Défections au sein du parti arc-en-ciel:Le Prd au creux des vagues

0
1398

Le Parti du renouveau démocratique (Prd) traverse une zone de turbulence historique. La récente brouille qui a conduit au départ du parti du Bloc républicain, risque de coûter sérieusement au leader des Tchoco-Tchoco. La logique du sauve-qui-peut gagne le rang des militants Prd fidèles convaincus du Nouveau départ. Que restera-t-il du Prd ?

Le Parti du renouveau démocratique (Prd) semble en mauvaise passe avec les défections annoncées çà et là, qui ne rassurent pas du tout. En cause, la position de leader du Parti, qui risque d’être fatal pour les législatives. Pour l’instant, les départs de certains barrons et pas des moindres se succèdent. En effet, ce dimanche, le bloc républicain a constaté la suspension de la participation du Prd aux travaux dudit bloc. A cette séance étaient présentes deux personnalités non moins importantes du parti. Il s’agit du ministre de l’Energie et de l’eau, Jean-Claude Houssou, et du président de la Fédération béninoise de football (Fbf), Mathurin de Chacus. Les deux sont sur le départ. Proches du chef de l’Etat, ils ont choisi de sauver leur amitié de longue date avec Patrice Talon, plutôt que de persister dans les intrigues politiciennes. Les choses se compliquent pour le « Hagbè » national qui constate à son corps défendant des départs successifs. Après ces deux leaders qui font grise-mine, trois autres députés issus de bastions plutôt favorables au parti arc-en-ciel sont allés vers d’autres cieux. Un autre ancien militant a rejoint le parti du député Claudine Prudencio. Dans les studios de radio et sur les plateaux de télévision, le Prd se veut pourtant rassurant. Cependant, l’évidence est là. Le plus grand parti d’hier perd ses lieutenants et en fera les frais. Le fait est réel et ne date pas d’hier : depuis plusieurs législatures, le nombre de députés du Prd au Palais des gouverneurs s’est amenuisé.

src= »//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js »>

Aujourd’hui, ils ne sont plus que six. Au-delà de toute logique politique, cette forme de défection peut aussi avoir des causes idéologiques profondes. En effet, les anciennes certitudes changent fondamentalement. La vieille tradition qui consiste à voir le Prd comme l’expression d’une passion qui frise le fanatisme est en train de s’étioler sérieusement. Le mythe du « Prd » vu comme une « famille » et une « religion », qui faisait converger de nombreux militants dévoués, qui pouvaient s’immoler sur l’autel de la conviction, semble désormais du passé. Mieux, le bastion n’est plus la chasse-gardé du leader de Tchoco-Tchoco, puisqu’il y a deux ans, Sébastien Ajavon et les siens avaient véritablement brouté dans le champ des Tchoco-Tchoco. D’ailleurs, il ne serait pas étonnant que le parti de Sébastien Ajavon, ainsi que les leaders incontestables du Nouveau Départ aile bloc progressiste et républicain arrachent le plat doré du leader définitivement contesté. En tout cas, Adrien Houngbédji est assez esseulé dans son nouvel engagement politique. A tout ceci s’ajoute la grande équation des 10%. Le Code électoral prévoit que, pour être représenté au Parlement, il faut avoir 10% du corps électoral. Nul doute que Me Adrien Houngbédji et les siens ont font sortir les calculettes depuis quelques jours. L’opinion publique fera le calcul des députés Prd au lendemain des législatives de 2019.
Le conflit du logo, l’accrochage fatal

Le Parti du renouveau démocratique a suspendu, contre toute attente, sa participation aux travaux du Bloc républicain car, selon son communiqué, son logo n’aurait pas été pris en compte sur l’identité graphique du grand parti à naître. « Ce n’était qu’un souhait. Il n’y avait rien de formel », a répondu Clotaire Olihidé, membre du comité d’organisation du congrès constitutif du Bloc républicain. Dans la presse et sur les réseaux sociaux, le communiqué du Prd fait penser à un retrait du bloc, assimilant le parti à une formation politique qui retourne à ses vieilles amours : quitter souvent le navire en pleine mer. Pour certains analystes, cette démarche du Prd ne surprend pas. Le sociologue Gilles Gohi trouve que cette posture du parti arc-en-ciel est « égoïste ». Selon un membre du bloc républicain qui a requis l’anonymat, cette attitude du Prd ne tient pas la route. On est loin de la période de l’hégémonie du parti des Tchoco-Tchoco, croit-il. Non sans prédire : avec ou sans le Prd, nous irons aux élections. Pourtant Adrien Houngbédji avait une conviction forte pour la réforme du système partisan. Il faisait partie des chantres de cet assainissement du paysage politique.

src= »//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js »>

Un peu comme une profession de foi, il avait dans son allocution d’investiture évoqué la réforme du système partisan, faisant allusion au financement public des activités des partis politiques au risque de voir, a-t- il dit, «notre classe politique disparaître ». Avant d’ajouter : « l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie de notre système partisan » qui pourrait « aboutir à un nombre très réduit de partis politiques, au lieu des 200 actuellement dénombrés ». Proclamation de Adrien Houngbédji. Depuis lors, la deuxième personnalité de l’Etat, n’a eu de cesse d’insister sur la réforme du système partisan. Mieux, il a été dans l’antichambre du vote des différentes lois qui consacrent ces desseins. Beaucoup s’étonnent maintenant de cette démarche du Prd qui remet en cause tout ce vœu et ces actes passés.

Reliou Koubakin

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here