Déclaration du président Talon à Dakar sur la soutenabilité de la dette:Le Professeur Honlonkou se prononce 

0
1063
L’émission « L’entretien » de la chaîne de télévision privée E-télé a reçu, dimanche 8 décembre 2019, Albert Honlonkou. Professeur agrégé en économie à l’Université d’Abomey-Calavi, il a décrypté l’intervention du président Patrice Talon le 2 décembre 2019 à Dakar lors de la conférence sur la soutenabilité de la dette et le développement durable en Afrique en marge des travaux de la session extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Uemoa.
« Le président Patrice Talon a fait un discours empathique ». C’est ce que pense Albert Honlonkou, maître de Conférence agrégé à l’Université d’Abomey-Calavi. A son avis, l’actuel locataire de La Marina a levé le voile sur sa perception de la gestion des dettes par les institutions de Bretonne Wood en Afrique. Le professeur a indiqué que le financement de la dette requiert la prise en considération de quelques critères. Il s’agit des risques économiques et politiques et la rentabilité de l’investissement. C’est en cela qu’il a expliqué l’appréciation du président Patrice Talon qui a affirmé que « malgré que le Sénégal soit instable depuis les indépendances, le taux de risque qui est appliqué est 5% et 6% pour le Bénin». Pour le Maître de conférence, le président de la République a eu une réaction légitime, parce qu’il estime que les moyens sont disponibles mais certains paramètres ou critères ne sont pas favorables au financement des dettes en Afrique de l’Ouest, notamment dans l’Uemoa. « Pour réussir un tel pari, c’est-à-dire avoir les dettes à des taux moins considérables et pour des délais assez conséquents, il faut d’abord que les pays de la sous-région offrent une garantie de stabilité, améliorent le climat des affaires », a-t-il fait comprendre. Selon Albert Honlonkou, après son intervention à Dakar le 2 décembre 2019, le président Patrice Talon doit joindre l’acte à la parole. D’abord, il doit davantage convaincre ses pairs de l’Uemoa pour la révision des critères de convergence sur lesquels se reposent les institutions bancaires pour financer le développement. Si les pays parvenaient à le faire, le professeur a avoué que ce serait un moyen de pression sur ces institutions. De l’autre côté, il a fait remarquer que si le président Patrice Talon se plaint du financement des dettes à l’extérieur, c’est qu’il n’en trouve pas assez. Alors, l’enseignant propose au chef de l’Etat de privilégier la dette intérieure. «Nous avons une loi sur le Partenariat public-privé qui décrit toutes les conditions pour le financement de la dette par le privé au Bénin », a-t-il suggéré.
Léonce Adjévi

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here