complot occidental contre son produit, j’ai appelé immédiatement celui-ci pour le conseiller de garder le silence et de ne plus jamais parler jusqu’à ce que les essais qui se font un peu partout sur son produit soient concluants. L’Apivirine étant, selon lui, en essai à New York, il ne devrait plus parler de complot occidental contre son produit.

Mon collègue Nanéma transfère mon témoignage à Agon qui décide de m’envoyer un journaliste. Je l’appelle pour lui dire que je ne témoignerai pas parce que son produit n’étant pas régulier au Burkina Faso et qu’en raison de tout le tapage, de la contrepublicité faite autour de l’apivirine, j’ai, en tant que conseiller du Premier ministre, un devoir de réserve.

Par la suite, Jacques qui sert d’intermédiaire à Monsieur Agon me demande de renseigner un questionnaire en donnant l’âge et le sexe des personnes soignées et de dire quelles sont celles qui ont pu en guérir. J’ai envoyé cette réponse au collègue Nanéma :
« Je ne peux pas donner toutes ces précisions. Agon m’a remis ses produits pour une catégorie de gens. Les dirigeants malades. Ensuite, veuillez m’excuser de ne pas renseigner le questionnaire parce que je ne suis pas chargé du suivi des malades. Je ne peux pas dire quels sont ceux qui se sont effectivement traités avec le produit ».

Quand je lis dès la première phrase de la publication, l’allégation selon laquelle « Le professeur Somé Magloire, Conseiller Spécial du Premier ministre du Burkina Faso, affirme que plusieurs ministres burkinabè testés positifs au (SARS-CoV-2), ont été traités avec le produit APIVIRINE du béninois Valentin Agon », je suis profondément choqué par ce mensonge et poignardé.

Monsieur Agon m’a utilisé comme intermédiaire, confiant que son produit pouvait soulager les malades à un moment où le gouvernement burkinabè n’avait pas encore défini de protocole de traitement du Covid-19. Mais je n’ai jamais affirmé, ni à Jacques, ni à Agon que « plusieurs ministres ont été traités avec le produit APIVIRINE ». D’ailleurs en entrant en contact avec certains d’entre eux, ils m’ont dit qu’ils n’ont pas utilisé ce produit. Ils ont été l’objet d’un suivi médical régulier et ont été traités par le biais de la biomédecine.

Je suis partisan de la solution africaine au traitement du Covid-19. En Chine, en Europe même, à côté des protocoles qui font débats entre médecins de différentes écoles, il y a plusieurs essais en cours. Il y a un défi à relever pour le traitement de cette maladie. Et je serais heureux que l’Afrique y contribue. C’est pour cette raison qu’en échangeant entre collègues partageant le même avis que moi, je ne me gêne pas de dire que l’apivirine mériterait d’être testé. J’ai même défendu cette idée au ministre Alkassoum Maïga. Je lui ai même demandé d’engager la négociation avec sa collègue de la santé pour obtenir cet essai. Si l’essai n’est pas concluant ou convainquant, on déclasse sans hésitation le produit.

Je comprends aussi la méfiance des autorités sanitaires burkinabè, du fait que le Dr Agon a eu le tort de n’avoir pas suivi la démarche d’introduction de son produit dans notre pays.
Si l’on doit encourager les initiatives endogènes, il faut bien que nos promoteurs de produits, pour être crédibles, suivent bien la législation en vigueur.

Pr Magloire SOME

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